19 fév, Mc 8, 14-21, Vous ne vous rappelez pas?

 In Méditer les écritures

Évangile :
Les disciples avaient oublié de prendre du pain, et ils n’avaient qu’un seul pain avec eux dans la barque. Jésus leur faisait cette recommandation : « Attention! Prenez garde au levain des pharisiens et à celui d’Hérode! »
Ils discutaient entre eux sur ce manque de pain. Il s’en aperçoit et leur dit : « Pourquoi discutez-vous sur ce manque de pain? Vous ne voyez pas? Vous ne comprenez pas encore? Vous avez le cœur aveuglé? Vous avez des yeux, et vous ne regardez pas, vous avez des oreilles, et vous n’écoutez pas? Vous ne vous rappelez pas? Quand j’ai rompu les cinq pains pour cinq mille hommes, combien avez-vous ramassé de paniers pleins de morceaux? » Ils lui répondirent : « Douze.- et quand j’en ai rompu sept pour quatre milles, combien avez-vous rempli de corbeilles en ramassant les morceaux? » Ils lui répondirent : « Sept. » Il leur disait : « Vous ne comprenez pas encore? »
Commentaires :
Jésus portait encore la question posée aux pharisiens sur la berge : « Pourquoi cette génération demande-t-elle un signe? » Un signe venant du ciel! Jésus avait quitté promptement les lieux, laissant les pharisiens avec leur épreuve.
Les disciples silencieux n’avaient pas participé à la discussion. Dès que Jésus est monté dans la barque, ils le suivent et chacun prend son poste pour diriger la barque vers l’autre rive. Les pharisiens discutaient encore sur la berge, tentant de se convaincre que son refus de donner un signe était un aveu de son incapacité à le faire.
Ce départ soudain a fait oublier aux disciples de se ravitailler sur la rive. Jésus regarde toujours les pharisiens en s’éloignant de la berge et s’attriste de l’endurcissement de leurs cœurs à son sujet malgré tous les signes.
Jésus se tourne vers ses disciples et leur fait cette recommandation : « Attention! Prenez garde au levain des pharisiens! » Que la mer s’agite, il n’y a rien à craindre! Que les filets soient vides, il n’y a rien à craindre! Plus encore : « ne craignez pas ceux qui tuent le corps, et après cela ne peuvent rien faire de plus. » (Lc 12, 4) Courage, confiance, ne craignez pas, n’ayez pas peur, que votre cœur ne se trouble pas! N’est-ce pas les expressions constantes de Jésus pour déposer sa paix dans le cœur des disciples?

Pourtant cette fois, il leur recommande de faire attention. Celui à qui la mer obéit et le vent, et les esprits mauvais, et la mort dit à ses disciples : Attention! Prenez garde au levain des pharisiens et à celui d’Hérode! Jésus avoue-t-il une limite à son autorité? Au contraire! Son amour illimité a voulu une créature libre, une créature à son image! Cette créature peut refuser ou accepter son dessein d’amour sur elle.
Alors il recommande de faire attention, de prendre garde à ce levain qui mène à l’aveuglement du dessein d’amour de Dieu pour sauver l’humanité. « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples, alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. » (Jn 8, 31)
La recommandation de Jésus semble les distraire de ce qui les préoccupe et qui est objet de discussion. Jésus s’en aperçoit et leur pose la question de la raison d’une telle préoccupation sur le manque de pain? Ne faites-vous pas comme les pharisiens qui veulent un signe? Vous avez vu tellement de signes et pourtant, l’inquiétude vous prend pour un manque de pain. Votre coeur devient aveugle et se trouble. Votre mémoire ne se souvient-elle pas des pains multipliés? Il faut garder cela en son cœur et le méditer pour garder confiance et demeurer dans la paix.
« Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu’ils l’aient en abondance. » (Jn 10,10)
« Vous ne vous rappelez pas? » Non, seulement de la multiplication des pains! Mais que j’ai rompu le pain pour cinq mille hommes!
« Vous ne vous rappelez pas? » Il y avait douze paniers en restes.
« Vous ne vous rappelez pas? » J’ai rompu sept pains pour quatre mille personnes! Sept corbeilles étaient toujours bien débordantes à la suite à ce partage du pain.
« Vous ne comprenez pas encore? » Avec le levain des pharisiens et d’Hérode, vous ne comprendrez jamais l’abondance de vie qui vient. Vous ne comprendrez pas que les douze paniers représentent les douze piliers de l’Église que vous serez et que cette multiplication se poursuivra à travers les siècles. Vous ne comprendrez pas que les sept corbeilles représentent les sept sacrements qui surgiront de l’arbre de la croix comme des fruits pour nourrir, faire naître, guérir les malades, unir les couples, pardonner les fautes, confirmer, ordonner des disciples. Vous ne comprendrez pas ce que vos oreilles, votre cœur, votre vue ne peuvent s’imaginer.
Oui! Attention! Prenez garde au levain des pharisiens et à celui d’Hérode! Si les uns s’emparent du Temple pour en faire une caverne de bandits, l’autre construit le Temple pour se faire croire qu’il est le Messie.
« Si vous êtes les enfants d’Abraham, vous devriez agirs comme Abraham.
Et en fait, vous cherchez à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité que j’ai entendue de Dieu. Abraham n’a pas agi ainsi.
Mais vous, vous agissez comme votre père. »Ils lui dirent : « Nous ne sommes pas des enfants illégitimes! Nous n’avons qu’un seul Père, qui est Dieu. »
Jésus leur dit : « Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car moi, c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Je ne suis pas venu de moi-même; c’est lui qui m’a envoyé. » (Jn 8, 40-42)
À s’enfler d’être les enfants d’Abraham, ils n’arrivent qu’à feindre ce qu’ils en comprennent sans pouvoir agir comme Abraham. Ils en arrivent à vouloir faire mourir plutôt qu’à aimer, à commercer plutôt qu’à prier.
Attention à ce levain! Il faut savoir garder en nos coeurs comme Marie les merveilles de Dieu dans nos vies et les méditer pour les comprendre dans la foi.
Le jour où le pain manquera comme dans la barque, dans cette attitude de cœur et de mémoire, nous n’oublierons pas que ce qui importe n’est pas la quantité mais la foi indéfectible en son amour.
Comment sans cette paix qui provient de la confiance en l’amour de Dieu annoncer la Bonne Nouvelle dans la joie!

NDC