19 juillet, Mt 12, 46-50, Qui est ma mère, qui est mon frère?

 In Méditer les écritures

Évangile :

Comme Jésus parlait à la foule, voici que sa mère et ses frères se tenaient au-dehors, cherchant à lui parler. Quelqu’un lui dit : « Ta mère et tes frères sont là dehors, qui cherchent à te parler. »

Jésus répondit à cet homme : « Qui est ma mère, et qui sont mes frères? » Puis, tendant la main vers ses disciples, il dit : « Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur et une mère. »

Commentaires :

« Comment se fait-il que vous m’ayez cherché? Ne le saviez-vous pas? C’est chez mon Père que je dois être. » ( Lc 2, 49) N’est-ce pas son père Joseph et sa mère Marie qui le cherchaient? Et Jésus de leur répondre qu’il se doit d’être aux affaires de son Père.

Jésus distingue bien le monde ancien, du monde nouveau qui advient avec lui. Le Verbe ne s’est pas fait chair pour une famille, un clan, une nation, un peuple. Le Verbe s’est fait chair pour tout faire renaître en lui : « Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de renaître, ne peut voir le règne de Dieu. » (…) Ce qui est né de la chair n’est que chair; ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne sois pas étonné si je t’ai dit qu’il vous faut renaître. (Jn 3, 3.6-7)

Jésus se doit d’être aux affaires de son Père pour lancer à chacun l’appel à devenir enfants de Dieu par l’Esprit.

« Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. (…) tous ceux qui l’ont reçu, ceux qui croient en son nom, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. Ils ne sont pas nés de la chair et du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu. » (Jn 1, 9-13)

Cet homme qui dit à Jésus que sa mère et ses frères sont là qui cherchent à lui parler est convaincu que les membres de sa famille ont plus de droits que les autres de s’approcher de lui.

Jésus répondra par une question à cet homme : « Qui est ma mère, et qui sont mes frères »? Puis tendant la main vers ses disciples, il dira : « Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de mon Père… est une sœur, un frère, une mère. » Ce n’est pas là un rejet de sa famille, au contraire, c’est un éloge à sa mère, qui est sa mère non par une volonté charnelle, mais par l’Esprit à qui elle a obéi pour que s’accomplisse le dessein d’amour de Dieu sur toute l’humanité. « Voici la servante du Seigneur : quil me soit fait selon votre parole! » « Et l’ange la quitta. » (Lc 1, 38)

Avec le Christ, nous entrons dans un monde nouveau, nous renaissons par l’Esprit : « Si quelqu’un est en Christil est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. » (2 Cors 5, 17)

Chacun est appelé tout comme sa mère a le faire grandir en lui, à le porter comme une mère pour se transformer en lui et témoigner par rayonnement de sa vie divine en nous : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera; et nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui. » (Jn 14,23)

Nous ferons en lui notre demeure. Jésus ne fait pas de différence entre les personnes, toutes les personnes sont importantes et précieuses, car toutes peuvent le porter et devenir enfants de Dieu par lui. Qui est le plus grand dans une famille où circule le même sang et le même esprit? Tous sont héritiers du Père et reçoivent même attention.

« Maître, nous le savons : tu parles et tu enseignes avec droiture, et tu ne fais pas de différence entre les hommes, mais tu enseignes le vrai chemin de Dieu. » (Lc 20, 21)

« Dieu ne fait pas de différence entre les hommes. » (Ro 12,11)

Quelle joie pour cet homme d’apprendre qu’il est aussi proche de Dieu que sa mère, ses frères, ses sœurs, qu’il est sa mère, son frère, sa sœur en aimant celui qui le Père nous envoie pour nous conduire dans l’étreinte éternelle de la famille trinitaire.
« Sa mère gardait dans son coeur tous ces événements. »

Normand Décary-Charpentier