1er janv. Lc 2, 16-21 : Les bergers accourent vers le Bon Pasteur

 In Méditer les écritures

Évangile :
Quand les bergers arrivèrent à Bethléem, ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né dans une mangeoire. Après l’avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. Et tout le monde s’étonnait de ce que racontaient les bergers.
Marie cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur.
Les bergers repartirent; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu selon ce qui leur avait été annoncé.
Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’Ange lui avait donné avant sa conception.
Commentaires :
Je pleure de ne pas pleurer devant tant d’amour, je pleure mon indignité devant tant de miséricorde, je neige la froideur de mon cœur devant ce feu qui brille dans une mangeoire et qui étincèlera de toute sa gloire sur la croix.
Tant de joies factices en ce monde pour faire oublier les chagrins inévitables qui viennent changer en larmes nos rires aux vapeurs anesthésiantes! Je pleure d’épuisement avec les bergers qui dans la nuit portent encore le poids du quotidien, ne pouvant dormir pour mieux veiller à leur troupeau de crainte que le loup ne vienne trouver son bonheur dans le sang des brebis.
Je pleure sans pleurer accroché à l’épave d’un plaisir qui me retient pour un temps de sombrer dans l’océan de larmes sans rivages où je tangue comme un enfant dans le sein de sa mère.
Bergers fatigués, bergers épuisés qui courrez d’un pré à un autre pour garder en vie votre troupeau, bergers sans espoir de vous libérer de vos sabots, allez à la crèche, trouvez celui qui vient se faire votre berger afin de vous mener au lieu où vous pourrez trouver repos et espérance dans votre cœur. Oui, bergers, encore un peu de temps et vous pourrez passer votre bras sur vos yeux pour essuyer vos larmes et laisser votre bouche se remplir de joie, d’une joie que rien ne pourra enfin vous ravir.
Fini la peur du chagrin qui dévore toutes vos joies et vous laisse le cœur et l’âme vides au bord de l’abime. C’est le temps de la joie qui s’ouvre, une joie que nul chagrin ne pourra infester et qui sera sans fin.
Voyez-vous les bergers courir dans la montagne sans soucis pour leurs brebis! Les montagnes et les collines elles-mêmes voudraient les suivre vers ce lieu où est né celui qui apporte l’espérance dans ce monde où la mort brode un linceul à la suite de l’autre sur le visage de chacun.
O. mort! Où est ta victoire, voici l’enfant qui vient mourir d’amour pour dissiper ton ombre dans sa lumière de vie. Il n’est pas engendré par un mortel, mais de Dieu même par son Esprit et pourtant il vient dans la chair de la Vierge Immaculée pour sauver tous ceux qui gisent dans l’ombre de la mort.
O merveille indicible, o lumière imperceptible à la lumière du jour! Ce n’est que dans l’ardeur de l’esprit qui veille que s’aperçoit cette lumière de vie dans l’obscurité des lumières artificielles de ce monde.
Ils courent les bergers, laissant derrière leurs chagrins et oubliant leurs destins de naufragés. Ils courent et découvrent Marie et Joseph, avec le nouveau-né, ce nouveau-né qui vient nous faire renaitre dans sa mort afin qu’avec lui nous puissions entrer dans la grande noce de la vie de Dieu.
Ce nouveau-né est pauvre comme eux dans sa mangeoire pourtant ils saisissent la splendeur de sa gloire dans cette vulnérabilité. Le quotidien si lourd s’allège à la vue de ce berger qui vient prendre sur lui le poids de l’absurdité des jours et y donner sens par son amour. Qu’importe la lourdeur du travail, l’essentiel est de demeurer dans la justice, la paix, l’amour, la vérité, là où tu es, que ce soit une mansarde ou un château.
Les bergers si laconiques à l’habitude n’ont de cesse de parler et d’annoncer la merveille qu’ils ont contemplée de leurs yeux. Les mots pour exprimer une si bonne nouvelle ne suffisent pas, tout comme nos cœurs sont trop pauvres devant tant d’amour de la part de Dieu. Et si vous voyiez la mère de cet enfant, et son papa tout près! La mémoire en garde un souvenir impérissable, indélébile pour mieux nous garder patients dans la justice et l’amour dans l’attente du Royaume qui vient et qui est là en cet enfant.
Vraiment, il est terminé le temps de la victoire du chagrin sur toutes les joies, il est né l’enfant qui vient nous faire renaitre à la vie éternelle afin que nos étreintes durent à jamais.
NDC