2 déc, Lc 21, 34-36 : Garder le cœur léger …

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Évangile :
Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans la débauche, l’ivrognerie et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste. Comme un filet, il s’abattra sur tous les hommes de la terre.
Restez éveillez et priez en tout temps : ainsi vous serez jugés dignes d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de paraître debout devant le Fils de l’homme. »
Commentaires :
Jésus, le Fils de l’homme dont Daniel prophétisait la venue, était là au milieu de ses disciples, il était là celui dont Daniel disait : « Je regardais, au cours des visions de la nuit, et je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un Fils d’homme; il parvint jusqu’au Vieillard, et on le fit avancer devant lui. Et il lui fut donné domination, gloire et royauté; tous les peuples, toutes les nations et toutes les langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite. » (Da 7, 11-14) Daniel dont le nom signifie Jugement divin ou Dieu m’a jugé prophétise sur Jésus vers les années 500 avant sa venue. Il vit, dit-il, comme un Fils d’homme et c’est bien un Fils d’homme. Ce Fils est né de la Vierge Marie par l’opération du Saint-Esprit de Dieu, il est aussi le Fils de Dieu qui se fait chair afin de venir libérer l’humanité des puissances qui la retiennent dans les filets de la mort. Dieu a entendu le cri de ceux qui désiraient vivre de sa volonté, il a entendu et pour les exaucer, il est descendu pour venir dans la chair donner sa grâce afin d’élever l’être humain à sa nature divine pour le conduire dans la joie. Quel amour pouvait pousser Dieu à agir ainsi? Un amour infini l’empressait d’agir de la sorte, un amour démesuré pour chaque personne depuis la création, un amour qui veut ne laisser personne dans les filets de la mort. « Alleluia! Louez Dieu, tous les peuples, fêtez-le, tous les pays! Fort est son amour pour nous, pour toujours sa vérité. » (Ps 117, 1-2) ‘Fort est son amour pour nous’, chante le psalmiste. « Et moi, par la grandeur de ton amour, j’accède à ta maison; vers ton Temple sacré, je me prosterne, pénétré de ta crainte. » (Ps 5, 8)
Le psalmiste ne pouvait douter de l’amour de Dieu en voyant les bontés de la création, les grandeurs de son âme. Il voulait demeurer dans cet amour, malgré les pressions de ceux qui ne cherchaient que leurs intérêts immédiats en ce monde pour en tirer profit et plaisir à tout prix avant de le quitter. « Délivre-moi, Yahvé, des mauvaises gens, contre l’homme de violence défends-moi, ceux dont le coeur médite le mal, qui tout le jour hébergent la guerre, qui aiguisent leur langue ainsi qu’un serpent, un venin de vipère sous la lèvre. Garde-moi, Yahvé, des mains de l’impie, contre l’homme de violence défends-moi, ceux qui méditent de me faire trébucher, qui tendent un filet sous mes pieds, insolents qui m’ont caché une trappe et des lacets, m’ont posé des pièges au passage. » (Ps 140, 2-6) Dieu a entendu la prière du pauvre, de celui qui voulait demeurer dans la justice, dans la paix, dans l’amour et il est venu dans la chair pour délivrer la nature humaine de ce mal qui infecte les cœurs, de cet esprit de guerre. Le Seigneur entendait bien le cri de celui qui voulait demeurer dans l’amour : « Les filets des impies m’environnent, je n’oublie pas ta loi. Je me lève à minuit, te rendant grâce pour tes justes jugements, allié que je suis de tous ceux qui te craignent et observent tes préceptes. De ton amour, Yahvé, la terre est pleine, apprends-moi tes volontés. (…) Toi, le bon, le bienfaisant, apprends-moi tes volontés. Les superbes m’engluent de mensonge, moi de tout coeur je garde tes préceptes. Leur coeur est épais comme la graisse, moi, ta loi fait mes délices. » (Ps 119, 61-64. 68-70) Qui pouvait s’imaginer sans une inspiration divine que Dieu lui-même viendrait se livrer jusqu’à la dernière goutte de son sang pour libérer la nature humaine de tout ce qui l’éloignait de la volonté d’amour de Dieu? « Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. » *(Jn 3, 16)
Il ne faut pas oublier cet amour fou de Dieu lorsque nous entendons les paroles de mise en garde de Jésus, le Fils de l’homme, celui qui vient se livrer librement par amour pour nous et nous racheter à l’emprise de tout ce qui mène à la mort et à la division. Dieu s’est levé pour nous sauver, il s’est laissé élever sur la croix pour nous attirer par son amour à mourir d’amour avec lui et à ne répondre en rien à ceux qui se croient dans la vérité en servant le mal, le mensonge.
« Mon âme est couchée parmi les lions, qui dévorent les fils d’Adam; leurs dents, une lance et des flèches, leur langue, une épée acérée. O Dieu, élève-toi sur les cieux! Sur toute la terre, ta gloire! Ils tendaient un filet sous mes pas, mon âme était courbée; ils creusaient devant moi une trappe, ils sont tombés dedans. Mon coeur est prêt, ô Dieu, mon coeur est prêt; je veux chanter, je veux jouer pour toi! éveille-toi, ma gloire; éveille-toi, harpe, cithare, que j’éveille l’aurore! Je veux te louer chez les peuples, Seigneur, jouer pour toi dans les pays ; grand, jusqu’aux cieux ton amour, jusqu’aux nues, ta vérité. O Dieu, élève-toi sur les cieux. Sur toute la terre, ta gloire! » (Ps 57, 5-12)
La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant, c’est l’homme debout comme le proclament les pères de l’Église.
Jésus parle de sa venue avant d’être parti et les disciples n’ont pas idée de la manière dont il partira. Il quitte ce monde de manière à détruire ce qui nous divise tout en descendant dans ce qui nous sépare afin de nous ramener à l’unité. La grandeur de ce que Jésus fait pour l’humanité ne peut s’exprimer avec les mots, il faut voir le ciel s’ouvrir, les roches se fendre, les morts sortir de leurs tombeaux pour en ressentir toute la puissance de l’amour qui se joue dans ce don. Ce jour où les glaces de nos consciences fondront sous le feu de son amour, ce jour vient et viendra, aussi sûrement que l’aube se lève après la nuit pour faire la lumière.
« Maintenant, dans le Christ Jésus, vous qui étiez loin, vous êtes devenus proches par le sang du Christ. C’est lui, le Christ, qui est notre paix : des deux, Israël et les païens, il a fait un seul peuple; par sa chair crucifiée, il a fait tomber ce qui les séparait, le mur de la haine, en supprimant les prescriptions juridiques de la loi de Moïse. Il voulait ainsi rassembler les uns et les autres en faisant la paix, et créer en lui un seul Homme nouveau. Les uns comme les autres, réunis en un seul corps, Il voulait les réconcilier avec Dieu par la croix : en sa personne, il a tué la haine. » (Ep 2, 13-16) Daniel a vu ce Fils d’homme, ce Fils de Dieu qui tue la haine, qui tue la mort. Il l’a vu pour nous dire d’être sur nos gardes et de demeurer dans l’amour, car la vérité est amour, la justice est amour, la vie est amour, Dieu est amour : « À tout chemin de mal je soustrais mes pas, pour observer ta parole. De tes jugements je ne me détourne point, car c’est toi qui m’enseignes. Qu’elle est douce à mon palais ta promesse, plus que le miel à ma bouche! » (Ps 119, 101-103) Ce n’est plus une promesse, le Fils de Dieu est là et sa grâce nous donne de demeurer dans cet amour qui est vie, car sans lui personne ne peut demeurer dans la joie de l’Esprit : « tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu — et ils sont justifiés par la faveur de sa grâce en vertu de la rédemption accomplie dans le Christ Jésus : Dieu l’a exposé, instrument de propitiation par son propre sang moyennant la foi » (Ro 3, 23-25)
Jésus le bien-aimé de Dieu, celui en qui Dieu a déposé tout son amour, celui qui vient vers nous pour nous faire fils de Dieu par lui, qui vient ouvrir son cœur pour nous, celui qu’aucune louange ne peut exprimer l’immensité de son don pour nous, celui que tous les anges adorent, nous dit de nous tenir sur nos gardes pour garder notre cœur léger, en lui laissant nos soucis et nos fardeaux. Jésus nous implore de demeurer dans sa grâce afin que nos cœurs ne s’alourdissent et que nous cherchions remède dans ce qui nous éloigne de notre dignité en nous rendant esclave de celui qui veut notre mort. « Ne faites plus de vos membres des armes d’injustice au service du péché; mais offrez-vous à Dieu comme des vivants revenus de la mort et faites de vos membres des armes de justice au service de Dieu. Car le péché ne dominera pas sur vous : vous n’êtes pas sous la Loi, mais sous la grâce. » (Ro 6, 13-14) Le temps du jugement viendra, il viendra en son temps. Si Dieu semble tarder c’est par amour afin de ne perdre personne, mais son jour viendra : « Mes bien-aimés, il y a une chose que vous ne devez pas oublier : pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un seul jour. Le Seigneur n’est pas en retard pour tenir sa promesse, comme le pensent certaines personnes; c’est pour vous qu’il patiente : car il n’accepte pas d’en laisser quelques-uns se perdre; mais il veut que tous aient le temps de se convertir. Pourtant, le jour du Seigneur viendra comme un voleur. Alors les cieux disparaîtront avec fracas, les éléments en feu seront détruits, la terre, avec tout ce qu’on y a fait, sera brûlée. Ainsi, puisque tout cela est en voie de destruction, vous voyez quels hommes vous devez être, quelle sainteté de vie, quel respect de Dieu vous devez avoir, vous qui attendez avec tant d’impatience la venue du jour de Dieu (ce jour où les cieux embrasés seront détruits, où les éléments en feu se désagrégeront). » (2 Pi 3, 8-12)
Il vient ce jour. Soyons patients avec notre Dieu plein de patience envers nous et prions pour demeurer éveillés à nous convertir chaque jour pour demeurer dignes de tant d’amour. Prions pour tous ceux qui n’ont pas la joie de connaître cet amour encore et de vivre dans la joie de l’Esprit. Sachons tendre la joue à celui qui nous frappe afin qu’il soit frappé par notre foi en celui qui a pris sur lui toutes nos fautes et qui viendra établir son règne en son temps : « Le dernier ennemi qui sera détruit, c’est la mort. » (1 Co 15:26)
« N’ayez pas l’amour du monde ni de ce qui est dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, il n’a pas en lui l’amour du Père. Tout ce qu’il y a dans le monde — les désirs égoïstes de la nature humaine, les désirs du regard, l’orgueil et la richesse —, tout cela ne vient pas du Père, mais du monde. Le monde passera, avec ses désirs. Mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure pour toujours, de même que Dieu demeure pour toujours. » (1 Jn 2, 15-17)

Tenez-vous sur vos gardes, gardez votre cœur dans l’amour, dans la recherche de la volonté de Dieu qui est amour. « Si ta loi n’eût fait mes délices, je périssais dans la misère. Jamais je n’oublierai tes préceptes, par eux tu me vivifies. Je suis tien, sauve-moi, je cherche tes préceptes. » (Ps 10, 92-93)
NDC