2 juin, Mc 11, 27-33 : Répondez-moi. Entendez-vous le galop du cheval dans le Temple?

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Évangile :
Jésus et ses disciples reviennent à Jérusalem. Et comme Jésus allait et venait dans le Temple, les chefs des prêtres, les scribes et les anciens viennent le trouver. Ils lui demandaient : « Par quelle autorité fais-tu cela? Ou bien qui t’a donné autorité pour le faire? »
Jésus leur dit : « Je vais vous poser une seule question. Répondez-moi, et je vous dirai par quelle autorité je fais cela : Le baptême de Jean venait-il du ciel ou des hommes? Répondez-moi. » Ils faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : « Si nous disons : , il va dire; Mais allons-nous dire : ? Ils redoutaient la foule, car tout le monde estimait que Jean était réellement un prophète. Ils répondent donc à Jésus : “Nous ne savons pas!”
Alors Jésus leur dit : “Moi non plus, je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais cela.”
Commentaires :
Et comme Jésus allait et venait dans le Temple, dans son manteau d’humilité, sa lumière irradiait dans toutes les directions, éclairant l’essence des œuvres de chacun qui étaient au Temple. La lumière brillait de tout son éclat dans le Temple et à sa chaleur, les tables de changeurs se renversaient, les pièces d’argent fuyaient telles des araignées dont la toile lentement tissée est déchirée. Le commerçant, à cette lumière, ne pouvait masquer son visage de brigand, ses yeux cupides, son indifférence à l’endroit du lieu de prière où il était. “Et tel est le jugement : la lumière est venue dans le monde et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs oeuvres étaient mauvaises. Quiconque, en effet, commet le mal, hait la lumière et ne vient pas à la lumière, de peur que ses oeuvres ne soient démontrées coupables, mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, afin que soit manifesté que ses oeuvres sont faites en Dieu.” (Jn 3, 19-21)
“Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie.” (Jn 1, 4-5) Les brigands tentaient bien de remettre le voile sur la lumière et retrouver l’obscurité de la caverne pour trafiquer dans le sein de la maison du Père. Inutile effort en la présence de Jésus. L’argent perdait sa valeur, il semblait retourner à la poussière, tout comme les appétits de gain se transformaient en dégoût devant cette pluie de bêtes et de reptiles qui fuyaient en quête d’un nouveau lieu d’obscurité.
La lumière de la vie allait et venait dans le Temple devenu caverne. L’esprit du monde qui répand les ténèbres partout où il tisse sa toile voyait bien celui qui allait dans son manteau d’humilité. Il entendait le galop de son cheval, il apercevait la couleur pourpre de son manteau, et tremblait à l’éclat de l’épée de sa parole. Le prince de ce monde étouffait sous le poids d’amour qu’il répandait : “Voici un cheval blanc; celui qui le monte s’appelle ‘Fidèle’ et ‘Vrai’, il juge et fait la guerre avec justice. Ses yeux? Une flamme ardente; sur sa tête, plusieurs diadèmes; inscrit sur lui, un nom qu’il est seul à connaître; le manteau qui l’enveloppe est trempé de sang; et son nom? le Verbe de Dieu. Les armées du ciel le suivaient sur des chevaux blancs, vêtues de lin d’une blancheur parfaite. De sa bouche sort une épée acérée pour en frapper les païens; c’est lui qui les mènera avec un sceptre de fer; c’est lui qui foule dans la cuve le vin de l’ardente colère de Dieu, le Maître-de-tout. Un nom est inscrit sur son manteau et sur sa cuisse : Roi des rois et Seigneur des seigneurs. Puis je vis un Ange, debout sur le soleil, crier d’une voix puissante à tous les oiseaux qui volent au zénith : ‘Venez, ralliez le grand festin de Dieu! ’ (Ap 19, 11-17)
Jésus allait et venait dans le Temple au milieu des visages à découvert avec leurs œuvres stériles. Jésus allait et venait, le cœur débordant d’amour pour la maison de son Père, comme pour les brigands qui la squattaient.
Les chefs des prêtres, scribes et anciens viennent le trouver et lui demandent : ‘Par quelle autorité fais-tu cela? Ou bien qui t’a donné autorité pour le faire? ’
‘Interroge pourtant le bétail, pour t’instruire, les oiseaux du ciel pour t’informer. Parle à la terre, elle te donnera des leçons, ils te renseigneront, les poissons des mers. Car lequel ignore, parmi eux tous, que la main de Dieu a fait tout cela! ’ (Jb 12, 8-9) Interroge le vent sur la mer en furie qui obéit à sa parole, interroge les poissons se jetant dans le filet à son désir, interroge les Écritures qui à chaque mot annoncent la venue du Fils de Dieu, elles te le diront.
‘Vous scrutez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle, et ce sont elles qui me rendent témoignage, et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie! De la gloire, je n’en reçois pas qui vienne des hommes; mais je vous connais : vous n’avez pas en vous l’amour de Dieu; je viens au nom de mon Père et vous ne m’accueillez pas; qu’un autre vienne en son propre nom, celui-là, vous l’accueillerez. Comment pouvez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique.’ (Jn 5, 39-44)
Jésus répondra à leur question en leur posant une seule question. Elle concerne Jean, cet homme retiré au désert, se nourrissant de sauterelles, vêtu d’une toison de poils de chameau. Cet homme, vous le connaissez bien, il n’est que prière et il se fait instrument de Dieu en ce désert pour préparer le chemin de celui qui vient au nom du Seigneur. L’Écriture en témoigne de cet Élie qui doit venir préparer le chemin de l’Agneau du Père, de l’homme au manteau pourpre. Interrogez-le, interrogez le ciel qui s’est ouvert, et la voix qu’il a entendue et la colombe venue se poser sur la tête de celui dont il a dit qu’il était l’Agneau de Dieu.
‘Répondez-moi, et je vous dirai par quelle autorité je fais cela : Le baptême de Jean venait-il du ciel ou des hommes? Répondez-moi.’
Ils se refusent de répondre, car ils ne veulent pas interroger le vent, ni la mer, ni la mort fuyant les yeux de Lazare, ni la tempête. Ils ne veulent qu’entendre que le bruit de l’or se déversant dans leurs coffres, ils ne veulent d’autres lumières que celle qui les fait resplendir de gloire aux yeux des autres pour en recevoir éloge et respect. Ils ne veulent pas répondre de peur d’entendre la vérité de l’amour, ce qui leur rendrait insupportables tous leurs mensonges. Ils ne veulent pas voir qu’ils errent dans un désert sans routes, qu’ils tâtonnent dans les ténèbres d’une caverne sans lumière et titubent comme sous l’ivresse de leur propre ego. Ils préfèrent l’esclavage du pharaon à la liberté des enfants de Dieu.
Alors Jésus leur dit : ‘Moi non plus, je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais cela.’

NDC