2 oct, Mt 18, 1-5.10.12-14 : « Qui donc est le plus grand dans le Royaume des cieux? »

Home / Méditer les écritures / 2 oct, Mt 18, 1-5.10.12-14 : « Qui donc est le plus grand dans le Royaume des cieux? »

Évangile :

Les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent : « Qui donc est le plus grand dans le Royaume des cieux? » Alors Jésus appela un petit enfant; il le plaça au milieu d’eux, 
et il déclara : « Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas pour devenir comme les petits enfants, vous n’entrerez point dans le Royaume des cieux. 
Mais celui qui se fera petit comme cet enfant, c’est celui-là qui est le plus grand dans le Royaume des cieux. 
Et celui qui accueillera un enfant comme celui-ci en mon nom, c’est moi qu’il accueille. 
Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car, je vous le dis, leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux. 
Que pensez-vous de ceci? Si un homme possède cent brebis et que l’une d’entre elles s’égare, ne laissera-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans la montagne pour partir à la recherche de la brebis égarée? 
Et, s’il parvient à la retrouver, amen, je vous le dis : il se réjouit pour elle plus que pour les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. 
Ainsi, votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu.

Commentaires :

Les disciples s’approchent de Jésus et lui dirent : “Qui donc est le plus grand dans le Royaume de cieux?” Ils ne veulent pas savoir qui est le plus grand selon la mesure du Royaume des cieux, mais comment parvenir à être un grand dans le Royaume et vivre dans la cour du roi!

La maman de Jacques et Jean représente bien cette perception de grandeur lorsqu’elle se prosterne aux pieds de Jésus pour lui demander : “Ordonne que mes deux fils que voici siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ton Royaume.” (Mt 20, 21) Elle veut pour ses fils les postes les plus élevés dans le Royaume de Jésus et pour cela, ils doivent être tout près du trône du roi. Qui aura mieux l’attention du roi que celui qui est tout près? Il pourra faire entendre aisément ses demandes et celles de ses proches. La grandeur des sujets du roi se mesure à la proximité de son trône. La mère des deux disciples n’attendra pas de savoir comment atteindre ses postes, elle les demandera pour ses fils avant tous les autres.

Les autres disciples s’indignèrent contre les deux frères, car eux-mêmes convoitaient ces places. L’esprit d’unité autour de Jésus se brisait parmi les disciples. Jalousie, colère, emportement, grognement se faisaient un nid dans le cœur des disciples et les hostilités ne tarderaient pas à venir.

Jésus étonnera leurs ambitions en leur décrivant la différence entre le manière d’exercer le pouvoir des grands de ce monde et celui que le Fils de Dieu exerce au nom du Tout-Puissant en tant que Fils de l’homme : “Vous savez que les chefs des nations dominent sur elles en maitres et que les grands leur font sentir leur pouvoir. Il n’en doit pas être ainsi parmi vous : au contraire, celui qui voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur, et celui qui voudra être le premier d’entre vous, sera votre esclave. C’est ainsi que le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude.” (Mt 20, 25-28)

S’il faut pour être le plus grand se faire le serviteur de tous, vaut mieux ne pas l’être et ainsi se faire servir par un roi comme si nous étions des rois. Cette logique de la grandeur du royaume des cieux dépasse l’entendement des disciples. À quoi bon être le plus grand, si pour l’être, il faut se faire le plus petit en devenant serviteur de tous? Un tel renoncement est impossible, il est en contradiction avec notre manière d’aspirer au bonheur. Ne faut-il pas s’enrichir pour être heureux afin d’avoir toujours plus de serviteurs pour combler nos moindres désirs? “Comme il sera difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le Royaume de Dieu!” Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Mais Jésus reprit et leur dit : “Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le Royaume de Dieu! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou de l’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu!” Ils restèrent interdits à l’excès et se disaient les uns aux autres : “Et qui peut être sauvé?” Fixant sur eux son regard, Jésus dit : “Pour les hommes, impossible, mais non pour Dieu : car tout est possible pour Dieu.” (Mc 10, 23-27)

Mais comment Dieu rendra-t-il possible de nous faire serviteurs de tous et même esclaves, tout en conservant notre dignité et notre liberté devant les autres? La richesse ne donne pas de la dignité, pas plus que de la liberté. La richesse d’Hérode, lors de la naissance de Jésus dans une étable, ne lui pas donné la liberté spirituelle pour venir se prosterner devant lui avec les rois mages et reconnaitre sa dignité de créature devant son créateur qui venait à lui pour le sauver selon les Écritures. Il a choisi la liberté que lui donnait son statut de roi pour poursuivre l’enfant et le tuer plutôt que l’humble reconnaissance de sa dignité de créature pour se faire grand dans le Royaume des cieux, en se faisant petit dans son royaume provisoire.

Jésus est grand parce qu’il descend du ciel pour venir nous servir et s’anéantir pour nous sauver et cela, il le fait librement : “Le Père m’aime parce que je donne ma vie pour la reprendre ensuite. Personne n’a pu me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, et le pouvoir de la reprendre : voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père.” (Jn 10, 17-18)

Jésus perd sa vie de Fils de l’homme pour nous et il fait cela en obéissant librement au dessein d’amour du Père pour la multitude.

C’est dans cet esprit filial que Jésus nous invite à entrer pour sauver notre vie en la perdant avec lui pour les autres. Une folie que ce langage et pourtant c’est la sagesse de Dieu : “Car la folie de Dieu est plus sage que l’homme, et la faiblesse de Dieu est plus forte que l’homme.” (1 Cor, 1, 25)

“Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera. Que servira-t-il donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il ruine sa propre vie?” (Mt 16, 25-26)

“Qui donc est le plus grand dans le Royaume des cieux?”

» Alors Jésus appela un petit enfant; il le plaça au milieu d’eux, 
et il déclara : « Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas pour devenir comme les petits enfants, vous n’entrerez point dans le Royaume des cieux. 
Mais celui qui se fera petit comme cet enfant, c’est celui-là qui est le plus grand dans le Royaume des cieux. »

Jésus s’est fait petit enfant dans les bras de sa mère, il a grandi parmi nous et il a toujours fait ce qui plaisait au Père afin d’accomplir son dessein d’amour envers la multitude par son Fils qu’il faisait homme afin d’élever à la dignité de fils et de filles de Dieu toute l’humanité.

« Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous saurez que Je Suis et que je ne fais rien de moi-même, mais je dis ce que le Père m’a enseigné, et celui qui m’a envoyé est avec moi; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui plaît. » (Jn 8, 28-29)

Le plus grand dans le Royaume des cieux, c’est celui qui se fait petit enfant avec le Fils de Dieu qui s’est fait enfant pour nous afin que nous ayons, par la foi en lui, le pouvoir de devenir enfants de Dieu et de toujours chercher à lui plaire en demeurant dans l’amour, cet amour de don de soi pour les autres.

« Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. » (Jn 3, 16-17)

Aucun des enfants de Dieu ne mérite le mépris, si égaré soit-il! Tous les efforts d’amour doivent être faits pour répandre la tendresse de Dieu dans les moindres replis obscurs de ce monde et ramener à la joie filiale et la paix de la demeure de Père tous ceux qui se perdent dans ces richesses provisoires.

Le Père en donnant son Fils et l’Esprit qui les unit a tout donné pour qu’aucun de ses enfants ne soit perdu.

« Malheur à moi si je n’évangélise pas! » (1 Cor 9, 16)

NDC