20 juin, Mt 5,43-48 : Désirer l’amour parfait !

 In Méditer les écritures

Évangile :


Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.
Eh bien moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent,
afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.
Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.

Commentaires :

Jésus vient de remettre sur la voie de l’amour la loi du talion : œil pour œil, dent pour dent, proclamait bien haut cette loi. Une justice quantitative où le cœur est absent dans la manière de rendre justice. – Tu me dois un œil dira l’un ou encore tu me dois une dent, un doigt, un pied, un genou et nous serons quittes. Une justice froide, calculatrice qui n’a rien à voir avec la justice divine. « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. » (Jn 3, 16-17)

Il n’est pas venu juger le monde. Il n’est pas venu prendre l’œil à l’un, le fils à un autre, la dent, le cœur, il est venu sauver. Il ne s’agit pas d’un sauvetage, mais d’un salut définitif. Le naufragé en mer peut être rescapé par un sauveteur, mais il n’est pas exempt après ce sauvetage de tous les dangers à jamais. Le salut apporté par le Fils de Dieu est définitif, il nous met à l’abri de tous les dangers à jamais, pour la vie éternelle. Nos sauvetages sont toujours à recommencer, tout comme notre justice. Si la justice de Dieu est éternelle, la nôtre ne finit jamais de s’exercer dans ce monde fini. Tu me prends un œil pour un œil, mais en me prenant l’œil, tu m’as blessé l’oreille et la ronde continue sans fin, jusqu’à la fin de notre vie. Nous passons notre vie à faire des comptes et à préparer nos vengeances pour nous rembourser. Nous le constatons avec le terrorisme, une course à la vengeance sans fin, les ruisseaux de sang, deviennent des rivières et des fleuves de sang : à la deuxième trompette, un tiers de la mer est changé en sang, et à la troisième trompette, un tiers de l’eau potable (rivières et sources) devient amère et les gens meurent (Ap 8 : 8-11).

Avec nos vengeances et notre instinct de mort, nous polluons les cœurs et les esprits autant que les mers, les forêts, l’air et la terre. Combien d’alarmes lancées par les scientifiques pour nous exhorter de cesser notre manière d’exploiter la planète? Nous pouvons encore renverser la situation, mais nous sommes tout près du point de non-retour. Croyez-vous que la planète souffrirait autant de nos comportements si la solidarité entre nous, entre tous les peuples, était plus grande? La planète se porterait bien, si l’amour entre nous se portait bien. En éliminant cet esprit de vengeance, notre esprit aurait plus de temps pour chercher la vérité, y consacrer totalement son cœur et nous la trouverions. Qui ne pourrait pas reconnaître le Christ en croix, l’Élu de Dieu qui s’offre pour nous en sacrifice de réconciliation avec Dieu, source de notre unité par l’Esprit Saint? Qui reconnaîtrait celui qui vient à nous sans armes, celui qui verse des larmes sur la dureté de nos cœurs à nous laisser rassembler comme des petits poussins sous les ailes de leur mère.   (Mat. 23, 37)   « Il était dans le monde et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu » (Jn 1, 10)

Pour reconnaître celui qui vient, il faut demeurer dans l’amour à tout prix, cet amour qui n’a pas de prix puisqu’il rend possible de nous délester de cette haine de l’autre, de tous les autres. Ce n’est pas un sauveteur qui nous lance une bouée pour nous sortir d’une mauvaise situation, c’est un sauveur qui nous tire de tout ce qui n’est pas amour, une fois pour toutes : « Me voici, je suis venu pour faire ta volonté. Ainsi, il supprime l’ancien culte pour établir le nouveau. Et c’est par cette volonté de Dieu que nous sommes sanctifiés, grâce à l’offrande que Jésus-Christ a faite de son corps, une fois pour toutes. » (He 10, 9-10)

« Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.
Eh bien moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent,
afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. »

Il n’y a pas d’autres ennemis en nous que ce qui nous empêche d’aimer et d’aimer inconditionnellement. L’eau potable est potable pour tout être humain qui a soif. L’amour potable, le vrai amour doit être bon pour tout le monde qui a besoin d’amour. Tu peux donner un verre d’eau à ton ennemi et étancher sa soif. Nous pouvons tout autant lui donner de l’amour et apaiser son cœur, si notre amour est de l’amour qui provient de la source de tout amour.
« Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant? » Si votre amour se réduit qu’à ceux qui vous en rendent, votre amour est comme de l’eau stagnante, elle se corrompra et vous ne pourrez plus aimer même ceux qui vous aiment. « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, celui qui croit en moi ! Comme dit l’Écriture : Des fleuves d’eau vive jailliront de son coeur. » (Jn 7, 37-38)

Mais qui peut aimer ainsi inconditionnellement? Qui peut avoir le sourire rayonnant devant l’étranger et une personne aimée ? Qui peut ouvrir les bras à l’ami et à l’ennemi de la même manière ? « Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. » (Jn 15, 5) Nous sommes une eau stagnante sans le fleuve d’eau vive qui coule du cœur de Jésus, nous ne pouvons rien faire sans celui par qui tout subsiste. La mort est en nous, plus forte que nous, le péché avec son cortège de refus de l’autre est en nous, il est plus fort que nous. Les situations arrivent si rapidement et si nombreuses devant nos petits yeux, car à vouloir tout régenter, nous fermons les yeux sur bien des maladresses envers l’autre. « Si l’Éternel ne bâtit la maison, Ceux qui la bâtissent travaillent en vain; Si l’Éternel ne garde la ville, Celui qui la garde veille en vain. » (Ps127,1)

Aimez vos ennemis ! Ne laissez pas le mauvais cholestérol de la haine envahir votre cœur et durcir vos artères ! Aimez en demeurant dans l’amour et l’amour de Dieu demeurera en vous à la mesure de votre désir d’aimer. « Le désir est la bouche de l’âme » dit saint Jean de la Croix.

« Comment voir un ennemi

Dans quelque homme désormais

Pour lequel Jésus est mort!

Que Dieu nous rende vigilants

Ceux qui chantent le Seigneur :

Qu’ils ne soient en même temps

Les complices du malheur

Où leurs frères sont tenus! »

(Hymne du Carême)

« Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.»

NDC