21 janv, Mc 2, 23-28, Le Fils de l’homme est maitre du sabbat

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Évangile :

Un jour de sabbat, Jésus marchait à travers les champs de blé; et ses disciples, chemin faisant, se mirent à arracher les épis.

Les pharisiens lui disaient : « Regarde ce qu’ils font le jour du sabbat! Cela n’est pas permis. » Jésus leur répond : « N’avez-vous jamais lu ce que fit David, lorsqu’il fut dans le besoin et qu’il eut faim, lui et ses compagnons? Au temps du prêtre Abiathar, il entra dans la maison de Dieu et mangea les pains de l’offrande que seuls les prêtres peuvent manger, et il en donna aussi à ses compagnons. »

Jésus leur disait encore : « Le sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat. Voilà pourquoi le Fils de l’homme est maitre, même du sabbat. »

Commentaires :

« Pierremaimestu? » (Jn 21/16) Je t’aime Seigneur et tu le sais, toi qui sais tout. Je t’aime et tu sais aussi que je veux t’aimer mieux chaque jour, chaque instant pour descendre de plus en plus dans les profondeurs de ton amour.

« Pierremaimestu? » Tu sais que je t’aime Seigneur! Je voudrais ne jamais t’avoir renié, mais sans ce triple moment, comment aurais-je pris conscience que sans toi, je ne peux rien faire? En croisant ton regard après avoir échappé ces paroles terribles à la femme qui me questionnait sur toi, je me suis senti si seul. Le chant du coq m’a ramené à la mémoire que tu m’avais prédit

ma chute afin que je me relève et rassemble les autres en ton amour. J’aurais voulu remplir toutes les outres de ce monde de mes larmes pour te montrer mon repentir. J’ai compris qu’elles ne pouvaient en rien me laver de cette faute, effacer de mon âme le regard de cette femme et sa voix qui me disait : « Toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen. » (…) « Je ne connais pas cet homme. » (Mt 26, 70.72)

Tu sais que je t’aime! Comment ne pourrais-je t’aimer? J’ai trouvé ma consolation dans cette larme de sang qui perlait sur ton front et me criait ton amour.

Je sais maintenant que je ne sais pas aimer et que, sans ton amour, je ne peux t’aimer. Je sais que je peux t’aimer de l’amour dont tu m’aimes et y trouver l’amour pour aimer les autres comme tu m’as aimé.

« Pierremaimestu? » Je voudrais tellement t’aimer plus et mieux pour te rendre un peu de l’amour que tu me donnes et que tu donnes à tous pour refaire l’unité et la paix entre nous. Mais qui peut te rendre le soleil ou la lune, la mer et les continents? Qui peut te rendre ta gratuité, ta justice qui prend sur elle nos injustices afin de nous justifier? Que nous reste-t-il pour te rendre un peu d’amour que de pardonner à ceux qui nous offensent, que de tendre l’autre joue à celui qui nous frappe?

« Pierremaimestu? » Comment pourrais-je renier l’amour dont je suis aimé une autre fois, devant tout cet amour que j’ai vu sur la croix et au tombeau? Cette lumière de vie, cette lumière qui me fait pierre vivante pour construire ton Église, là où tu veux nourrir la foule jusqu’à la fin des temps. Qu’ils sont beaux les champs de blés qui feront ton pain de vie, qu’ils sont beaux sous cette lumière qui est notre vie. Aucun peintre ne peut en donner l’image, car c’est un champ qui traverse les siècles, un blé qui pousse dans le béton des villes, dans le fond des prisons, des hôpitaux.

« Pierre m’aimes-tu »? Je t’aime trop misérablement, j’ai soif de ta grâce pour t’aimer dans l’adoration véritable, en m’offrant avec toi pour les autres afin de construire ton corps en ce monde et vaincre les forces de la pollution qui tue les champs de blé.

Et vous, pharisiens, m’aimez-vous? Les pharisiens n’aiment pas beaucoup ce qui est de l’ordre des sentiments, du moins c’est ce qu’ils prétendent. La loi de Moïse, qui donc peut se prétendre plus grand que cette loi selon eux? S’il est écrit de ne pas faire ceci, tu ne le fais pas. Pourtant ils sont plus émotifs et nuancés lorsque la loi va à l’encontre de leurs intérêts : « Hypocrites! dit Jésus, chacun de vous, le sabbat, ne délie-t-il pas de la crèche son boeuf ou son âne pour le mener boire? » (Lc 13, 15)

Et vous, pharisiens, m’aimez-vous? « Il ne vient pas de Dieu, cet homme-là, puisqu’il n’observe pas le sabbat »; d’autres disaient : « Comment un homme pécheur peut-il faire de tels signes? » (Jn 9,16) « Il est possédé de Béelzéboul », et encore : « C’est par le prince des démons qu’il expulse les démons. » (Mc 3, 22) « Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs! » (Lc 7, 34)

Et vous, pharisiens, m’aimez-vous? Comment pourraient-ils répondre à cette question avec un cœur de pierre? La loi est le seul refuge de celui qui ne veut pas croire en la personne vivante de Dieu. « Je vous ai donc dit que vous mourrez dans vos péchés. Car si vous ne croyez pas que Je Suis, vous mourrez dans vos péchés. »  (Jn 8, 24) Vous mourrez dans votre rupture avec le Dieu vivant, si vous ne cherchez pas votre justification dans celui qui est le Principe (Je Suis), dans son amour. Il est parmi nous pour nous aimer de l’amour dont il est aimé du Père afin que cet amour habite en nous et que nous puissions entrer dans l’amour trinitaire. « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous saurez que Je Suis et que je ne fais rien de moi-même, mais je dis ce que le Père m’a enseigné, et celui qui m’a envoyé est avec moi; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui plaît. » (Jn 8, 28-29) Pierre a pleuré en entendant le coq chanter! Est-ce que les pharisiens vont pleurer en voyant Jésus élevé sur la croix? Est-ce qu’ils chercheront le pardon de leurs fautes dans le sang qui coulera de son cœur? « Toi qui détruis le Sanctuaire et en trois jours le rebâtis, sauve-toi toi-même, si tu es fils de Dieu, et descends de la croix. » Pareillement, les grands prêtres se gaussaient et disaient avec les scribes et les anciens : « Il en a sauvé d’autres et il ne peut se sauver lui-même! Il est roi d’Israël : qu’il descende maintenant de la croix et nous croirons en lui! Il a compté sur Dieu; que Dieu le délivre maintenant, s’il s’intéresse à lui! Il a bien dit : je suis fils de Dieu! » (Mt 27, 40-43)

Et vous, pharisiens, m’aimez-vous? M’aimez-vous de l’amour dont je vous aime?

« Père, pardonne-leur : ils ne savent ce qu’ils font. » Puis, se partageant ses vêtements, ils les tirèrent au sort. » (Lc 23, 34)

Et nous, croyons-nous aimer sans puiser à la source de l’amour dont nous sommes aimés? « Le sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat. Voilà pourquoi le Fils de l’homme est maitre, même du sabbat. » Il donne sens au sabbat, car il vient s’offrir pour la multitude afin de nous obtenir le pardon et transformer nos cœurs de pierre en cœur de chair, un cœur qui puisse dire : Tu sais bien que

je t’aime de l’amour dont tu m’aimes! Maintenant, je peux courir vers les autres pour les aimer comme le Christ m’aime et me faire pain avec lui dans les champs de blé du monde.

NDC