21 janv, Mc 3, 7-12, Jésus et la barque ostensoir

 In Méditer les écritures

Évangile :

Jésus se retira avec ses disciples au bord du lac; et beaucoup de gens, venus de la Galilée, le suivirent; et aussi beaucoup de gens de Judée, de Jérusalem, d’Idumée, de Transjordanie, et de la région de Tyr et de Sidon avaient appris tout ce qu’il faisait, et ils vinrent à lui.

Il dit à ses disciples de tenir une barque à sa disposition pour qu’Il ne soit pas écrasé par la foule. Car il avait fait beaucoup de guérisons, si bien que tous ceux qui souffraient de quelque mal se précipitaient sur lui pour le toucher. Et lorsque les esprits mauvais le voyaient, ils se prosternaient devant lui et criaient : « Tu es le Fils de Dieu. »

Mais il leur défendait vivement de le faire connaître.

Commentaires :

Qui peut ignorer la fin dramatique de l’existence? Le temps de la jeunesse et de la santé est souvent interrompu par la maladie, les accidents et autres virus psychologiques ou spirituels. La vieillesse marque sa venue trop rapidement pour plusieurs. Nombreux qui cherchent les cures de jouvence pour ralentir la dégénérescence, d’autres se rendent en cachette chez les chirurgiens plastiques pour faire remonter le temps dans leurs apparences.

Tous ces gens qui suivent Jésus sont là parce qu’ils ont appris tout le bien qu’il faisait. La mort et les chemins qui y mènent perdent leur pouvoir en la présence de cet homme. Il rend la vue aux aveugles, revivifie les morts, il fait revenir la santé dans le corps malade, les paralysés portent leur grabat, c’est à ne pas y croire! Plus encore, Jésus fait tout cela gratuitement et ne demande rien à ceux à qui il donne plus qu’ils n’en demandent. Le mal non seulement physique en prend un coup, le mal moral aussi. Il remet les péchés. La prostituée retrouve son intégrité, le publicain sa dignité religieuse.

La rumeur de cette lumière de vie qui se levait atteignait les coins et racoins les plus reculés et l’on venait à lui de partout. Jésus ne faisait pas que ralentir la mort, il la visait en plein cœur. En sa présence, il y avait un goût de la vie qui parfumait l’espace, chaque instant devenait important pour savourer la beauté de la création, le cœur était à la louange de Dieu. Cette légèreté de l’être que répandait Jésus en prenant sur lui le poids de toutes souffrances et du mal ouvrait le regard à la bienveillance envers l’autre, à ne voir que le bien en chacun. La bouche s’emplissait de paroles réconfortantes pour les autres, de sagesse, de justice, la joie pétillait dans la voûte du palais.

Le temps se faisait lumière et espérance. Les gens dans la foule voulaient s’approcher toujours plus près de ce feu de vie, de cette source pour s’y abreuver le corps et l’âme. Pourtant, dans cette bousculade silencieuse, chacun entendait la paix envahir tout le corps au-dedans comme au-dehors. Chacun ressentait la présence de Jésus, le plus près et le plus éloigné, l’enfant et l’adulte, le malade sur son grabat au loin et le disciple tout près de lui. Le malin en perdait son latin pour susciter dans la foule des pensées pour éteindre ce feu d’unité, cette paix envahissante qui blessait sa violence.

Heureux disciples de Jésus qui ont à prendre soin de cette source de vie jaillissante en vie éternelle, de ce corps qui se multiplie pour être nourriture de tous. Heureux disciples qui doivent veiller à le poser dans l’ostensoir de la barque pour que chacun puisse recevoir en plein dans les yeux sa lumière invisible qui éclaire les chemins d’éternité.

Les gens se précipitaient sur lui pour retrouver vie, ouvrir les yeux à la lumière que Jésus déposait en eux comme la rosée au matin.

Les esprits mauvais à son approche se voyaient en vérité dans sa lumière et ils ne pouvaient plus mentir et se mentir. Leurs genoux ne pouvaient que plier devant tant de puissance d’amour et s’écrier : « Tu es le Fils de Dieu. » Jésus en les voyant le voir leur défendait vivement de le faire connaître, car comment peuvent-ils faire connaître celui qu’ils haïssent sans raison à ceux qu’ils veulent comme esclaves dans leur royaume de mort, de maladies, de souffrances, de divisions? « Nul n’a jamais vu Dieu; le Fils unique, qui est tourné vers le sein du Père, lui, l’a fait connaître. » (Jn 1, 8) Lui, Jésus le fera connaître, le Dieu amour, et ce sera en s’élevant sur la croix qu’il attirera à lui la multitude. Qui pourra douter de l’amour de Dieu après la croix, qui pourra douter de sa puissance de vie à la suite de sa résurrection?

Jésus défend vivement aux esprits mauvais de parler de ce qu’ils ne connaissent pas à ceux qu’ils veulent tenir sous l’emprise du mal et de la mort.

« Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et moi en eux. » (Jn 17, 25-26)

« Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne vient au Père que par moi. Si vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père; dès à présent vous le connaissez et vous l’avez vu. » (Jn 14, 6-7)

NDC