21 juillet, Mt 12, 14-21 : Le souffle de l’Esprit et la mèche qui faiblit.

 In Méditer les écritures

Évangile :

Les pharisiens se réunirent contre Jésus pour voir comment le faire périr. Jésus, l’ayant appris, quitta cet endroit; beaucoup de gens le suivirent, et il les guérit tous. Mais Jésus leur défendit vivement de le faire connaitre. Ainsi devait s’accomplir la parole prononcée par le prophète Isaïe :
Voici mon serviteur que j’ai choisi, mon bien-aimé en qui j’ai mis toute ma joie. Je ferai reposer sur lui mon Esprit, aux nations il fera connaitre le jugement. Il ne protestera pas, il ne criera pas, on n’entendra pas sa voix sur les places publiques. Il n’écrasera pas le roseau froissé, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit, jusqu’à ce qu’il ait fait triompher le jugement. Les nations païennes mettent leur espoir en son nom.
Commentaires :

Les pharisiens se réunirent contre Jésus pour voir comment le faire périr. Misérables pharisiens qui vous levez comme une armée devant un seul homme pour le détruire. Quel mal vous a-t-il fait pour que vous vouliez ainsi sa perte, quel mal a-t-il fait? Ne voyez-vous pas ce qu’il a fait? Le boiteux ne marche-t-il pas, l’aveugle n’a-t-il pas retrouvé la vue, le prisonnier la liberté? L’enfant qui était mort n’a-t-il pas ouvert les yeux à nouveau, et son sang n’a-t-il pas redonné à son visage la couleur de la vie? N’entendez-vous pas les cris de joie des parents, des amis, des voisins? Ne sont-ils pas des témoins qui valident que cet homme vienne de Dieu?

Quel mal a donc fait cet homme pour que vous réclamiez sa mort, leur demandera Pilate lorsqu’ils parviendront à traîner Jésus à son tribunal! Pourquoi cet acharnement à vouloir le faire périr, il n’a fait aucun mal? « “Quand va-t-il mourir et son nom périr?” Vient-on me voir, on dit des paroles en l’air, le coeur plein de malice, on déblatère au-dehors. Tous à l’envi, mes haïsseurs chuchotent contre moi, ils supputent contre moi le malheur qui est sur moi. » (Ps 41, 6-8)

Pourtant, ils ne parviendront pas à le saisir tant que le temps ne sera pas venu, et ce moment, il est choisi par le Père de toute éternité, il est accepté librement par le Fils dans l’unité de l’Esprit.

« Mon temps n’est pas encore venu, tandis que le vôtre est toujours prêt. Le monde ne peut pas vous haïr; mais moi, il me hait, parce que je témoigne que ses oeuvres sont mauvaises. » (Jn 7, 6-7)

Jésus quitta cet endroit après avoir appris qu’il venait pour le faire périr. Il ne fuit pas cet endroit, il le quitte et au moment voulu, il entrera à Jérusalem, malgré toutes les menaces. Le temps n’est pas venu pour lui de périr, mais il est venu en ce monde pour se livrer en rançon pour la multitude.

« Dieu est le rempart de ma vie, devant qui tremblerais-je? Quand s’avancent contre moi les méchants pour dévorer ma chair, ce sont eux, mes ennemis, mes adversaires, qui chancellent et succombent. Qu’une armée vienne camper contre moi, mon coeur est sans crainte; qu’une guerre éclate contre moi, j’ai là ma confiance. » (Ps 27, 1-3) Jésus ne tremble pas, il n’est pas seul, le Père est avec lui, et c’est pour faire sa volonté qu’il est là afin d’aller jusqu’au bout de son dessein d’amour. « Voici venir l’heure — et elle est venue — où vous serez dispersés chacun de votre côté et me laisserez seul. Mais je ne suis pas seul : le Père est avec moi. Je vous ai dit ces choses, pour que vous ayez la paix en moi. Dans le monde vous aurez à souffrir. Mais gardez courage! J’ai vaincu le monde. » (Jn 16, 32-33)

Vraiment, le monde est vaincu et cette victoire, il la manifeste par avance en guérissant tous ceux qui le suivent. Pourtant, il leur défendra de le dire, car son heure n’est pas encore venue. « Ne parlez à personne de cette vision, avant que le Fils de l’homme ne ressuscite d’entre les morts. » (Mt 17, 9) dit Jésus à ceux qui avaient vu sa gloire lors de la transfiguration. Ne le dites à personne, car il vient le jour où j’entrerai à Jérusalem pour inaugurer ce grand combat de l’amour de Dieu contre les puissances de ce monde. « Voici que nous montons à Jérusalem et que s’accomplira tout ce qui a été écrit par les Prophètes pour le Fils de l’homme. Il sera en effet livré aux païens, bafoué, outragé, couvert de crachats; après l’avoir flagellé, ils le tueront et, le troisième jour, il ressuscitera. » Mais eux ne saisirent rien de tout cela; cette parole leur demeurait cachée, et ils ne comprenaient pas ce qu’il disait. » (Lc 18, 31-34) Ils ne saisissent pas qu’il demande le silence, ils ne comprennent pas cette souffrance dont il parle pendant que lui guérit tous ceux qui l’approchent.

Cet amour du Père qui se dévoile dans le Fils qui s’avance librement comme un agneau vers l’abattoir fait connaître le jugement de Dieu aux nations. Quel est ce jugement? « Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. Qui croit en lui n’est pas jugé; qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au Nom du Fils unique de Dieu. Et tel est le jugement : la lumière est venue dans le monde et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs oeuvres étaient mauvaises. Quiconque, en effet, commet le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière, de peur que ses oeuvres ne soient démontrées coupables, mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, afin que soit manifesté que ses oeuvres sont faites en Dieu. » (Jn 3, 17-21)

Le Fils de l’homme prend sur lui tout ce qui accuse l’homme pour le libérer de toutes ses fautes en s’offrant pour lui au Père afin de réconcilier l’être humain avec Dieu. « C’est maintenant le jugement de ce monde; maintenant le Prince de ce monde va être jeté dehors; et moi, une fois élevé de terre, j’attirerai tous les hommes à moi. » (Jn 12, 31-32)

« Ainsi devait s’accomplir la parole prononcée par le prophète Isaïe : Voici mon serviteur que j’ai choisi, mon bien-aimé en qui j’ai mis toute ma joie. Je ferai reposer sur lui mon Esprit, aux nations il fera connaître le jugement. Il ne protestera pas, il ne criera pas, on n’entendra pas sa voix sur les places publiques. Il n’écrasera pas le roseau froissé, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit, jusqu’à ce qu’il ait fait triompher le jugement. Les nations païennes mettent leur espoir en son nom. »

Il prend tout sur lui, afin que tous puissent s’approcher en toute confiance de l’amour du Père et entrer dans l’unité par les mérites du Fils et la puissance de l’Esprit.

« Le Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un modèle afin que vous suiviez ses traces, lui qui n’a pas commis de faute — et il ne s’est pas trouvé de fourberie dans sa bouche; lui qui insulté ne rendait pas l’insulte, souffrant ne menaçait pas, mais s’en remettait à Celui qui juge avec justice; lui qui, sur le bois, a porté lui-même nos fautes dans son corps, afin que, morts à nos fautes, nous vivions pour la justice; lui dont la meurtrissure vous a guéris. Car vous étiez égarés comme des brebis, mais à présent vous êtes retournés vers le pasteur et le gardien de vos âmes. » (1Pi 2, 21-25)

Normand Décary-Charpentier