21 juillet, Mt 12, 46-50 : La parole qui fend la glace de nos cœurs.

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Évangile :

Comme Jésus parlait à la foule, voici que sa mère et ses frères se tenaient au-dehors, cherchant à lui parler. Quelqu’un lui dit : « Ta mère et tes frères sont là dehors, qui cherchent à te parler. »

Jésus répondit à cet homme : « Qui est ma mère, et qui sont mes frères? » Puis, tendant la main vers ses disciples, il dit : « Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur et une mère. » 

Commentaires :

Jésus parlait à la foule. Les gens voyaient en ce Jésus qu’ils écoutaient un homme semblable aux hommes. Plusieurs savaient d’où il venait et certains connaissaient sa mère et ses proches. Ils le jugeaient selon les apparences. Pourtant, Jésus faisait des œuvres qu’aucun homme ne pouvait accomplir sinon s’il venait de Dieu comme le proclame l’aveugle que Jésus a guéri : « Nous savons que Dieu n’écoute pas les pécheurs, mais si quelqu’un est religieux et fait sa volonté, celui-là il l’écoute. Jamais on n’a ouï dire que quelqu’un ait ouvert les yeux d’un aveugle-né. Si cet homme ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. » (Jn 10, 31-33) 

Jésus questionne et inquiète et même les gens de sa ville s’interrogent à son sujet et ne comprennent pas, convaincus qu’ils sont de le connaître : « D’où lui viennent cette sagesse et ces miracles? Celui-là n’est-il pas le fils du charpentier? N’a-t-il pas pour mère la nommée Marie, et pour frères Jacques, Joseph, Simon et Jude? Et ses sœurs, ne sont-elles pas toutes chez nous? D’où lui vient donc tout cela? »  Et ils étaient choqués à son sujet. » (Mt 13, 54-57)

Jésus dérange le bon sens, car d’une part, il a l’aspect d’un homme ordinaire, d’origine connue et modeste et d’autre part, il fait des miracles et sa parole est comme un feu qui dévore tout ce qui n’est pas amour parfait. « Ma parole n’est-elle pas comme un feu, dit l’Éternel, Et comme un marteau qui brise le roc? » (Jé 23, 29) Jésus brise le roc de nos regards, la pierre de nos cœurs par sa manière humble de manifester sa puissance dont il témoigne dans ses œuvres. La mer et le vent se sont calmés à sa parole, l’eau est devenue du vin, la jeune fille décédée a enlevé le linceul qui couvrait son visage, Marie-Madeleine a retrouvé la paix, les esprits mauvais fuyaient pour ne pas souffrir de sa bonté. 

Sa parole brise le roc, elle fend l’océan de glace qui nous sépare de Dieu et des autres. 

Jésus parlait à la foule : « Vivante, en effet, est la parole de Dieu, efficace et plus incisive qu’aucun glaive à deux tranchants, elle pénètre jusqu’au point de division de l’âme et de l’esprit, des articulations et des moelles, elle peut juger les sentiments et les pensées du coeur. Il n’est pas de créature qui échappe à sa vue; tout est nu à ses yeux, tout est subjugué par son regard. Et c’est à elle que nous devons rendre compte. » (Hé 4, 12-13)

Jésus parlait à la foule et voici que quelqu’un lui dit que sa mère est ses frères sont là dehors, qui cherchent à lui parler. Cet homme qui s’interpose à la parole de Jésus en se faisant le transmetteur de cette quête de la famille de Jésus, ne cherche-t-il pas à éteindre le feu qui brûle en lui en l’entendant lui parler de l’écriture? Ne cherche-t-il pas à stopper le marteau qui fait éclater son cœur de pierre? Ne cherche-t-il pas à stopper cette épée à double tranchant qui vient tracer un chemin à la lumière de vie au plus profond de son être?

« Que nous veux-tu, Fils de Dieu? Es-tu venu ici pour nous faire souffrir avant le temps fixé? » (Mt 8, 29) 

Jésus parlait à la foule de cette parole de vie incorruptible dans un monde où la mort a fait son nid dans les cœurs pour le transformer en désert de solitude. Aucune mère ne peut retenir son enfant qui bascule dans la mort, aucun proche ne peut par la force ou la sagesse l’en retirer. 

Jésus parlait et à chacune de ses paroles, à la moindre virgule, la mort sursautait. Abraham sautait de joie dans les régions sombres où il était retenu. La vie reprenait son droit d’éternité et la mort perdait de son emprise au moindre des soupirs sortis de la bouche de Jésus. Sa parole engendrait de nouveau, une nouvelle semence était déposée dans les cœurs de ceux qui accueillaient cette parole, une semence incorruptible, que ni la mort, ni le mal ne pouvaient extraire. 

Jésus répond à cet homme en mal d’accueillir cette parole qui l’engendre à une vie nouvelle par cette parole dont il ressent le tranchant : « Qui est ma mère et qui sont mes frères? » Un silence immense se pose sur les lèvres pour bien entendre ce que Jésus répondra à la question qu’il soulève sur son identité. 

« Lui, de condition divine, ne retient pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu, mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement. » (Ph 2, 6-7) « Lui qui ne fut engendré ni du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu. » (Jn 1, 13) répondra en tendant la main vers ses disciples : « Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur et une mère. »

Jésus a été engendré par la volonté du Père et non un vouloir de chair et de sang et cette volonté l’a fait naitre parmi nous dans le sein de la Vierge Marie pour nous faire renaitre par lui, afin que nous soyons tous un, comme lui est Un avec le Père et l’Esprit, que nous soyons tous de la même famille pour la vie éternelle, de la famille trinitaire.

« D’un coeur pur, aimez-vous les uns les autres sans défaillance, engendrés de nouveau d’une semence non point corruptible, mais incorruptible : la Parole de Dieu, vivante et permanente. Car toute chair est comme l’herbe et toute sa gloire comme fleur d’herbe; l’herbe se dessèche et sa fleur tombe; mais la Parole du Seigneur demeure pour l’éternité. » (1 Pi 1, 22-24) C’est cette Parole de vie que Jésus nous porte pour nous engendrer à nouveau et nous transformer en frère, en sœur, en mère, les uns des autres et qu’ainsi nous soyons tous Un.

« Afin que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes un : moi en eux et toi en moi, afin qu’ils soient parfaits dans l’unité, et que le monde reconnaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. » (Jn 17, 21-23)

NDC