21 mai, Jn 14, 15-21 : Judas et Jésus à l’heure du grand passage! 

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Évangile :

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous resterez fidèles à mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous, l’Esprit de vérité. Le monde est incapable de le recevoir, parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas; mais vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure auprès de vous, et qu’il est en vous.

 Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous. D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi. En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous. Celui qui a reçu mes commandements et y reste fidèle, c’est celui-là qui m’aime; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père; moi aussi je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »

Commentaires :

La mort de Jésus est imminente, tout le dit à l’endroit où Jésus se trouve avec ses disciples. Encore quelques heures, quelques minutes, quelques secondes et ce sera la fin. Les disciples le sentent bien, ils acceptent mal, ils ne comprennent pas pourquoi Jésus ne cherche pas à se défendre. Comment peuvent-ils s’imaginer que ce jeune homme plein de vie sera dans les bras de la mort dans quelque temps? Judas est là aussi parmi eux. Que se passe-t-il dans sa tête? Il écoute Jésus comme les autres, il montre de l’inquiétude et pourtant il n’entend pas, ce que l’Esprit dit par la bouche de Jésus. Judas est basculé dans l’esprit du monde, il est incapable de recevoir l’Esprit de vérité, non qu’il ne pourrait le recevoir, mais son incapacité vient de son refus de s’en remettre à la manière dont Jésus s’avance vers la mort. Il est déjà en train de faire son plan, de chercher le moment opportun pour aller trouver les membres du sanhédrin. Judas est seul dans son esprit et il n’entend pas les paroles de Jésus.

« Si vous m’aimez, vous resterez fidèles à mes commandements. » Judas n’entend pas. Si tu m’aimes Judas, reste fidèle à l’amour que je vous commande. Aimez-vous les uns les autres et non vendez vous les uns les autres. Judas demeure de glace. Son esprit est ailleurs, il veut prendre le contrôle de la situation et mettre fin à cette aventure sans lendemain. Il se souvient bien que, lorsque Thomas avait appris que Jésus voulait retourner à Jérusalem où ses ennemis le guettaient, il avait dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, et mourons avec lui! » Judas ne veut pas mourir. Il ne comprend pas que Jésus ne veuille pas mourir, mais vaincre la mort. Il n’entend pas le mot résurrection : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. » (Lc 9, 22)

Judas n’entend pas ce que dit l’Esprit de vérité, il n’entend pas que le troisième jour, il ressuscitera. Il n’entend que les mots souffrance, rejet des anciens, meurtre, mort. Judas refuse d’entrer dans cette voie et dès ce moment il est devenu sourd à tout ce que Jésus disait.

« Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour, et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra; mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera. » (Lc 9, 23-24) Jamais je ne prendrai ce chemin, jamais je ne prendrai de croix chaque jour, se répète Judas. Jamais je ne risquerai de perdre ma vie pour la sauver.

Le climat est lourd dans le cœur des disciples, malgré tout, ils sont prêts à mourir avec lui s’il le faut, du moins c’est ce qu’ils se disent en esprit. Pierre l’exprimera tout haut à un certain moment et il sera étonné de ce que Jésus répondra à son enthousiasme : « Seigneur, avec toi, je suis prêt à aller en prison et à la mort. »  Jésus reprit : « Je te le déclare, Pierre : le coq ne chantera pas aujourd’hui avant que, par trois fois, tu aies affirmé que tu ne me connais pas. » (Lc 22, 33-34)

Malgré toutes les bonnes intentions de nos esprits lorsque le moment de l’épreuve arrive, c’est autre chose. Combien se moque de la mort, de la maladie aux jours de la santé et lorsque survient l’heure de la mort, c’est sérieux. Elle est sérieuse notre solitude sans défense devant l’abîme de la mort, il faut savoir écouter pour entendre celui qui en ce monde vient pour nous défendre dans ce passage.

« Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. » (Lc 9, 22) Il ressuscite.

Il ressuscitera et partira, mais pour notre bien à tous. Il veut nous envoyer un défenseur qui nous permettra de demeurer dans l’amour, l’amour qui conduit à la vie éternelle.

« J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous n’avez pas la force de les porter maintenant. Il vous est bon que je m’en aille, car si je m’en vais, je vous enverrai un défenseur…, l’Esprit de vérité qui vous conduira à la vérité tout entière » (Jn 16,7-13)

Judas, Judas pourquoi n’entends-tu pas ces paroles d’amour? Pourquoi refuser de perdre le contrôle de ce que tu ne peux contrôler? La mort n’aura pas le dernier mot, Judas. Il ressuscitera.

Comment s’abandonner à l’incompréhensible? Dieu est esprit, c’est par l’Esprit que le monde a vu le jour, c’est par la puissance de l’Esprit que le monde nouveau adviendra par la naissance du premier-né d’entre les morts.

Judas n’entend rien, il ne voit pas ce que le regard de la foi donne à voir. Il poursuivra son projet de mort sans savoir qu’il précédera Jésus dans la mort et aussi tous les disciples.

« Alors Judas, le traître, fut pris de remords en le voyant condamné; il rapporta les trente pièces d’argent aux chefs des prêtres et aux anciens. Il leur dit : “J’ai péché en livrant à la mort un innocent.” Ils répliquèrent : “Qu’est-ce que cela nous fait? Cela te regarde!” Jetant alors les pièces d’argent dans le Temple, il se retira et alla se pendre. » (Mt 27, 3-5)

Il se pend à un arbre, tout comme Jésus sera suspendu à un arbre sous les moqueries et les bravades. Judas verra briller la lumière de Jésus lorsqu’il descendra dans la mort. Il verra cette lumière de vie au milieu de la mort, il verra que l’amour est plus fort que sa trahison et que le mal est vaincu. Refusera-t-il de suivre Jésus cette fois, là où il n’a plus rien à perdre? Cette lumière de feu le brûlera de douceur ou de douleur? Qui peut juger sinon Dieu seul?

Il ne faut pas attendre après la mort pour s’ouvrir les yeux et les oreilles. Il faut être attentif à l’Esprit d’amour que Jésus nous a envoyé pour nous garder l’esprit ouvert sur les chemins de l’amour.

« Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous. D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi. En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous. »

Il est là, l’Esprit de vérité qui conduit vers la Vérité tout entière, vérité qui n’est qu’amour.

Se laisser aimer pour aimer, pour s’ouvrir l’esprit à aimer comme nous sommes aimés. « Celui qui a reçu mes commandements et y reste fidèle, c’est celui-là qui m’aime; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père; moi aussi je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »  De cet amour dont nous sommes aimés, nous pourrons aimer les autres comme nous-mêmes et demeurer dans l’amour.

Dieu est esprit et ceux qui sont dans l’esprit voient au-delà des apparences, la dignité de chacun à être aimé, ils voient la réalité de l’amour et que l’autre est son frère, sa sœur. Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous :

« Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli; j’étais nu, et vous m’avez habillé; j’étais malade, et vous m’avez visité; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi! » Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu…? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire? (…)   Il leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait.” (Mt 25, 35-37.45)

“En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous.”

  1. D.C