22 août, Mt 22, 34-40 : L’amour d’en haut mène à la vie éternelle.

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Évangile :
Les pharisiens, apprenant que Jésus avait fermé la bouche aux sadducéens, se réunirent, et l’un d’eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l’épreuve : « Maître, dans la Loi, quel est le plus grand commandement? »
Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Tout ce qu’il y a dans l’Écriture,- dans la Loi et les Prophètes,- dépend de ces deux commandements. »
Commentaires :
Les diverses autorités religieuses harcèlent Jésus de questions pour le mettre à l’épreuve. « Non, rien n’est sûr dans leur bouche, en leur fond il n’y a que ruine, leur gosier est un sépulcre béant, mielleuse se fait leur langue. » (Ps 5:9) Les pharisiens avaient bien tenté de le prendre en défaut politiquement en l’interrogeant sur l’impôt à César. : « Maître, nous savons que tu es véridique et que tu enseignes la voie de Dieu en vérité sans te préoccuper de qui que ce soit, car tu ne regardes pas au rang des personnes. Dis-nous donc ton avis : Est-il permis ou non de payer l’impôt à César? » (Mt 22,16-17) Jésus n’est pas dupe de leur langue mielleuse, il connaît bien leur hypocrisie. Il leur apprendra à bien distinguer ce qui tient d’en bas et ce qui tient d’en haut : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est Dieu. » (Mt 22, 21) Jean Baptiste ne leur avait-il pas crié dans le désert de ne pas confondre le roi d’en bas et le roi d’en haut : « Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous; celui qui est de la terre est terrestre et parle en terrestre. Celui qui vient du ciel témoigne de ce qu’il a vu et entendu, et son témoignage, nul ne l’accueille. » (Jn 3, 31-32) Les pharisiens n’écoutent pas Jésus, ils veulent le faire taire et pour cela, ils cherchent par tous les moyens à le piéger pour le faire mourir. Ils n’accueillent pas celui qui vient d’en haut pour les faire renaître de l’Esprit afin de les libérer de cette emprise de la mort et du mal. « Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne t’étonne pas, si je t’ai dit : Il vous fait naître d’en haut » (Jn 3, 6-7)
Ils n’entendent rien à la parole de vie, ceux qui cherchent à donner la mort, ceux qui creusent des pièges pour faire tomber le prochain.
Une ronde infernale des différents groupes d’en bas se succédera pour piéger Jésus.
Les sadducéens qui disent qu’il n’y a pas de résurrection viendront à Jésus en posant un problème à la manière d’en bas en demandant ce que serait la solution en haut. Ils attendent une réponse comme si en haut tout se passait comme en bas : « Vous êtes dans l’erreur, en ne connaissant ni les Écritures ni la puissance de Dieu. À la résurrection, en effet, on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme des anges dans le ciel. Quant à ce qui est de la résurrection des morts, n’avez-vous pas lu l’oracle dans lequel Dieu vous dit : Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob? Ce n’est pas de morts, mais de vivants qu’il est le Dieu! » (Mt 22, 30-32) Les sadducéens demeurent muets devant la réponse de Jésus. Ils voient que pour comprendre le monde d’en haut, ils devraient venir d’en haut. La fausseté de la manière dont ils réfléchissent au monde de Dieu est démasquée. Qui peut parler de Dieu sinon Dieu lui-même. « Vous, vous êtes d’en bas; moi, je suis d’en haut. Vous, vous êtes de ce monde; moi, je ne suis pas de ce monde. » (Jn 8, 23)
Les pharisiens qui croient à la résurrection des morts apprennent que Jésus avait fermé la bouche aux sadducéens, ce qu’eux n’arrivaient pas à faire dans les discussions à ce sujet avec eux. Ils décident donc de revenir à l’assaut pour piéger Jésus sur un point de la Loi. « Maître, dans la Loi, quel est le plus grand commandement? » S’ils avaient retenu la leçon de Jésus sur l’impôt à César, ils n’auraient pas posé une telle question. Si Jésus enseigne de rendre à Dieu ce qui revient à Dieu, ne répondra-t-il pas que tout notre cœur doit lui revenir, nous qui recevons tout de Dieu, la vie, le mouvement et l’être, lui en qui nous subsistons.
Jésus les écoute patiemment et répond : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. » Les pharisiens pensent bien connaître celui qui leur répond, et pourtant ils s’adressent à celui qu’ils devraient aimer de tout leur cœur, de toute leur force, de toute leur âme : « Vous me connaissez et vous savez d’où je suis; et pourtant ce n’est pas de moi-même que je suis venu, mais il m’envoie vraiment, celui qui m’a envoyé. Vous, vous ne le connaissez pas. Moi, je le connais, parce que je viens d’auprès de lui et c’est lui qui m’a envoyé. » (Jn 7, 28-29)
Les pharisiens ne sortent pas de leur manière de voir la loi d’en bas : « Ce peuple m’honore des lèvres, mais leur coeur est loin de moi. Vain est le culte qu’ils me rendent : les doctrines qu’ils enseignent ne sont que préceptes humains. » (Mt 15, 8-9) Leur cœur est tout entier en bas. Ils ont fabriqué un « veau d’or » avec la loi. Comment pourraient-ils accueillir le vrai Moïse, celui par qui viennent la grâce et la vérité? « Car la Loi fut donnée par Moïse; la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. Nul n’a jamais vu Dieu; le Fils unique, qui est tourné vers le sein du Père, lui, l’a fait connaître. » (Jn 1, 17-18)
Celui qui vient du Père, ils l’interrogent pour le piéger. Où est cet amour de Dieu et du prochain dont dépend tout ce qu’il a dans l’Écriture dans ces docteurs de la Loi et des Prophètes? Ils demeurent sourds et aveugles à celui qui vient de la part de Dieu pour réconcilier le ciel et la terre, le haut et le bas dans l’amour.
« Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera et vous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles; et la parole que vous entendez n’est pas de moi, mais du Père qui m’a envoyé. » (Jn 14, 23-24)
« Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos coeurs. » (He 4, 7) Il ne faut pas endurcir son cœur au son de la voix de celui qui remet en question notre monde d’en bas pour l’ouvrir vers la vie par sa mort. Il faut des chercheurs d’amour et de vérité pour reconnaître sa voix et l’écouter, pour entendre son amour.
« Or Jésus, poussant de nouveau un grand cri, rendit l’esprit. Et voilà que le voile du Sanctuaire se déchira en deux, du haut en bas; » (Mt 27, 50-51)
« C’est maintenant le jugement de ce monde; maintenant le Prince de ce monde va être jeté dehors; et moi, une fois élevé de terre, j’attirerai tous les hommes à moi. » (Jn 12, 32) Que ton amour sur la croix déchire le voile de nos yeux de haut en bas afin de contempler ton amour et t’aimer à chaque instant de notre vie, de tout notre cœur, de toute notre âme et de tout notre esprit.
NDC