22 janv, Mc 3, 13-19 : Jésus gravit la montagne comme il monte sur la croix

 In Méditer les écritures

Évangile :

Jésus gravit la montagne, et il appela ceux qu’il voulait. Ils vinrent auprès de lui, et il en institua douze pour qu’ils soient avec lui, et pour les envoyer prêcher avec le pouvoir de chasser les esprits mauvais.

Donc, il institua les Douze : Pierre (c’est le nom qu’il donna à Simon), Jacques, fils de Zébédée, et Jean, le frère de Jacques (il leur donna le nom de « Boanerguès », c’est-à-dire « Fils du Tonnerre ».), André, Philippe, Barthélémy, Matthieu, Thomas, Jacques fils d’Alphée, Thaddée, Simon le Zélote, et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra.

Commentaires :

Qui ne se pose pas la question sur ce qu’il fait sur terre? Ai-je une chose particulière à y faire, à accomplir? En posant la question ainsi, nous sous-entendons qu’il y a Quelqu’un qui est à l’origine de l’Univers et que ce Créateur veille à ce que son monde parvienne à la plénitude. Pour que le tout de la création atteigne sa maturité de vie, chaque partie doit remplir sa mission pour le bien de tous. Nous le savons bien, dans notre corps, toutes les parties participent au bien-être de tout le corps. Un petit mal de tête et c’est toute la personne qui se trouve perturbée. Ainsi pour l’ensemble de l’univers, chaque partie selon sa fonction coopère au maintien de la vie de l’ensemble.

Le Créateur n’a pas entrepris l’univers de rien pour le laisser retourner au rien. Comment pourrait-il oublier le regard d’Éve dans le jardin d’origine? Oublierait-il ce moment ou, avec tellement de soin et de tendresse, il a fait voir le jour à Adam et lui a confié la mission de veiller sur la création qu’il mettait à son service? « À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles, que tu fixas, qu’est donc le mortel, que tu t’en souviennes, le fils d’Adam, que tu le veuilles visiter? À peine le fis-tu moindre qu’un dieu; tu le couronnes de gloire et de beauté, pour qu’il domine sur l’oeuvre de tes mains; tout fut mis par toi sous ses pieds, brebis et boeufs, tous ensemble, et même les bêtes des champs, l’oiseau du ciel et les poissons de la mer, quand il va par les sentiers des mers. Yahvé, notre Seigneur, qu’il est puissant ton nom par toute la terre! » (Ps 8, 4-9)

Qui peut croire que le cri du malheureux qui meurt de faim n’est pas entendu? Qui peut penser que le gémissement de l’enfant dans les bras de sa mère en pleurs ne parvient pas à l’oreille de celui qui a façonné l’un et l’autre? « Le pauvre n’est pas oublié jusqu’à la fin, l’espoir des malheureux ne périt pas à jamais. » (Ps 10, 19) « Si mon père et ma mère m’abandonnent, Yahvé m’accueillera. » (Ps 27, 10) Dieu est à l’affût, il n’abandonne pas le moindre de ses enfants aux dents du lion à l’affût. Il veille non pour dévorer, violenter, se venger. Comment le Dieu tout amour, rien qu’amour, le Dieu vie, rien que vie, pourrait-il fomenter le crime, répandre la mort, la maladie? Toute cette obscurité qui éloigne de la lumière est vomie par celui qui est père du mensonge, ce mensonge horrible qui fait croire que nous sommes là pour rien, que nous sommes des êtres perdus entre deux abîmes, qu’aucun amour veille sur nous et nous ne sauvera. N’avez-vous jamais entendu ce mensonge qui dit en silence… ‘Profite de la vie, sois indifférent aux autres, il n’y a qu’une vie, profites-en!’ Ce monde est une jungle et c’est la loi du plus fort qui la régente. Il n’y a pas de justice, le voleur et sa victime seront côte à côte dans la tombe, le saint et l’assassin auront la même fin et le même destin. N’avez-vous pas entendu ce mensonge qui affirme que s’il y a un Dieu amour, pourquoi les guerres, les millions d’affamés, les maladies? Ce que l’assassin n’entend pas en prenant la vie de son prochain, ce que la victime ne voit en suppliant, c’est l’amour de Dieu qui n’est qu’amour qui intervient. Pierre, son compagnon, que Jésus établi pierre de fondation de son Église ne trouvera-t-il pas la mort sous la main d’assassins? Est-ce que Jésus est indifférent à sa souffrance, à sa mort? Dieu intervient pour celui qui porte le glaive et aussi pour celui reçoit le coup mortel! Dieu est amour et sa réponse à tous nos maux sera toujours amour et amour, et amour. Pensez-vous que Pierre qui se refusait à entendre Jésus parler de sa croix a refusé de monter sur la sienne lorsqu’il a saisi la lumière de cet amour? Il se trouvait indigne de mourir comme Jésus par amour pour les autres, il a voulu être placé la tête en bas sur la croix. Un immense obélisque sur la place Saint-Pierre marque cet endroit de la grande noce de Pierre et Dieu en Jésus-Christ.   « Génération mauvaise et adultère! Elle réclame un signe, et de signe, il ne lui sera donné que le signe du prophète Jonas. De même, en effet, que Jonas fut dans le ventre du monstre marin durant trois jours et trois nuits, de même le Fils de l’homme sera dans le sein de la terre durant trois jours et trois nuits. » (Mt 12, 39-40) Il n’y aura d’autre signe de cet amour incommensurable, démesuré de Dieu, que le Christ qui montera sur la croix et descendra dans la mort pendant trois jours pour ressusciter afin d’assurer le triomphe définitif de la vie sur la mort, de l’amour sur la haine, de la paix sur toutes les violences, de la justice sur toutes les injustices. Ne craignez rien pour l’enfant qui pleure dans les bras du monstre du non-partage, il reviendra à la vie et il l’aura en plénitude pour l’éternité.

Jésus gravit la montagne, comme il montera sur la croix et du haut de cette montagne, il appelle des hommes pour les donner à l’humanité afin de la servir. Ainsi du haut de sa croix, il nous donne sa mère et il donne à sa mère son disciple pour que l’amour ne passe pas dans cette Église qu’il enfante par son cœur transpercé. Qui peut comprendre tant d’amour sans mourir de ne pas mourir dans l’adoration de ce Fils de Dieu qui se livre pour nous?

Jésus gravit la montagne, lui qui est descendu du ciel. Il amorce sa recréation sans rien détruire de ce qu’il a créé. Il tire de son côté cette Église et il donne à chacun qu’il appelle à lui pour tous les autres, un nom nouveau, lui le Nouvel Adam de la nouvelle création. Quelle merveille se passe sous nos yeux d’assister ainsi à cette construction faite de la main de Dieu pour nous donner un refuge de lumière en ce monde d’obscurité.

Écoutez les noms des Douze : Pierre (c’est le nom qu’il donna à Simon), Jacques, fils de Zébédée, et Jean, le frère de Jacques (il leur donna le nom de « Boanerguès », c’est-à-dire « Fils du Tonnerre ».), André, Philippe, Barthélémy, Matthieu, Thomas, Jacques fils d’Alphée, Thaddée, Simon le Zélote, et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra. Écoutez et vous entendrez votre nom, ce nom du jour de votre baptême où vous avez été plongé dans sa mort pour ressusciter avec lui. Écoutez et allez enseigner la bonne nouvelle et criez que Dieu est Amour, que l’amour aura le dernier mot, que les pleurs cesseront, que les cris de joie se feront entendre de partout sur la terre, sur les mers et que l’éternité ne suffira pas pour rendre grâce à tant d’amour et pour adorer le Dieu vivant qui est Père, notre Père.

NDC