22 juin, Mt 6,7-15 : Dieu se fait mendiant et demande à nous vivre!

 In Méditer les écritures

Évangile :

Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés.
Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin avant même que vous l’ayez demandé.
Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié.
Que ton règne vienne; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Remets-nous nos dettes, comme nous les avons remises nous-mêmes à ceux qui nous devaient.
Et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du Mal.
Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi.
Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, à vous non plus votre Père ne pardonnera pas vos fautes.

Commentaires :

« Dieu, notre Dieu, s’est fait mendiant et demande à nous vivre. »[1] Dieu se fait mendiant pour nous demander de l’accueillir afin de nous faire ses enfants. Dieu nous prie de recevoir la lumière de vie de son Fils qu’il livre pour nous en rançon. « Allons! Un peu d’ardeur, et repens-toi! Voici, je me tiens à la porte et je frappe; si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi. » (Apo 3, 19-20) Allons, nous mendie-t-il, reconnaissez votre manque d’intelligence à discerner à chaque instant le bien du mal, le bon du mauvais, le vrai du faux. Allons, reconnaissez votre manque de volonté à partager, à donner de votre temps, à pardonner. Allons, reconnaissez votre manque de mémoire à remercier ceux qui vous font du bien… Laissez-vous vivre afin que je vous libère de tous ces manques pour que vous demeuriez sans cesse dans l’amour et que l’amour habite en vous. Vous pourrez dire avec Saint Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi. » (Gal 2, 20) Vous pourrez entendre Marie sa mère vous affirmer comme Paul que ce n’est plus elle qui vit, mais le Christ Jésus en elle, elle qui l’a porté dans sa chair afin qu’il puisse venir nous prier de le recevoir pour nous faire vivre de sa parole, de sa chair par le don de son sang. Nous entendons mal lorsque Jésus nous demande de sortir de notre mort, en mourant avec celui qui meurt pour nous afin de nous donner la vie. Quitter ce que nous croyons qui nous fait vivre, nous rend difficile de croire en celui qui vient nous donner plus que nous n’oserions jamais demander. Ce n’est pas une vie de centenaire qu’il nous offre, avec la santé, la richesse, la tranquillité. Il nous offre la vie éternelle dans la communion avec tous par lui en nous. Il nous donne une joie que rien ne pourra nous ravir, de l’amour qui fait vivre. « En vérité, en vérité, je vous le dis, non, ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain qui vient du ciel; mais c’est mon Père qui vous le donne, le pain qui vient du ciel, le vrai, car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde. » Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là. » Jésus leur dit : « Je suis le pain de vie. Qui vient à moi n’aura jamais faim; qui croit en moi n’aura jamais soif. Mais je vous l’ai dit : vous me voyez et vous ne croyez pas. » (Jn 6, 32-36) Dieu nous prie de prendre le pain qu’il nous offre, il nous le donne et nous ne le croyons pas. Ce n’est pas de ce pain-là que nous voulons! Nous voulons le pain de la popularité, de la fortune, de la sécurité, de la tranquillité, de la santé… Le pain qui donne la vie éternelle et qui enlève la faim à jamais, nous n’y croyons pas.

« Quand vous priez, ne rabâchez pas comme les païens, ils s’imaginent qu’à force de paroles, ils seront exaucés. » À force de paroles, ils n’entendent pas Dieu mendier de les vivre pour leur donner une richesse plus grande que ce qu’ils demandent avec tant de mots. « Ne vous inquiétez donc pas en disant : qu’allons-nous manger? qu’allons-nous boire? de quoi allons-nous nous vêtir? Ce sont là toutes choses dont les païens sont en quête. Or votre Père céleste sait que vous avez besoin de tout cela. Cherchez d’abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous inquiétez donc pas du lendemain : demain s’inquiétera de lui-même. Chaque jour suffit sa peine. » (Mt 6, 31-34)

Avant de prier pour quoi ce soit, gardez le silence et écoutez Dieu qui vous prie : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, celui qui croit en moi! » selon le mot de l’Écriture : De son sein couleront des fleuves d’eau vive. » (Jn7, 37-38) « En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu’un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. » (Jn 8, 51) Avant de prier, faites silence et regardez Dieu vous mendier de le laisser vous faire vivre de son amour : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera et vous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui. » (Jn 15, 23)

Dieu nous prie de l’aimer, de croire qu’il nous aime et pour cela il livre son Fils pour nous donner sa vie. Il nous reste à accueillir cette vie et à garder précieusement cet amour en nous pour aimer comme il aime et nous aime. « Que dire après cela? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? Lui qui n’a pas épargné son propre Fils, mais l’a livré pour nous tous, comment avec lui ne nous accordera-t-il pas toute faveur? (…)Qui nous séparera de l’amour du Christ? La tribulation, l’angoisse, la persécution, la faim, la nudité, les périls, le glaive? (…) Mais en tout cela nous sommes les grands vainqueurs par celui qui nous a aimés. » (Ro 8, 31-32.35.37) Qui nous séparera de l’amour du Christ? Les soucis du quotidien, la poursuite de la richesse, la quête du pain, le travail, la maladie, le vêtement, les ennuis? Qui nous séparera de l’amour qui nous fait vivre? Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, soyez parfait dans l’amour comme Dieu est parfait dans l’amour! Dieu n’entend que ce qui est amour! Ne rabâchez pas vos mots, ne priez pas Dieu comme si vous étiez devant une statue de plâtre! Ne priez pas comme si vous étiez devant un guichet automatique! Celui qui vous aime ne peut entendre celui qui lui parle comme s’il était un objet. Dieu est amour et il entend le cri de ceux qui l’appellent, il est déjà là devant nous à nous mendier de le laisser vivre en nous : « Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l’homme, afin que quiconque croit ait par lui la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. » (Jn 3, 14-16)

Vous donc, priez ainsi, priez comme Dieu vous prie, il vous pardonne comme vous pardonnez.

Notre Père qui êtes aux cieux et qui êtes venu jusqu’à nous en engendrant votre Fils par l’Esprit Saint dans le sein de la Vierge Marie, pour nous faire renaître de l’eau de son cœur transpercé et de l’Esprit, notre Père, que votre nom soit reconnu Saint devant tant d’amour, que votre nom soit reconnu comme n’étant qu’amour et que le règne de cet amour vienne, que le désir de sa venue brille en nous par l’amour que nous aurons pour tous les autres, que votre volonté, le mouvement de l’Esprit, se fasse et que nous soyons capables d’aller vers tous, ennemis et amis, persécuteurs et flatteurs afin de répandre cette paix.

Donnez-nous notre pain quotidien, ce pain qui nous rend capables de partager avec celui qui n’en a pas, ce pain qui permet de demeurer forts dans l’amour. Pardonnez-nous comme nous pardonnons, donnez-nous de mendier avec vous le cœur des autres afin que votre vie chasse la mort en tous, que votre lumière éloigne les ténèbres et qu’ainsi nous ne soyons pas soumis à la tentation et délivrés de nos manques à vivre le bien, le vrai, le beau, l’unité.

« L’Esprit Saint en effet vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut » (Rm 8, 26).

NDC

[1] Hymne liturgique : Dites-nous d’où souffle le vent