22 sept, Lc 8, 19-21 : Écouter et mettre en pratique la parole pour se reconnaitre aimer éperdument.

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Évangile :

La mère et les frères de Jésus vinrent le trouver, mais ils ne pouvaient pas arriver jusqu’à lui à cause de la foule. On le fit savoir à Jésus : « Ta mère et tes frères sont là dehors, qui veulent te voir. » Il leur répondit : « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique. »

Commentaires :

Quelle sagesse dans ce passage pour exprimer la manière d’être membre de la famille de Jésus! La famille de Jésus ne se réduit pas à une cellule familiale, la multitude est invitée à se régénérer par l’accueil de la parole et à effectuer dans sa personne la génération spirituelle du Christ. Cette régénération de tous ceux qui l’accueillent, n’enlève rien à sa famille dans ce qu’ils sont envers lui, pourvu qu’ils vivent de cette parole de lumière et de vie.

Qui pourrait douter que Marie, la mère de Jésus soit le sommet de l’écoute. Il faut l’entendre écouter l’ange qui lui annonce qu’elle sera mère de Dieu pour s’en convaincre. Une attention à chaque parole et une spontanéité de réponse à ce projet de Dieu, selon ce que les Écritures annonçaient. « Voici, la vierge portera dans le ventre et enfantera un fils, et tu appelleras “Emmanuel”. » (Is 7, 14) Marie était bien à l’écoute de l’Écriture, elle la méditait et la gardait dans son cœur de nuit comme de jour. La salutation de l’ange Gabriel la trouble sur le moment : « Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole elle fut toute troublée, et elle se demandait ce que signifiait cette salutation. » (Lc 1,28-29) Elle se trouble, car son humilité la garde attentive à servir la parole de Dieu et non en s’en servir pour sa gloire personnelle. L’ange qui est esprit voit dans l’esprit de Marie son interrogation sur sa salutation. Il lui répondra : « Sois sans crainte, Marie; car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu concevras dans ton sein et enfanteras un fils, et tu l’appelleras du nom de Jésus. Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut… » (Lc 1, 30-32) Elle reconnaît bien la prophétie d’Isaïe dans cette réponse de l’ange. Portée par son désir de servir tous les âges pour établir le règne de l’amour, de la vérité, de la justice comme elle le chantera à sa cousine Élisabeth dans le Magnificat, elle répond sans hésitation : « Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais pas d’homme? » (Lc 1, 34) Elle ne dit pas : « pourquoi moi, qui suis déjà promise en mariage, serais-je lapidée? » Elle dit : « comment cela sera-t-il? »Marie veut se mettre au service de Dieu immédiatement, sans hésitation, sans souci des conventions, des rumeurs, des condamnations. L’ange lui répond : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre; c’est pourquoi l’être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu’Élisabeth, ta parente, vient, elle aussi, de concevoir un fils dans sa vieillesse… » (Lc 1, 35-36) Marie ne demande pas pourquoi, ni comment l’Esprit Saint engendrera le Fils de Dieu en elle, elle s’en remet à la puissance de son amour en silence. Marie dit alors : « Je suis la servante du Seigneur; qu’il m’advienne selon ta parole! Et l’ange la quitta. » (Lc 1, 38)

Marie est non seulement la matrice du Fils de Dieu dans la chair, elle est la matrice de l’écoute et de l’accueil de la Parole. Elle met cette Parole tellement en pratique que le Verbe en elle se fait chair. Il ne rencontre aucun obstacle à sa croissance dans son sein, lui qui était avant que le monde existe, lui qui est le créateur de celle en qui il grandit.

Jésus reconnaît que sans Marie sa mère, personne ne pourrait entendre sa Parole de vie et la porter pour se faire sa mère, son frère, sa sœur. Elle est bien la mère de Dieu fait chair par la puissance de l’Esprit afin que le Fils de Dieu appelle la maternité de son Église; elle l’annonce. Les disciples de Jésus formeront son Église pour engendrer le Christ Jésus par l’écoute et la pratique de la parole de Dieu. L’Esprit Saint, à qui rien n’est impossible, fera en celui qui accueille la parole de devenir enfant de Dieu, héritier du Royaume, fils du Père éternel. « Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, lui qui ne fut engendré ni du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu. Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu’il tient de son; comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. » (Jn 1, 12-14)

Luc termine les paraboles par cette digression, cette parenthèse sur sa véritable famille. Luc semble vouloir marquer l’importance de l’écoute de la parole et de sa mise en pratique pour faire grandir la foi en l’amour de Dieu. Accéder à la foi d’être aimé de Dieu au point de devenir membre de sa famille, un enfant de Dieu. S’ouvrir à ce don de la foi de Dieu en Jésus par l’écoute et la pratique de sa parole pour produire en nous l’impossible conversion de l’être ancien en être nouveau.

« Augmente en nous la foi. » Le Seigneur dit : « Si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous auriez dit au mûrier que voilà : “Déracine-toi et va te planter dans la mer”, et il vous aurait obéi! » (Lc 17, 5-6) Il ne s’agit pas d’avoir la foi pour changer le paysage extérieur, mais nous changer intérieurement afin que, comme Marie, nous gardions en nos cœurs la parole de Dieu que, comme Marie, nous la méditions pour l’accueillir dans chaque instant où il se donne, pour l’accueillir dans le pain et le vin.

« Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous savons que lors de cette manifestation nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu’il est. » (1 Jn 3, 2)

NDC