23 janv, Mc 3, 20-21 : Qui a perdu la tête?

 In Méditer les écritures

Évangile :

Jésus entre dans une maison, où de nouveau la foule se rassemble, si bien qu’il n’était même pas possible de manger. Sa famille, l’apprenant, vint pour se saisir de lui, car ils affirmaient : « Il a perdu la tête. »

Commentaires :

Après avoir gravit la montagne pour instituer douze apôtres afin de multiplier son action auprès de cette multitude qu’il vient sauver du mal qui divise et de la mort qui isole à jamais, Jésus redescend vite dans la plaine pour aller se donner à ce monde tant aimé du Père : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. » (Jn 3, 16-17) Le monde est aimé de Dieu, chaque personne qui naît en ce monde est aimée de Dieu, chacune est l’objet de ses soins avant même qu’elle voie le jour, de sa tendresse inimaginable. Il a pour chacune un dessein d’amour pour la conduire en sécurité dans ses bras pour l’éternité, là où la joie ne peut être ravie, là où l’amour est plénitude à chaque instant, là où le passé devient gratitude et le futur n’est pas attendu, car chaque instant est plénitude débordante de vie et de joie. Dieu a tant aimé le monde, Dieu aime tant le monde et le monde ne saisit pas cet amour. Lui qui était avant que le monde fût, vient parmi les siens pour se donner à ce monde afin que les gens puissent avoir à donner à Dieu, Celui qui vient de Dieu et ainsi retrouver le pardon pour voir ce qu’ils n’arrivent pas à saisir de cet amour. Qui peut ainsi se donner pour qu’on lui offre ce qu’il nous donne pour rembourser la dette envers le Père? Pour donner la vie à un mourant, Dieu donne le cœur de son Fils à ce mourant afin qu’avec ce cœur, il puisse reconnaître celui qui lui fait ce don et l’aimer. Incroyable amour! Qui peut le voir cet amour en voyant Jésus redescendre avec empressement de la montagne avec son armée de pauvres pour l’assister dans le don du don de sa vie? Qui peut le voir descendre du ciel et se cacher dans une mangeoire pour s’offrir en repas? Il pouvait de sa lumière éclabousser terre et ciel, inonder les consciences et les cœurs, mettre à genoux le moindre atome. Il pouvait faire passer la réalité non apparente au-dessus de la réalité apparente pour se faire connaître et faire proclamer à toute langue sa gloire.

Non, l’amour ne s’impose pas. Il n’y pas d’amour sans liberté. « L’amour prend patience; l’amour rend service; l’amour ne jalouse pas; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil; il ne fait rien de malhonnête; il ne cherche pas son intérêt; il ne s’emporte pas; il n’entretient pas de rancune; il ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. L’amour ne passera jamais. » (1 Co 13, 4-8) Tout ce qui n’est pas amour disparaîtra, l’amour est vérité et la vérité est lumière et la lumière triomphera sur les ténèbres. C’est en s’élevant sur la croix qu’il fera briller sa lumière et que les ténèbres deviendront ténèbres aux yeux de tous et que la lumière retrouvera son chemin dans le cœur en roulant la pierre du tombeau.

Jésus gravit la montagne et il redescend dans la plaine pour venir manifester son amour, pour venir témoigner de la vérité de l’amour pour chacun, les morts comme les vivants. Il entre dans une maison à Capharnaüm, la maison de Pierre et d’André. La foule se rassemble autour comme attirée par une chaleur réconfortante qu’elle ne voit pas et qu’elle ressent. Les gens ont entendu parler de tous les malades recouvrant la santé, des esprits mauvais qui fuyaient. Un espoir s’est levé dans le cœur des malades, une espérance même trace ses premiers rayons dans les âmes. La peur perd de son emprise sur le futur, l’amour reprend ses droits sur le doute. Plusieurs osent quitter leurs occupations lucratives pour voir celui qui apporte cette lumière dans le cœur.

Pourtant en voyant ce jeune homme, plusieurs ne parviennent pas à voir celui sur qui l’on a dit tant de choses merveilleuses. N’est-ce pas un enfant de pauvre dans une mangeoire d’animaux? N’est-ce pas le fils du charpentier dans l’atelier de son père? N’est-ce pas cet homme qui est venu réparer mon toit, construire ma maison?

« Vous me connaissez et vous savez d’où je suis; et pourtant ce n’est pas de moi-même que je suis venu, mais il m’envoie vraiment, celui qui m’a envoyé. Vous, vous ne le connaissez pas. Moi, je le connais, parce que je viens d’auprès de lui et c’est lui qui m’a envoyé. » Ils cherchaient alors à le saisir, mais personne ne porta la main sur lui, parce que son heure n’était pas encore venue. » (Jn 7, 28-30)

La lumière de Dieu brille dans les ténèbres de manière non apparente aux yeux de la réalité apparente, là où le mensonge peut se faire passer pour une vérité. La croix est lumière et victoire pourtant, dans le monde des apparences, les pharisiens qui voulaient la mort de Jésus se considèrent victorieux sur ce jeune galiléen. « Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes. Et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie. » (Jn 1, 4-5) « Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu. » (Jn 1, 10)

Sa famille ne parvient pas à voir cette lumière qui luit dans les ténèbres. Sa maman n’ignore pas qu’il est aux affaires de son Père, son Jésus. Elle n’ignore pas qu’elle a engendré celui qui l’a créée, mais qui veut l’entendre. Son corps chante sa virginité, malgré la naissance de son fils. Qui veut l’entendre, qui pourrait l’entendre sans lui dire qu’elle a perdu la tête? Joseph son papa n’ignore pas que son fils est celui qui vient du ciel. L’ange lui a bien dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ta femme : car ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit Saint; elle enfantera un fils, et tu l’appelleras du nom de Jésus : car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » (Mt 1, 20-21) Joseph n’est pas homme à oublier, tout comme Marie, il garde en son cœur et médite toutes ses merveilles afin d’entrevoir cette lumière divine par sa foi et de la suivre comme s’il voyait l’invisible.

La famille était indifférente à ce que vivait Joseph et Marie avec leur fils Jésus. Toutefois, de voir l’un des leurs attirer autant de gens autour de lui les inquiète pour leur sécurité. Il ne peut pas être le grand prophète, nous le connaissons, c’est un charpentier, le fils de Marie et de Joseph. Nous ne pouvons leur en faire reproche, car même les maîtres en Israël n’y voient rien. « Es-tu de la Galilée, toi aussi? Étudie! Tu verras que ce n’est pas de la Galilée que surgit le prophète. » (Jn 7, 52)

« Il a perdu la tête. », lui la « Tête de l’Église. » ( Éph 1, 22-23.). Ils ne savent pas ce qu’ils disent, ni ce qu’ils font tout comme ceux qui crucifieront Jésus. Les gens de sa famille veulent se saisir de celui qui vient les libérer des entraves de la mort et du mal, ils veulent se saisir de celui qui vient les attirer dans l’étreinte du Père. Tout comme Hérodiade qui veut se saisir de la tête de Jean Baptiste pour le faire taire et qui l’entendra crier encore plus fort dans le désert de son âme. N’est-ce pas Hérode qui a perdu la tête aux pieds de la fille d’Hérodiade, cette tête qui roule dans la poussière avec toute sa tête sur ses épaules? « Le langage de la croix, en effet, est folie pour ceux qui se perdent, mais pour ceux qui se sauvent, pour nous, il est puissance de Dieu. Car il est écrit : Je détruirai la sagesse des sages, et l’intelligence des intelligents je la rejetterai. Où est-il, le sage? Où est-il, l’homme cultivé? Où est-il, le raisonneur de ce siècle? Dieu n’a-t-il pas frappé de folie la sagesse du monde? Puisqu’en effet le monde, par le moyen de la sagesse, n’a pas reconnu Dieu dans la sagesse de Dieu, c’est par la folie du message qu’il a plu à Dieu de sauver les croyants. » (1 Cor 18-21)

Elle est étroite la porte qui laisse entrevoir la lumière qui vient de Dieu, elle est en forme de croix, cette porte qui permet à Jésus d’entrer dans notre mort et de prendre avec lui tout notre mal pour en ressortir en poussant la porte du tombeau.

« Pour peu de temps encore la lumière est parmi vous. Marchez tant que vous avez la lumière, de peur que les ténèbres ne vous saisissent : celui qui marche dans les ténèbres ne sait pas où il va. Tant que vous avez la lumière, croyez-en la lumière, afin de devenir des fils de lumière. » Ainsi parla Jésus, et s’en allant il se déroba à leur vue. » (Jn 12, 35-36)

« Personne ne se saisit de lui, parce que son heure n’était pas encore venue. » (Jn 8, 20)

NDC