23 sept, Lc 9, 1-6 : N’emportez rien vous avez déjà tout!

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Évangile :

Jésus convoqua les Douze, et il leur donna pouvoir et autorité pour dominer tous les esprits mauvais et guérir les maladies; il les envoya proclamer le règne de Dieu et faire des guérisons.

Il leur dit : « N’emportez rien pour la route, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent; n’ayez pas chacun une tunique de rechange. Si vous trouvez l’hospitalité dans une maison, restez-y; c’est de là que vous repartirez. Et si les gens refusent de vous accueillir, sortez de la ville en secouant la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. »

Ils partirent, et ils allaient de village en village, annonçant la Bonne Nouvelle et faisant partout des guérisons.

Commentaires :

Jésus convoque les Douze et il leur donna pouvoir et autorité pour dominer, dominer les esprits qui combattent la justice, la paix et l’unité dans l’amour. Il leur donne pouvoir de guérir les maladies que l’esprit de mort insinue dans les esprits en les convainquant que l’être humain est fait pour la mort, qu’il est seul dans ce monde et qu’il doit profiter sans souci des autres du temps de son unique et brève existence. Guérir les maladies de l’individualisme, de l’égoïsme, de l’indifférence à l’égard des autres, du mépris, de la violence, de tout ce qui divise et qui isole de la communion avec les autres par celui qui vient la réaliser en se livrant pour chacun. Le règne de Dieu est là. Il est terminé le temps de la haine, une source vive va jaillir du cœur de Dieu par son Fils et transformer cette vallée de larmes en un jardin où règne une joie que rien en ce monde ne peut ravir à celui qui en vit.

Jésus convoque et envoie ses disciples avec pouvoir et autorité sur les esprits mauvais par l’Esprit de Dieu, avec pouvoir d’apporter la guérison à ceux qui attendent le médecin divin. Il leur donne un pouvoir et autorité sur le mal et le mensonge, mais il les garde bien de leur donner pouvoir sur la dimension intérieure de l’être humain. Jésus a toujours usé d’une patience et d’une douceur désarmée envers Judas, malgré qu’il sache son intention de le livrer. Jusqu’à la fin, il interpellera Judas à le soigner de son esclavage et cela sans le contraindre. Judas refusera les soins de Jésus, convaincu que dans le groupe, il était le plus en santé de tous.

« Celui à qui je donnerai un baiser, c’est lui; arrêtez-le. » Et aussitôt il s’approcha de Jésus en disant : « Salut, Rabbi! », et il lui donna un baiser. Mais Jésus lui dit : « Ami, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme. » (Mt 26, 49-50)

Jésus donne pouvoir et autorité sur les esprits mauvais et sur les maladies qui nous retiennent éloignés de l’Esprit de Dieu, seul Esprit capable de nous garder dans l’amour de Dieu et des autres et de marcher dans la joie vers le Royaume de la vie éternelle.

Ainsi « à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, lui qui ne fut engendré ni du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu. » (Jn 1, 12-13)

Jésus envoie des disciples pour l’annoncer afin d’offrir d’accueillir le Fils du Dieu vivant pour devenir enfant de Dieu par lui, avec lui et en lui. Une immense construction se dessine à l’horizon, ayant pour fondation les apôtres, une construction où chacune des pierres est vivante et bien soudée à celles qui l’entourent, par Jésus, la pierre angulaire de toute cette maison de Dieu sur la terre, sous la terre et dans le ciel.

Il faut faire silence pour entendre le « oui » de celle qui a accueilli en son sein, ce Dieu d’amour qui voulait prendre chair afin de nous sauver. Il faut écouter en regardant les étoiles et vous entendrez ce « oui » libre jaillit de son âme exaltante, il brille dans le ciel comme une étoile, mais c’est un son qui scintille et nous invite avec supplication à dire « oui » avec elle au dessein d’amour du Père.

Marie n’avait rien pour la route lorsqu’elle partit apporter son aide à Élisabeth qui dans sa vieillesse, était enceinte de six mois. Elle n’avait rien, ni besace, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent et pourtant elle avait tout, car en elle, elle portait le Tout-Puissant, celui par qui elle subsistait. Il germait en elle à chaque instant et elle courait le porter au monde en silence pour mieux l’écouter et se laisser pousser par l’Esprit qui l’avait couverte de son ombre.

« En ces jours-là, Marie partit et se rendit en hâte vers la région montagneuse, dans une ville de Juda. Elle entra chez Zacharie et salua Élisabeth. » (Lc 1, 39-40) Quel accueil a-t-elle reçu par Élisabeth malgré son dépouillement et son jeune âge! Les esprits mauvais ne parvenaient pas à polluer cette joie qui étincelait en Marie. Ni pluie, ni tempête ne pouvaient ralentir son pas, obscurcir son âme. Marie était libre de toute inquiétude, elle avançait sans crainte des menaces que sa maternité pouvait lui apporter au regard des hommes.

Jésus pense à sa mère assurément en disant à ses disciples de ne rien emporter, rien, pour qu’ils n’oublient pas qu’ils ont tout en eux. Oubliez-vous entièrement pour vous établir en moi, immobiles et paisibles, et que la joie sorte par la moindre de vos cellules, par vos yeux et vos oreilles, par votre pas, votre sourire. Oubliez de respirer afin que le souffle de Dieu se substitue à votre souffle. Oubliez tout pour ne penser que par l’Esprit qui vous guidera là où quelqu’un veut renaître à la vie, là où un malade veut retrouver la vie.

Si vous frappez à une porte et que l’on vous refuse l’hospitalité, ne murmurez pas et n’offrez aucun regard d’hostilité, au contraire, montrez de la douceur afin de témoigner de la lumière que vous portez et qu’ainsi se grave en leur mémoire cette rencontre. Ainsi, au moment favorable, ces gens inhospitaliers qui auront trouvé refuge en votre cœur se tourneront vers cette lumière de vie.

N’emportez rien pour tout donner le Tout qui vous donne tout à chaque instant afin que votre joie redonne vie, là où la mort a pris racine. Secouez la poussière, cette poussière d’où nous venons et où nous retournions avant la venue de celui qui nous libère de la poussière de la mort et nous fait renaitre à la vie éternelle. Secouez-la bien de vos pieds pour n’avoir rien d’autre que la vie de celui qui fait vivre à donner à tous ceux qui gisent dans la poussière et l’ombre de la mort.

Il faut partir aujourd’hui, tout de suite pour annoncer la Bonne Nouvelle, dépouillé de tout ce qui est mort et revêtu de la lumière de la vie de Jésus qui se dépouille de tout pour tout nous donner en se livrant pour nous.

NDC