24 juillet, Mt 13, 18-23 : Le Créateur se fait semeur!

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Évangile :

Jésus disait à ses disciples : « Écoutez ce que veut dire la parabole du semeur. Quand l’homme entend la parole du Royaume sans la comprendre, le Mauvais survient et s’empare de ce qui est semé dans son cœur : l’homme c’est le terrain ensemencé au bord du chemin. 

“Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux, c’est l’homme qui entend la Parole et la reçoit aussitôt avec joie; mais il n’a pas de racines en lui, il est l’homme d’un moment : quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole, il tombe aussitôt.

‘Celui qui a reçu la semence dans les ronces, c’est l’homme qui entend la Parole; mais les soucis du monde et les séductions de la richesse étouffent la Parole, et il ne donne pas de fruit.

‘Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est l’homme qui entend la Parole et la comprend; il porte du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un.’

Commentaires

Écoutez, faites silence de tous les bruits pour entendre tomber la semence de la bouche Fils de Dieu, le Verbe fait chair, pour accueillir sa parole de vie et la laisser croitre sous le soleil du dessein d’amour du Père Créateur. 

Le Créateur se fait semeur par son Fils engendré dans notre chair afin de nous régénérer. Mais pourquoi le Père qui par sa Parole peut tout créer de rien se fait-il cultivateur en ce monde qui subsiste par lui? Il peut à l’instant déplacer les montagnes et les jeter à la mer, comme il peut tout autant créer des milliers d’arbres aux fruits débordants, il peut faire se lever de grands champs de blé prêts à la moisson et pourtant il n’en fait rien. 

Mais pourquoi le Père se réduit-il ainsi à se faire semeur? Ne pourrait-il pas abandonner cette terre et ses habitants qui en ont fait un désert où plus rien ne peut vivre sans mourir? Non, il ne la délaisse pas malgré qu’il en est chassé par ses créatures qui se tournent vers des idoles qui ne peuvent rien pour faire pousser un grain de moutarde ou assécher une goutte de pluie. ‘Leurs idoles, or et argent, une oeuvre de main d’homme! Elles ont une bouche et ne parlent pas, elles ont des yeux et ne voient pas, elles ont des oreilles et n’entendent pas, elles ont un nez et ne sentent pas. Leurs mains, mais elles ne touchent point, leurs pieds, mais ils ne marchent point, de leur gosier, pas un murmure! Comme elles seront ceux qui les firent, quiconque met en elles sa foi.’ (Ps 115, 4-7)

Non, il ne l’abandonne pas et de ce désert il fera refleurir la vie et de ces cœurs tortueux, il redressera le chemin. 

Mais comment fera-t-il un tel prodige de bonté envers autant de cœurs ingrats qui n’ont d’intelligence que pour l’or et l’argent? Nous sommes devant trop d’amour gratuit pour avoir les mots pour en rendre compte, car sa Parole de vie, ce ne sont pas des mots, c’est son Fils et ce Fils, il l’engendra parmi nous afin que par ce don, il puisse  nous engendrer à nouveau. 

‘Au commencement était le Verbe et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu. Il était au commencement avec Dieu. Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut. (…) Le Verbe était la lumière véritable, qui éclaire tout homme; il venait dans le monde. Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu. (…) Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous… » (Jn 1, 1-3. 9-10.14)

Le Créateur envoie son Fils en qui il demeure, comme son Fils demeure en lui par le lien du Saint-Esprit. Le Père créateur du ciel et de la terre et de tout ce qui y vit se fait semeur de paroles de vie par la bouche de son Fils qui a revêtu notre condition pour nous sauver de l’emprise de la mort qui transforme tout en désert.

Écoutez, faites silence pour bien écouter le vacarme mélodieux de l’amour que Dieu le Père nous manifeste. Un tsunami est une brise à comparer avec le fleuve d’amour que Dieu répand sur nous en son Fils : ‘Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. » (Jn 3, 16-17)

Écoutez et laissez agir cet amour qui ne ménage rien, qui se donne tout entier pour changer nos cœurs de pierre en cœurs de chair, nos esprits enlisés au-dehors en esprits qui voient que la vie est plus précieuse que l’univers entier. 

Celui qui a tout créé de rien pour notre bonheur se dépouillera de tout, pour tout nous donner de sa vie et nous régénérer par sa parole. 

Écoutez, faites silence pour entendre la parole de vie et vous faire un cœur tendre pour qu’elle puisse s’y enfoncer, mourir, s’y enraciner et faire surgir cet arbre de vie qui a les apparences de la mort en ce monde et qui pourtant est l’arbre de la vie éternelle. ‘Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous saurez que Je Suis et que je ne fais rien de moi-même, mais je dis ce que le Père m’a enseigné, et celui qui m’a envoyé est avec moi; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui plaît. » (Jn 8, 28-29)

‘Où est leur Dieu? » Notre Dieu, il est dans les cieux, tout ce qui lui plaît, il le fait. » (Ps 115, 2-3) Notre Dieu nous recrée en s’offrant lui-même pour nous dans notre chair, en prenant sur lui de nous réconcilier avec lui pour ne pas nous abandonner à des idoles sans amour et sans vie. 

Jésus disait à ses disciples : ‘Écoutez ce que veut dire la parabole du semeur. Quand l’homme entend la parole du Royaume sans la comprendre, c’est qu’il ne  n’entend pas son cri d’amour en contemplant sa croix où il n’y a plus rien d’intact en sa chair, en ses os, en son visage, en son âme, en son cœur. Il ne veut pas entendre parce qu’il a peur de tout perdre avec lui en s’offrant avec lui par amour pour lui qui nous aime et pour ceux pour qui il se donne. Quand l’homme détourne son regard du témoignage d’amour du Père par le don de son Fils et le lien de l’Esprit, le Mauvais survient pour faire briller l’éclat des richesses qui passent et s’emparer de cette semence de vie. 

Écoutez, faites silence pour ne pas laisser la musique qui passe vous empêcher de goûter le chant de la source de vie éternelle, le doux ruissellement du fleuve coulant du cœur transpercé du Christ sur la croix. 

Écoutez et ne laissez pas le son du marteau le clouant sur la croix vous enlever votre joie de tant d’amour de renoncement pour vous. Demeurez là pour le réconforter de vous voir accueillir son don qui vous sauve. La vraie joie est en lui et elle n’est pas comme la joie que le monde donne, cette joie vacillante que la mort à chaque instant peut nous arracher dès notre naissance. Il faut entrer dans la joie de mourir d’amour pour les autres avec celui qui meurt d’amour pour nous sans rien attendre en retour que de nous voir grandir et vivre éternellement. 

Écoutez et ne laissez pas les bruits du monde enfouir la parole de vie sous ses rires et ses moqueries, sous l’éclat de ses plaisirs. ‘Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais à ton nom rapporte la gloire, pour ton amour et pour ta vérité! Que les païens ne disent, ‘Où est leur Dieu? ’ Notre Dieu, il est dans les cieux, tout ce qui lui plaît, il le fait. » (Ps 115, 1-3) Et ce qui lui plaît c’est de nous aimer et c’est ce qu’il fait en se livrant pour nous afin que nous ayons la vie en abondance et que nous portions les fruits de l’Esprit qui sont les fruits de son amour, indicible, inépuisable, inexplicable, incommensurable, ineffable…

Écoutez, faites silence, non pour le silence et ne rien entendre, faites silence pour entendre la semence qui tombe et écoutez-la grandir pour y cueillir les fruits qui nous donneront la force d’adorer ce Dieu d’amour et d’aimer notre prochain comme il nous a aimés. 

NDC