24 mai, Jn 16, 12-15 : L’esprit rencontre ses limites sans l’Esprit.

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Évangile :

« J’aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous n’avez pas la force de les porter.
 Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : il redira tout ce qu’il aura entendu; et ce qui va venir, il vous le fera connaître.
 Il me glorifiera, car il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.
 Tout ce qui appartient au Père est à moi; voilà pourquoi je vous ai dit : Il reprend ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »

Commentaires :

Il était impossible de discuter de bactéries, de microbes, de virus ou d’énergie atomique pendant plusieurs siècles de notre histoire. Les gens n’entendaient rien au un monde microscopique. Le fait que de petits organismes imperceptibles à l’œil nu pouvaient exister dans le corps humain comme dans la nature et se combattre en nous à l’insu de notre perception était inimaginable!

Notre incapacité à comprendre cette réalité n’empêchait pas le monde microscopique d’exister et de jouer son rôle dans la nature malgré notre ignorance. Le réel ne s’ajuste pas au gré de nos perceptions, il existe indépendamment de notre regard. Nous savons bien aujourd’hui que ce que nous ignorons est beaucoup plus important que ce que nous connaissons. La durée de vie de nos satellites ne suffit pas pour franchir les distances afin d’observer ce que nous n’avons encore jamais vu dans les profondeurs de l’espace. Ce que nous ignorons s’étend sous nos yeux à perte de vue, non seulement dans les cieux, mais sur notre planète même, et dans le monde microscopique tout autant.

Si la réalité matérielle nous demande des siècles pour la connaître de manière infime sans jamais pouvoir la saisir dans sa plénitude, combien bien plus la réalité spirituelle que nous ne pouvons disséquer sous nos scalpels, ni explorer avec nos satellites et microscopes, combien plus cette réalité hors du temps et de l’espace, nous dira nos limites. Nous pourrons, comme certains le prétendent, réduire l’être humain qu’à la matière pour nous détourner de cette limite, pourtant ces réducteurs ne pourront s’empêcher, un jour ou l’autre de leur vie, de dire un « je t’aime pour l’éternité » à un être cher. Mais pourquoi tous ces « je t’aime » qui veulent toujours déborder nos limites de temps et d’espace! Nous sommes prisonniers du temps et de l’espace puisque nous avons des aspirations infinies. Nous voudrions être aimés pour toujours, aimés à jamais. Nous voulons aller toujours plus vite, plus loin et sans nous résigner à travers le temps : nous parvenons à plus de vitesse, à franchir plus de distance. Nous savons aujourd’hui que nous pourrons atteindre la vitesse de la lumière avec notre science au risque de liquéfier notre corps à cette vitesse. Il n’y a que l’Être infini et Éternel qui peut répondre à notre attente intérieure d’amour sans fin que rien ne peut faire taire. Quelle maman peut retenir ses larmes devant son enfant mort? Nos cris de désespoir devant le deuil, la souffrance, la misère nous disent que nous ne sommes pas faits pour la mort et son cortège de douleurs. Tous autant que nous sommes, nous avons droit à la plénitude. Nous avons écrit une charte des droits de l’homme pour nous en convaincre, pourtant combien en sont privés de ces droits? Nous sommes tout aussi limités à établir la justice qu’à connaître l’espace et toutes les planètes.

« Qui donc entre les hommes sait ce qui concerne l’homme, sinon l’esprit de l’homme qui est en lui? De même, nul ne connaît ce qui concerne Dieu, sinon l’Esprit de Dieu. » (1 Co 2, 11) Il n’y a que Dieu pour nous faire accéder à la nature divine auquel nous aspirons, il n’y a que Dieu se faisant homme qui peut faire connaître Dieu à l’homme, celui qui est hors du temps et de l’espace, celui qui est sans commencement et qui est le commencement. Il n’y a que Dieu se faisant chair par l’Esprit de Dieu qui peut nous faire renaître par sa chair qui prendra sur elle notre mort et nos limites à connaître et à aimer pour élever notre nature à la plénitude. « Oui, de sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce pour grâce. Car la Loi fut donnée par Moïse; la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. Nul n’a jamais vu Dieu; le Fils unique, qui est tourné vers le sein du Père, lui, l’a fait connaître. » (Jn 1, 16-18)

Tout comme la durée de notre humanité ne suffirait pas pour connaître l’immensité de l’univers, ni les limites de notre nature, ainsi nous ne pourrions jamais atteindre la plénitude de la vie à laquelle notre cœur aspire sans que Dieu se révèle à nous dans notre nature pour se donner et ainsi nous libérer de ce qui nous sépare et nous fait mourir.

« Si vous ne croyez pas quand je vous dis les choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous dirai les choses du ciel? Nul n’est monté au ciel, hormis celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l’homme, afin que quiconque croit ait par lui la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. » (Jn 3, 12-16) Qui peut comprendre cela sans l’Esprit de Dieu, qui peut saisir le lien entre le serpent élevé au désert par Moïse pour guérir de la morsure du serpent et le Fils de Dieu élevé sur la croix pour nous guérir du mal qui nous tient loin de Dieu? Qui peut nous faire comprendre l’Éternel amour, l’infinie miséricorde, la tendresse du Père pour chacun sinon celui qui vient d’auprès de Dieu?

« Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous saurez que Je Suis et que je ne fais rien de moi-même, mais je dis ce que le Père m’a enseigné, et celui qui m’a envoyé est avec moi; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui plaît. » (Jn 8, 28-29)

« J’aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous n’avez pas la force de les porter. » Pour l’instant, vous ne pouvez les porter, Jésus les portera pour nous et il enfantera sur cette croix l’Église, son Corps, dont il sera la Tête et dont tous ceux qui croiront en lui deviendront les membres, chacun à sa place dans le grand dessein d’amour du Père, par la puissance de l’Esprit. Ce même Esprit qui a engendré le Fils dans le sein de Marie, cet Esprit de vérité dont Jésus vient témoigner pour répondre à nos aspirations de vie, d’amour, de paix, de justice.

Par sa mort et sa résurrection dans la chair, l’Esprit de Dieu peut descendre sur toute chair au nom de Jésus et nous rassembler dans l’unité du Père, du Fils et de l’Esprit.

« Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : il redira tout ce qu’il aura entendu; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. »

L’Esprit fera saisir toute la vérité de l’amour dont nous sommes aimés. Il nous fera voir tout l’amour qu’il y a dans le don du Fils de Dieu sur la croix, dans le don du Fils de Dieu se faisant homme pour nous sauver dans l’intégralité de notre nature. Nous courons à sa suite pour mourir avec lui pour les autres et ressusciter avec lui dans la mort par l’Esprit Saint.

« Celui qui siège sur le trône étendra sur eux sa tente. Jamais plus ils ne souffriront de la faim ni de la soif; jamais plus ils ne seront accablés ni par le soleil, ni par aucun vent brûlant. Car l’Agneau qui se tient au milieu du trône sera leur pasteur et les conduira aux sources des eaux de la vie. Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux. » (Ap 7, 15-17)

Oui, l’Agneau, cet Agneau élevé sur la croix en ce monde, sera sur un trône pour nous établir dans sa paix et sa joie d’amour pour l’éternité.

Nous avons tellement encore à apprendre et pour l’instant nous marchons dans la foi et soyons-en heureux!

NDC