25 juin, Mt 10, 26-33, Ce qui est voilé sera dévoilé

 In Méditer les écritures

Évangile :

Jésus disait aux douze apôtres : « Ne craignez pas les hommes; tout ce qui est voilé sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu Ce que je vous dis dans l’ombre, dites-le au grand jour ; ce que vous entendez dans le creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent pas tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. Est-ce qu’on ne vend pas deux moineaux pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même vos cheveux sont tous comptés. Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus que tous les moineaux du monde. Celui qui se prononcera pour moi devant les hommes, moi aussi je me prononcerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. »
Commentaires :

«  Quant à Pierre, il le suivait de loin, jusqu’au palais du Grand Prêtre; il pénétra à l’intérieur et s’assit avec les valets, pour voir le dénouement. » ( Mt 26, 58) Pierre a si peur, lui le courageux qui se disait prêt à mourir avec lui. Il craint les hommes, il craint ces inconnus qui peuvent mettre la main sur lui et le frapper. Que peuvent-ils comprendre à ce qu’il vit avec Jésus? Il se souvenait que Jésus leur disait de ne pas avoir peur: « « « Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi? » Alors, s’étant levé, il menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme. » (Matthieu 8:26) « Ne craignez pas les hommes »…mais lorsque se présente le danger la peur ne demande pas la permission pour envahir tout le corps et le faire trembler comme une feuille… « Les disciples, le voyant marcher sur la mer, furent troublés: « C’est un fantôme », disaient-ils, et pris de peur ils se mirent à crier. Mais aussitôt Jésus leur parla en disant: « Ayez confiance, c’est moi, soyez sans crainte. »» (Matthieu 14:26-27) Mais qu’est-ce que cette peur qui nous étreint si vite comme l’unique vérité qui nous crie que nous sommes seul et que rien ni personne ne se préoccupe de nous. Lorsque le danger se présente nous tremblons, sans défense, prêts à tous les compromis pour conserver ce que nous connaissons. Un homme ne marche pas sur la mer, c’est impossible et les voilà qui crient comme pour appeler au secours et pourtant c’est de leur maître qu’ils ont peur, de leur ami. La peur rend aveugle et nous fait oublier toutes nos fidélités.

Une petite servante regarde Pierre qui se chauffe près du feu, lui qui au jardin avait sorti son glaive : « Une servante le vit assis près de la flambée et, fixant les yeux sur lui, elle dit: « Celui-là aussi était avec lui! » Mais lui nia en disant: « Femme, je ne le connais pas. »» (Luc 22:56-57) À la lueur du feu dans la nuit, il se sent en sécurité de ne pas être vu et pourtant on le voit. Il s’enfuit dans le vestibule et encore une fois, on le reconnaît et il se fait poser la question… Pierre a peur, il craint ceux qui tuent le corps et tente de se voiler sous le manteau de la nuit mais il veut voir ce qui arrivera à Jésus…Sa foi défaille, il ne voit plus la réalité que nous ne pouvons voir, il n’espère plus et se fusionne doucement dans ce qui est voilé. Les peurs sont si nombreuses en nous qu’elles nous surprennent toujours et dévoilent notre profonde solitude et notre besoin de se fondre dans les ténèbres. Nous avons peur de déplaire aux autres et qu’ils nous excluent, nous avons peur de faire la chicane et de troubler notre tranquillité, nous avons peur à notre réputation, nous avons peur de souffrir, nous avons peur de ne pas être jugé comme nous le voudrions, nous avons peur d’avoir tort, nous avons peur d’être puni, nous avons peur de l’autorité, nous avons de la loi, nous avons peur des mauvais résultats, nous avons peur de nuire à notre famille, nous avons peur que l’on découvre nos faiblesses, nos fautes, notre passé dont nous ne sommes pas fiers, nous avons peur de manquer de nourriture, nous avons peur d’avoir froid, nous avons peur de la mort, de la maladie, de ne pas être aimé et nous finissons par vivre sans faire trop de vagues dans l’ombre en nous contentant de manger, de dormir et d’assister en spectateur au cirque du monde. Nous regardons de loin ce qui se passe mais nous n’osons pas être prendre position pour ce que nous croyons vrai. Combien d’amis ne sont plus nos amis quand nous sommes devant des personnes dont nous craignons le jugement, combien d’amours négligés de peur de montrer notre amour pour ne pas être vulnérable. Tout ce qui est voilé sera dévoilé, nous n’avons aucun pouvoir contre la vérité : « Car nous n’avons aucun pouvoir contre la vérité; nous n’en avons que pour la vérité. » (2 Corinthiens 13:8) Ce qui est, sera mais en son temps et personne n’y pourra rien. La mort n’aura pas toujours le dernier mot nous dit Jésus, la haine non plus car nous sommes créés pour la vie et l’amour donc ne craignez pas la mort craignez plutôt de perdre la vie pour ne pas mourir car à choisir la mort pour demeurer en vie c’est être mort et dans la mort, il n’y a pas de lumière. Jésus par sa présence parmi nous dans la chair vient nous donner toutes les conditions nécessaires pour faire émerger la vie même de la mort : « « Comment celui-là parle-t-il ainsi? Il blasphème! Qui peut remettre les péchés, sinon Dieu seul? » » (Marc 2:7) L’accusateur aura beau nous accuser, il prendra sur lui nos peurs qui nous font pécher, il prendra sur lui de nous justifier et de nous rendre la liberté d’être les enfants d’un Père qui est amour et qui n’a de cesse de veiller sur nous. De loin aussi, notre accusateur le voyait venir celui qui apporte la lumière qui vient d’en-haut pour nous rendre la paix : « Voyant Jésus de loin, il accourut, se prosterna devant lui et cria d’une voix forte: « Que me veux-tu, Jésus, fils du Dieu Très-Haut? Je t’adjure par Dieu, ne me tourmente pas! » » (Marc 5:6-7) Il le voit de loin venir avec sa lumière qui dissipe les ténèbres, il le voit venir celui qu’il n’arrive pas à effrayer et à lui faire nier l’amour du Père et même l’amour envers eux. À ne pouvoir l’effrayer, il tentera de le tuer mais là aussi il se fera prendre à jeu car il y a ici plus grand que le sang d’Abel, plus grand que tous les prophètes dont ils arrivaient à se débarrasser en les faisant tuer : « Au cours d’un repas, alors que déjà le diable avait mis au coeur de Judas Iscariote, fils de Simon, le dessein de le livrer, sachant que le Père lui avait tout remis entre les mains et qu’il était venu de Dieu et qu’il s’en allait vers Dieu, » ( Jn 13, 2-3), oui, il inspirait Judas de le livrer afin de le conduire à la mort sachant que Jésus le voyait agir ainsi puisqu’il voit bien que Jésus sait que Judas le trahira. Mais que fait Jésus après avoir constaté un telle geste de l’un des siens : « il se lève de table, dépose ses vêtements, et prenant un linge, il s’en ceignit. Puis il met de l’eau dans un bassin et il commença à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge dont il était ceint. » ( Jn 13, 4-5) Voilà la réponse qu’il donne à celui qui le menace de mort , il lave les pieds de ses disciples et leur dit de faire de même entre eux et avec les autres car celui qui ne veut pas servir sera mis aux pieds du Seigneur. L’amour ne menace pas, il sert, il se donne et rien ne l’effraie car Dieu est amour et à Dieu appartient tout pouvoir au ciel et sur terre. « « Qui s’est baigné n’a pas besoin de se laver; il est pur tout entier. Vous aussi, vous êtes purs; mais pas tous. » Il connaissait en effet celui qui le livrait; voilà pourquoi il dit: « Vous n’êtes pas tous purs. » » ( Jn 13, 10-11) Et Jésus continue à laver les pieds de ses disciples, Judas y compris. Aucune peur ne vient troubler Jésus et il enseigne l’amour dont il est aimé par le Père pour qu’en cela il découvre la sécurité qui leur permettra de demeurer dans son amour : « Car c’est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez, vous aussi, comme moi j’ai fait pour vous. » ( Jn 13, 15) Soyez donc sans crainte! Judas n’a pas peur de Jésus, il a beaucoup plus de peur des autorités et de manquer d’argent et il ne voit pas la sécurité que la paix de Jésus apporte, il n’entend pas la voix de l’Élu du Dieu vivant qui est l’autorité suprême. Judas n’a pas encore consenti à la pensée que lui inspire le diable. Jésus avertit pourtant Judas pour qu’il revienne comme Pierre : « Celui qui mange mon pain a levé contre moi son talon. Je vous le dis, dès à présent, avant que la chose n’arrive, pour qu’une fois celle-ci arrivée, vous croyiez que Moi, Je Suis. En vérité, en vérité, je vous le dis, qui accueille celui que j’aurai envoyé m’accueille; et qui m’accueille, accueille celui qui m’a envoyé. » Ayant dit cela, Jésus fut troublé en son esprit et il attesta: « En vérité, en vérité, je vous le dis, l’un de vous me livrera. » » ( Jn 13, 18-21) Judas cède à la peur et il consent de le livrer car il ne voit pas comment il pourrait s’en sortir avec les autorités qui cherchent à tuer Jésus et voilà que Jésus est à Jérusalem : « Ils étaient en route, montant à Jérusalem; et Jésus marchait devant eux, et ils étaient dans la stupeur, et ceux qui suivaient étaient effrayés. Prenant de nouveau les Douze avec lui, il se mit à leur dire ce qui allait lui arriver: » ) Marc 10:32 ) Judas ne peut supporter cette peur et il décide de le livrer :

«  « C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper. » Trempant alors la bouchée, il la prend et la donne à Judas, fils de Simon Iscariote. Après la bouchée, alors Satan entra en lui. Jésus lui dit donc: « Ce que tu fais, fais-le vite. » » ( Jn 13, 26-27) Judas consent à la pensée suggérée par le diable mais lorsqu’il verra ce qui y arrivera, il sera pris de remords mais au contraire de Pierre qui sortit du palais du Grand Prêtre pour pleurer, Judas se jugera en oubliant que le Christ n’est pas venu pour juger mais pour sauver et que ce qu’il faisait s’il ne l’avait pas fait c’est un autre qui l’aurait fait puisque c’était écrit dans les Écritures. David n’avait-il pas tué l’un de ses soldats pour être avec sa femme, Moïse n’avait-il pas tué un égyptien et pourtant Dieu est demeuré fidèle malgré leur infidélité. Celui de qui nous devrions avoir peur ne fait pas peur parce que la peur n’est pas ce qui mène à lui, ce qui nous mène à lui c’est le repentir de nos fautes et pour les expier il nous envoie son Fils dans la chair afin que nous puissions retrouver la liberté en étant réconcilié avec lui par le Fils. Les autres disciples reviendront et recevront son Esprit et la peur les quittera pour faire à la joie et à la paix qui vient de son amour :

« Mais le Très-Haut n’habite pas dans des demeures faites de main d’homme; ainsi le dit le prophète: Le ciel est mon trône et la terre l’escabeau de mes pieds: quelle maison me bâtirez-vous, dit le Seigneur, et quel sera le lieu de mon repos? N’est-ce pas ma main qui a fait tout cela? « Nuques raides, oreilles et coeurs incirconcis, toujours vous résistez à l’Esprit Saint! Tels furent vos pères, tels vous êtes! Lequel des prophètes vos pères n’ont-ils point persécuté? Ils ont tué ceux qui prédisaient la venue du Juste, celui-là même que maintenant vous venez de trahir et d’assassiner, vous qui avez reçu la Loi par le ministère des anges et ne l’avez pas observée. » A ces mots, leurs coeurs frémissaient de rage, et ils grinçaient des dents contre Étienne. Tout rempli de l’Esprit Saint, il fixa son regard vers le ciel; il vit alors la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. « Ah! dit-il, je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. » Jetant alors de grands cris, ils se bouchèrent les oreilles et, comme un seul homme, se précipitèrent sur lui, le poussèrent hors de la ville et se mirent à le lapider. Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul. » (Actes 7:48-59)

NDC