25 juin, Mt 7,1-5 : Ne jugez pas pour l’amour!

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Évangile :
« Ne jugez pas, pour ne pas être jugés; le jugement que vous portez contre les autres sera porté aussi contre vous; la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous.
Qu’as-tu à regarder la paille dans l’oeil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton oeil, tu ne la remarques pas? Comment vas-tu dire à ton frère : “Laisse-moi retirer la paille de ton oeil”, alors qu’il y a une poutre dans ton oeil à toi? Esprit faux! Enlève d’abord la poutre de ton oeil, alors tu verras clair pour retirer la paille qui est dans l’oeil de ton frère.
Commentaires :
Ne jugez pas! Le juge est le magistrat chargé de rendre la justice. Il prononce en qualité de juge une sentence. Juger ne se limite pas à discerner et à chercher la vérité, il s’agit de rendre justice et de prononcer une peine sur l’agir de l’autre.
Comment entendre l’autre, voir qui il est, si nos cœurs jugent?
“Je t’adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Messie, le Fils de Dieu.” Jésus lui répond : “C’est toi qui l’as dit; mais en tout cas, je vous le déclare : désormais, vous verrez le Fils de l’homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir sur les nuées du ciel.” Alors le grand prêtre déchira ses vêtements, en disant : “Il a blasphémé! Pourquoi nous faut-il encore des témoins? Vous venez d’entendre le blasphème! Quel est votre avis?” Ils répondirent : “Il mérite la mort.” Alors ils lui crachèrent au visage et le rouèrent de coups; d’autres le giflèrent » (Mt 26, 63-67)
« Il mérite la mort. » Le jugement est tombé comme la lame de la guillotine sur le cou de l’accusé. Déjà, ceux qui sont près de Jésus amorcent la sanction. Ils lui crachent au visage, ils le giflent.
Ne jugez pas pour ne pas être jugés! Il y a grand danger à sanctionner les autres, car notre sanction dévoile la santé de notre œil, la lampe de notre corps. L’œil dont la lumière n’est fournie que par son « ego » ne verra de l’autre que ce qui a de l’intérêt pour lui. Le Grand Prêtre qui s’en prend à Jésus veut la mort de celui-ci avant même de l’entendre. Selon le juge, Jésus est une menace pour le Temple et la nation, il doit le faire mourir. Il y a pourtant devant lui beaucoup plus que le Temple : « Jésus lui-même a pris la place du Temple. Il est, lui, le nouveau Temple » (Benoît XVI, Jésus de Nazareth. De l’entrée à Jérusalem à la Résurrection. Parole et Silence, Paris 2011, p. 55) Jésus est le lieu de l’adoration, le nouveau Temple.
Le juge n’entend rien, ne voit rien de la grandeur de Jésus qui pourtant affirme qu’il est le Juge Suprême, celui qui peut juger : « désormais, vous verrez le Fils de l’homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir sur les nuées du ciel. »
Ne jugez pas! Lui, le Juge Suprême, celui qui est en droit de rendre justice, rend justice en prenant sur lui toutes nos fautes, leurs peines et sanctions. Incroyable amour qui nous dépasse!
« Et le Jugement, le voici : quand la lumière est venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs oeuvres étaient mauvaises. En effet, tout homme qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses oeuvres ne lui soient reprochées; mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses oeuvres soient reconnues comme des oeuvres de Dieu. » (Jn 3, 19-21)
« Il mérite la mort, » disaient les autorités religieuses.
Pilate qui n’entendait rien à la vérité reconnaissait pourtant l’innocence de Jésus : « Pilate dit alors aux grands prêtres et aux foules : Je ne trouve en cet homme aucun motif de condamnation. » (…) D’ailleurs, Hérode non plus, puisqu’il nous l’a renvoyé. En somme, cet homme n’a rien fait qui mérite la mort. (…) Pour la troisième fois, il leur dit : Quel mal a donc fait cet homme? (Lc 23, 4.15.22), mais ils criaient : « Crucifie-le! Crucifie-le! »
Il condamne à la mort sur la croix le Juge Suprême qui est venu non pour juger, mais sauver. Qui s’humilierait à ce point pour sauver ceux qui le condamnent? Qui peut avoir la moindre idée d’un tel amour?
Ne jugez pas! N’est-ce pas en ne jugeant pas que nous dégagerons notre regard de toutes ces poutres inconscientes, bien cordées dans nos yeux pour nous empêcher de voir le bien chez les autres? Ne jugez pas pour mieux voir ce que vous pourriez faire de mieux pour aimer aujourd’hui. Ne jugez pas pour devenir des temples de l’Esprit Saint et non des temples de votre propre gloire!
La fonction de juge est une fonction divine (Ex 21,6; 22,9; Dt 1,17; 19,17) et de ce fait le jugement appartient à Dieu seul. Ce que le Fils de Dieu nous recommande, lui qui prend sur lui notre jugement, c’est de ne pas juger pour ne pas nous retrouver avec nos dettes envers toute l’humanité présente, passée et à venir.
Ne jugez pas, priez pour ceux qui vous persécutent, pour vos ennemis, vos voleurs. Ne jugez pas, demeurez dans l’amour et l’amour demeurera en vous. Ne jugez pas, laissez à Dieu cette tâche impossible pour chacun de nous qui ne savons rien de ceux que nous jugeons.
« Jésus, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’anéantit lui-même, prenant condition d’esclave, et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort, et la mort sur une croix! Aussi Dieu l’a-t-il exalté et lui a-t-il donné le Nom qui est au-dessus de tout nom, pour que tout, au nom de Jésus, s’agenouille, au plus haut des Cieux, sur terre, et dans les enfers, et que toute langue proclame, de Jésus-Christ, qu’il est Seigneur à la gloire de Dieu le Père. » (Phil 2,6-11)

« Voyez combien le Père nous a aimés pour que nous puissions être appelés enfants de Dieu! Et nous le sommes! » (1 Jean 3.1) Ne perdons pas notre temps à juger, prenons chaque instant pour aimer et lorsque l’amour s’éloigne de notre cœur, de notre bouche, trouvons le moyen de nous tourner vers celui qui nous aime pour lui demander de nous rétablir dans l’amour par son amour.
NDC