25 mai, Mt 28, 16-20 : Allez donc! Baptisez au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit.

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Évangile :

Les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre. Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes.

Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit; et apprenez-le à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

Commentaires :

Jésus est ressuscité, il s’est montré aux disciples. Ils ont vu le premier-né d’entre les morts, tout comme les bergers et les mages avaient vu le premier engendré par l’Esprit de Dieu dans les bras de sa mère. Le Fils de Dieu a revêtu un corps de Fils de l’homme dans le sein de Marie afin de venir transformer nos corps corruptibles en corps incorruptibles.

À sa résurrection, il a tout accompli du grand dessein d’amour du Père à l’endroit de la multitude, des morts comme des vivants et aussi de ceux qui ne sont pas encore de ce monde. Ils pensaient aussi à nous, les enfants du troisième millénaire, il nous regardait dans les yeux avant même que nous ayons des yeux, afin que nos yeux demeurent ouverts à la vie et puissent le contempler ainsi que toutes les merveilles de la création qu’il a faites et fait pour nous à chaque instant.

Thomas ne parvenait pas à croire un tel prodige de retour à la vie. Il avait bien vu Jésus sur sa croix, avec sa couronne d’épines, il avait vu la peau de son dos déchirée par le fouet et qui laissait voir ses os. Il avait vu son visage méconnaissable, il avait vu l’obscurité à l’instant de sa mort, il avait ressenti la terre trembler. Comment un homme dans un si misérable état pourrait-il revenir à la vie en quelques jours? Thomas doute de ce que les uns disent avoir vu, que c’est bien Jésus. Il doute et pour croire, il demande à toucher, à toucher non seulement un corps, mais un corps portant les marques des coups reçus, car ce sera là la signature que c’est bien Jésus. « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets pas ma main dans son côté, je ne croirai pas. » (Jn 20, 25) Thomas touchera pour nous tous le sceau écarlate de la mort. Le sceau est levé, la mort a perdu son pouvoir sur les êtres de chair, la vie retrouve son souffle par la puissance de l’Esprit en Jésus dans la volonté du Père. Thomas entre sa main dans le côté de Jésus, et sous ses doigts monte le chant du battement de ce cœur transpercé, un rythme éternel l’envahit. Si Pierre, Jacques et Jean ont vu Jésus transfiguré et à ses côtés Moïse et Élie, à ce moment, Thomas voit tous ses proches enfermés dans la mort reprendre vie, il voit la multitude en fête, il entend les pleurs s’éteindre et se lever des cris de joie : « Une voix dans Rama s’est fait entendre, pleur et longue plainte : c’est Rachel pleurant ses enfants; et elle ne veut pas qu’on la console, car ils ne sont plus. » (Mt 2, 18) Une voix se fait entendre dans la maison de Zacharie; sa femme Élisabeth « poussa un grand cri et dit : “Bénie es-tu entre les femmes, et béni le fruit de ton sein! Et comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur?” (Lc 1, 42) Thomas entend Syméon chanter qu’il peut maintenant partir en paix : “Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s’en aller en paix; car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples, lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël.” (Lc 2, 29)

Thomas a touché et entendu l’incroyable, il a touché un cœur transpercé qui chantait la vie éternelle. Il ne peut que s’effondrer devant une telle merveille et s’exclamer : “Mon Seigneur et mon Dieu.” Pourtant, Thomas a bel et bien toucher, s’il ne garde pas cela en son cœur pour le méditer et faire grandir cet instant de vie, tout se dissipera dans le doute. Marie veille tout près des disciples et elle les mettra à son école : “Quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son coeur.” (Lc 2, 19) Marie revisite inlassablement toutes les merveilles de Dieu dans sa vie par sa méditation, afin qu’en son âme le doute ne vienne jamais la priver de la présence fidèle et amoureuse de Dieu. Elle demeure ainsi toujours dans l’action de grâce, qu’importent les tempêtes, les vents, les bruits. Marie apprivoise les yeux de son cœur à la lumière constante de Dieu dans les ténèbres. Marie demeure toujours en présence de la présence fidèle de Dieu qui est Esprit, par son esprit, son cœur, son âme et elle chante Celui en qui elle a la vie, le mouvement et l’être.

Marie ne court pas au tombeau comme les autres, elle ne demande pas à le voir, car déjà, dès sa résurrection, elle le voit, elle qui est présente par son esprit à l’Esprit, à cet Esprit qui a fait naître Jésus en son sein et à cet Esprit qui fait surgir Jésus de la mort.

Ce Thomas n’avait-il pas assisté à la sortie du tombeau de Lazare, à la mer qui avait retrouvé son calme à la parole de Jésus, aux pains multipliés, aux esprits mauvais qui fuyaient à la vue de Jésus et pourtant il veut voir et toucher pour croire, ce qu’il avait déjà touché, vu et entendu? “Jésus lui dit : ‘Parce que tu me vois, tu crois. Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru.’ (Jn 20, 29) Parce que tu me vois, tu crois. Que feras-tu lorsque tu ne verras plus pour croire? Il vaut mieux pour vous que je parte et que vous ne me voyiez plus. Il vaut mieux que je parte pour que je vous sois toujours présent dans l’Esprit à votre esprit.

Il vaut mieux que je parte, je vous enverrai l’Esprit pour vous faire renaître en moi et que votre cœur batte au rythme de mon cœur brûlant du feu de la vie éternelle.

Jésus va à la rencontre des onze disciples en Galilée. En le voyant, ils se prosternèrent, mais certains d’entre eux eurent des doutes. Ils ne pouvaient voir plus que ce qu’ils voyaient pour croire et pourtant, certains doutaient encore. Trop absorbés dans les calculs de ce monde, ils ne parvenaient pas à rencontrer l’Esprit de Dieu dans la visibilité de Jésus. Comment est-il venu là à notre rencontre sans franchir la distance avec nous? Beaucoup de comment hantent la tête de certains et ils enlisent ainsi leur esprit dans les lois de la nature et l’autorité de la mort.

Jésus est venu établir que la loi était là pour nous servir, tant celle du temple que celle de la nature. ‘Le sabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat; en sorte que le Fils de l’homme est maître même du sabbat.’ (Mt 2, 27-28)

Il ne vient pas abolir la loi, mais l’accomplir, car la loi a été faite pour l’homme et non l’homme pour être asservi à la loi. ‘N’allez pas croire que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Car je vous le dis, en vérité : avant que ne passent le ciel et la terre, pas un i, pas un point sur l’i, ne passera de la Loi, que tout ne soit réalisé.’ (Mt 5, 17-18) Jésus accomplit la loi en prenant sur lui la loi du péché et rendre à la nature humaine et à toute la nature son intégrité.

Jésus meurt pour faire mourir la mort afin de nous faire vivre de sa vie : ‘Je suis venu afin que vous ayez la vie et la vie en abondance.’ (Jn 10,10) Nous sommes devant de si grandes merveilles que nous arrivons mal à croire à tant d’amour pour nous de la part de Dieu à l’égard de chaque créature. Il ne vient pas prendre le pouvoir, il a déjà tout pouvoir. Pour nous, il renonce à son rang qui l’égalait à Dieu, ‘il s’anéantit lui-même, prenant condition d’esclave, et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur une croix! ’ (Ph 2, 7-8) Pour nous, il est mort sur la croix afin de ressusciter des morts et nous donner le pouvoir de devenir enfants de Dieu par la semence impérissable de sa parole de vie dans le monde. Pour nous, il fait tout cela avant même que nous l’aimions. Plus encore, il nous donne la foi pour le croire et cette foi grandit à la mesure que nous mesurons pour les autres : ‘Pardonne-nous comme nous pardonnons.’ S’il y a à douter, ce n’est pas de l’amour de Dieu pour nous, mais de notre amour et de notre justice envers les autres.

‘Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde.’

‘Aussi Dieu l’a-t-il exalté et lui a-t-il donné le Nom qui est au-dessus de tout nom, pour que tout, au nom de Jésus, s’agenouille, au plus haut des cieux, sur la terre et dans les enfers, et que toute langue proclame, de Jésus Christ, qu’il est SEIGNEUR, à la gloire de Dieu le Père.’ (pH 2, 9-11)

NDC