25 sept, Lc 9, 18-22 : Jésus priait à l’écart!

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Évangile :

Un jour Jésus priait à l’écart. Comme ses disciples étaient là, il les interrogea : « Pour la foule, qui suis-je? » Ils répondirent : « Jean-Baptiste; pour d’autres, Élie; pour d’autres, un prophète d’autrefois qui serait ressuscité. »

Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous? Pour vous, qui suis-je? » Pierre prit la parole et répondit : « Le Messie de Dieu. »

Et il leur défendit vivement de le révéler à personne, en expliquant : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les Anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu’il soit tué et que, le troisième jour, il ressuscite. »

Commentaires :

Un jour, Jésus priait à l’écart. Jésus prenait de la distance avec ceux qu’il venait racheter de son sang de l’emprise de tout ce qui mène à la mort pour se rapprocher de celui qui le connaissait avant la création du monde. « Je t’ai glorifié sur la terre, en menant à bonne fin l’oeuvre que tu m’as donnée de faire. Et maintenant, Père, glorifie-moi auprès de toi de la gloire que j’avais auprès de toi, avant que fût le monde. J’ai manifesté ton nom aux hommes… C’est pour eux que je prie; je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi, et tout ce qui est à moi est à toi, et tout ce qui est à toi est à moi, et je suis glorifié en eux. » (Jn 17, 4-6. 9-10)

Jésus priait à l’écart, lui qui était de condition divine s’éloignait pour se rapprocher de l’unité avec son Père et l’Esprit, ce feu de création constante. « Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi, afin qu’ils contemplent ma gloire, que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et moi en eux. » (Jn 17, 24-26)

Jésus priait à l’écart, lui la parole vivante : « Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. » (Jn 1, 14) Le temps de la loi est terminé, c’est le temps de la grâce et de la vérité, le temps où l’impossible amour de Dieu deviendra possible pour la condition humaine, comme celui de l’amour de l’autre comme soi. L’unité perdue se retissera par Jésus « Car le péché ne dominera pas sur vous : vous n’êtes pas sous la Loi, mais sous la grâce. » (Ro 6,14) « Il n’y a donc plus maintenant de condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus. La loi de l’Esprit qui donne la vie dans le Christ Jésus t’a affranchi de la loi du péché et de la mort. De fait, chose impossible à la Loi, impuissante du fait de la chair, Dieu, en envoyant son propre Fils avec une chair semblable à celle du péché et en vue du péché, a condamné le péché dans la chair, afin que le précepte de la Loi fût accompli en nous dont la conduite n’obéit pas à la chair, mais à l’esprit. » (Ro 8, 1-4) Quelle grâce que celle qui nous libère ainsi de tout ce qui est mortel en nous par la foi! « En effet, si tes lèvres confessent que Jésus est Seigneur et si ton coeur croit (…) tu seras sauvé. Car la foi du coeur obtient la justice, et la confession des lèvres, le salut. » (Ro 10,9 — 10)

Jésus priait à l’écart, le cœur brûlant de l’amour du Père pour la multitude : « Si quelqu’un m’aime, mon Père l’aimera et nous viendrons à lui, et nous ferons chez lui notre demeure. » (Jn 14, 23)

Jésus se rapproche de ses disciples, empressé de se faire connaître et reconnaître afin que par lui, ils obtiennent la vie éternelle dans l’amour du Père. « Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul véritable Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. » (Jn 17, 3)

Jésus se rapproche pour les interroger sur son identité, lui qui est celui qui « Est », celui par qui tous reçoivent « l’être, la vie et le mouvement », celui qui connaît chacun par son nom, son nom véritable. « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous saurez que Je Suis… » (Jn 8, 28) Jésus se rapproche de ses disciples pour les interroger : « Pour la foule, qui suis-je? » Celui qui descendra dans l’abîme pour nous en tirer demande ce que les gens disent sur lui. Celui qui montera au ciel pour nous élever jusqu’au Père demande ce que la foule reconnaît en lui. Quelle humilité, quelle douceur, quelle patience envers nous pour se faire reconnaître? Toute cette délicatesse, cette tendresse ne sont déployées gratuitement que pour nous, pour notre santé éternelle. La foule ne reconnaît en lui qu’un homme comme bien d’autres hommes qui sont venus avant lui et qui n’a rien à voir avec ce qu’il est comme le dit Jean Baptiste : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi, le voilà passé devant moi, parce qu’avant moi il était. » Oui, de sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce pour grâce. Car la Loi fut donnée par Moïse; la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. Nul n’a jamais vu Dieu; le Fils unique, qui est tourné vers le sein du Père, lui, l’a fait connaître. » (Jn 1,15-18) Il y a ici plus que Moïse, Abraham, plus que le Temple et la foule n’y voit rien.

Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous? Pour vous, qui suis-je? » Est-ce que les disciples arrivent à voir l‘invisible Dieu en lui au-delà du visible qu’ils voient de son humanité? Est-ce que nous parvenons à voir le Fils du Dieu vivant dans le Pain eucharistique? Il n’y a que les yeux de la foi qui peuvent voir la réalité de ce qu’il est dans le visible! « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu. » Pierre prit la parole et répondit : « Le Messie de Dieu. »

Le Messie de Dieu, c’est l’Oint de l’Esprit, celui qui est engendré par l’Esprit et non pas créé, celui sur qui l’Esprit descend sous la forme d’une colombe pour confirmer à Jean la nature divine de Jésus. Le Messie de Dieu, c’est celui qui vient établir la nouvelle alliance en son sang pour réconcilier l’homme avec Dieu et lui ouvrir l’accès à l’Arbre de vie qui mène à la vie éternelle.

Pierre reconnaît en Jésus celui qui « Est », pourtant son regard s’obscurcira lorsque Jésus traversera le chemin qui mène à la nouvelle alliance, lorsqu’il se fera l’Agneau de Dieu, l’Agneau immolé. Qui peut croire à tant d’amour, sinon en recevant la grâce de la source de l’amour d’aimer celui qui nous aime le premier, celui qui aime sans rien attendre en retour, celui qui aime au point de s’offrir pour ceux qui ne l’aiment pas encore et ne le reconnaissent pas?

Ne le dites à personne, dit Jésus. Comment pourraient-ils le dire eux qui ne comprennent pas encore ce que l’amour de Dieu en Jésus signifie vraiment pour le moment? Ne l’abandonneront-ils pas tous lorsqu’il montera sur l’autel pour s’offrir en sacrifice?

Ne le dites à personne et il leur dit ce qu’ils ne veulent entendre du Messie, le serviteur souffrant comme le proclamait Isaie : « Qui a cru ce que nous entendions dire, et le bras de Yahvé, à qui s’est-il révélé? Comme un surgeon il a grandi devant lui, comme une racine en terre aride; sans beauté ni éclat pour attirer nos regards, et sans apparence qui nous eût séduits; objet de mépris, abandonné des hommes, homme de douleur, familier de la souffrance, comme quelqu’un devant qui on se voile la face, méprisé, nous n’en faisions aucun cas. Or ce sont nos souffrances qu’il portait et nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous le considérions comme puni, frappé par Dieu et humilié. Mais lui, il a été transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes. Le châtiment qui nous rend la paix est sur lui, et dans ses blessures nous trouvons la guérison. » (Is 53, 1-5)

Comment comprendre que Dieu si puissant se rende si impuissant pour nous sauver? Sa puissance est toute en son cœur, en son amour, c’est pourquoi, il ne faut pas douter de son amour, car « la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ, alors que nous étions encore pécheurs, est mort pour nous. » (Ro 5, 8)

Comment ne pas dire avec le psalmiste : « Comment rendrai-je au Seigneur, tout le bien qu’il m’a fait. » (Ps 116-12) L’éternité ne suffira pas pour lui rendre tout l’amour que nous lui devons, toute l’éternité ne suffira pas pour lui rendre grâce.

Comment lui rendre louange, gloire et honneur autrement qu’en demeurant ferme dans la foi en contemplant son amour sur la croix? « Tressaillez de joie, même s’il faut que vous soyez attristés, pour un peu de temps encore, par toutes sortes d’épreuves; elles vérifieront la qualité de votre foi qui est bien plus précieuse que l’or (cet or, voué pourtant à disparaître, qu’on vérifie par le feu). Tout cela doit donner à Dieu louange, gloire et honneur quand se révélera Jésus Christ, lui que vous aimez sans l’avoir vu, en qui vous croyez sans le voir encore; et vous tressaillez d’une joie inexprimable qui vous transfigure, car vous allez obtenir votre salut, qui est l’aboutissement de votre foi. (1P1, 6-9)

NDC