26 août, Mt 23, 23-26 : Les « sachants » et les croyants.

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Évangile :
Jésus disait : « Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous payez la dime sur la menthe, le fenouil et le cumin, mais vous avez négligé ce qu’il y a de plus grave dans la Loi : la justice, la miséricorde et la fidélité. Voilà ce qu’il fallait pratiquer sans négliger le reste. Guides aveugles! Vous enlevez le moucheron avec un filtre, et vous avalez le chameau!
“Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous purifiez l’extérieur de la coupe et de l’assiette, mais l’intérieur est rempli de cupidité et d’intempérance! Pharisien aveugle, purifie d’abord l’intérieur de la coupe afin que l’extérieur aussi devienne pur.”
Commentaires :
Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites! Et Jésus de dire pourquoi il en est ainsi : “parce que vous payez la dime sur la menthe, le fenouil et le cumin, mais vous avez négligé ce qu’il y a de plus grave dans la Loi : la justice, la miséricorde et la fidélité.”
Jésus leur montre bien qu’il voit leur pratique minutieuse de la loi, le problème n’est pas dans la loi, mais dans la manière de la pratiquer. Ils ne retiennent de la loi que les pratiques extérieures, ils ne veulent pas en connaitre l’esprit.
Pourquoi se cramponnent-ils sur tous ces détails apparents? Ce n’est pas par mauvaise volonté. Ils veulent être surs des résultats de leurs pratiques, ils veulent savoir, ils veulent voir. Croire que Dieu existe, ils n’ont pas de difficulté, car les ancêtres ont vu Dieu par l’intermédiaire de Moïse. Il y a des faits qui permettent de savoir l’authenticité de l’expérience de Moïse et de le suivre. “Nous, c’est de Moïse que nous sommes disciples. Nous savons, nous, que Dieu a parlé à Moïse; mais celui-là, nous ne savons pas d’où il est.” (Jn 9, 29) Ils savent que la loi est de Dieu et c’est dans l’observance scrupuleuse de la loi qu’ils trouvent l’assurance d’être les enfants de Dieu. Pour croire à quelqu’un d’autre que Moïse comme témoin de Dieu, ils veulent voir des signes pour savoir avec certitude qu’ils ne se font pas tromper.
Les pharisiens et les scribes sont des sachants. Ils donnent foi à ce qu’ils voient et la loi leur fournit cette certitude d’être dans la bonne voie en la mettant scrupuleusement en pratique. Ils en arrivent à la conviction d’être des justes par cette pratique. Pour eux, le diagnostic de Jésus sur leur manière de pratiquer de la loi ne conduit pas au malheur, au contraire, ils sont très heureux ainsi. Ils vivent dans la prospérité, le respect des autres, ils ont les meilleures places dans les banquets, à la synagogue et ils sont reconnus comme les gardiens du Temple et de la nation.
“Nous sommes la descendance d’Abraham et jamais nous n’avons été esclaves de personne. Comment peux-tu dire : ‘Vous deviendrez libres’?” (Jn 8, 34)
Ils veulent voir pour savoir et seulement après cela, ils donneront adhésion à celui que Moïse disait venir après lui : “Moïse, d’abord, a dit, Le Seigneur Dieu vous suscitera d’entre vos frères un prophète semblable à moi; vous l’écouterez en tout ce qu’il vous dira. Quiconque n’écoutera pas ce prophète sera exterminé du sein du peuple.” (Act 3, 22-23)
Ce prophète, pour être reconnu selon eux devra leur donner des signes pour leur faire savoir qu’il est celui annoncé par Moïse.
À vouloir savoir en négligeant la justice, la miséricorde, la fidélité, il arrive que le cœur se sclérose vis-à-vis le prochain. Il devient une boîte remplie de détours, de serpents, d’ossements pour parvenir à se faire croire qu’il est dans la juste pratique.
“C’est bien là l’étonnant : que vous ne sachiez pas d’où il est, et qu’il m’ait ouvert les yeux. Nous savons que Dieu n’écoute pas les pécheurs, mais si quelqu’un est religieux et fait sa volonté, celui-là il l’écoute. Jamais on n’a ouï dire que quelqu’un ait ouvert les yeux d’un aveugle-né. Si cet homme ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire.” (Jn 9, 30-33)
Les pharisiens et les scribes sont choqués d’entendre ce raisonnement, car rien ne prouve que ce bien vienne de Dieu, car Jésus l’a fait pour un pécheur : “De naissance tu n’es que péché et tu nous fais la leçon!” Et ils le jetèrent dehors. » (Nn 9, 34)
Pourtant, ils savent reconnaître le visage du ciel et prédire le beau temps ou l’averse, et le visage de Dieu parmi eux, ils se refusent à le voir dans une personne aussi modeste et sans éclat extérieur.
« Ainsi, le visage du ciel, vous savez l’interpréter, et pour les signes des temps vous n’en êtes pas capables! Génération mauvaise et adultère! Elle réclame un signe, et de signe, il ne lui sera donné que le signe de Jonas. » (Mt 16, 3-4)
Dieu ne donnera à voir que la puissance de son amour en faisant descendre son Fils dans la mort afin de détruire la mort et conduire à la vie la multitude : « Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l’homme, afin que quiconque croit ait par lui la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. » (Jn 3, 14-16)
Voilà où Jésus a été mené en accomplissant la Loi : « N’allez pas croire que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. » (Mt 5, 17)
Il n’y a que Dieu pour nous faire savoir ce qui le concerne. Pour nous le faire savoir, il a engendré son Fils par la puissance de l’Esprit en Marie afin qu’il élève notre condition humaine jusqu’à sa nature divine.
Comment savoir ce qu’il y a dans l’océan en voyant sa surface? Comment savoir ce qu’il y a dans le Pain de vie qu’il nous a donné en mourant pour nous sur la croix, sinon en croyant en lui par les œuvres accomplies parmi nous, de son incarnation à sa résurrection.

« Détruisez ce sanctuaire et en trois jours je le relèverai. » Les Juifs lui dirent alors : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèveras? » Mais lui parlait du sanctuaire de son corps. » (Jn 2, 19-21)
C’est la foi qui purifie le cœur pour lui donner de voir la réalité du dessein d’amour de Dieu pour tous en son Fils, c’est la foi qui donne la force en contemplant le Fils sur la croix, de ne pas négliger la justice, la miséricorde, la fidélité. C’est la foi qui fait vivre le Christ en nous par l’amour que nous lui portons et ainsi son Père demeure en nous et l’Esprit vient pour nous guider sur les voies de la charité.
« Frères, vous le savez, dès les premiers jours, Dieu m’a choisi parmi vous pour que les païens entendent de ma bouche la parole de la Bonne Nouvelle et embrassent la foi. Et Dieu, qui connaît les coeurs, a témoigné en leur faveur, en leur donnant l’Esprit Saint tout comme à nous. Et il n’a fait aucune distinction entre eux et nous, puisqu’il a purifié leur coeur par la foi. Pourquoi donc maintenant tentez-vous Dieu en voulant imposer aux disciples un joug que ni nos pères ni nous-mêmes n’avons eu la force de porter? » (Act 15, 7-10)
Oui, malheureux êtes-vous scribes et pharisiens, hypocrites qui vous accaparez la loi de Moïse pour chercher votre propre gloire et refusez de croire en celui qui vient l’accomplir pour nous afin que nous puissions aimer comme nous sommes aimés du Père, du Fils et de l’Esprit et atteindre cette perfection de l’amour qui nous ouvre l’accès à l’unité avec le Père? « Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » (Mt 6. 48)
NDC