26 déc, Mt 10, 17-22 : Méfiez-vous du penchant pour les ténèbres!

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Évangile :

Jésus disait à ses disciples : « Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues. Vous serez traînés devant des gouverneurs et des rois à cause de moi : il y aura là un témoignage pour eux et pour les païens. “Quand on vous livrera, ne vous tourmentez pas pour savoir ce que vous direz ni comment vous le direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là. Car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous. ‘Le frère livrera son frère à la mort, et le père, son enfant; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mettre à mort. Vous serez détestés de tous à cause de mon nom; mais celui qui aura persévéré jusqu’au bout, celui-là sera sauvé.’

Commentaires :

‘Méfiez-vous des hommes! Méfiez-vous du vieil homme qui est en chacun de nous! L’homme voudrait faire le bien qui mène à la vie, il n’y parvient pas. La mort est en lui et l’homme lui appartient. ‘Moi qui voudrais faire le bien, je constate donc en moi cette loi : ce qui est à ma portée, c’est le mal. (…) Quel homme malheureux je suis! Qui me délivrera de ce corps qui appartient à la mort? (Ro 7, 21.24) Méfiez-vous des hommes, de l’homme qui dit en nous : ‘Mangeons et buvons, car demain nous mourrons. » (Is 22,13) ‘Si les morts ne ressuscitent pas, mangeons et buvons,? car demain nous mourrons! ’ (1 Co 15, 32) Il faut se méfier de ce penchant pour l’ivresse de la mort qui mène à toutes sortes d’abus pendant notre brève existence. Il faut se méfier de ce penchant pour les ténèbres qui rend notre cœur avide et indifférent aux autres. Ce vieil homme ne peut reconnaître celui qui vient vaincre son mal, celui qui est la vie éternelle. Il est si inquiet du lendemain, si préoccupé de manquer de nourritures, de vêtements, de biens pour assurer son avenir, de plaisirs qu’il ne peut reconnaître la richesse de Dieu dans sa pauvreté parmi nous, ni sa puissance dans sa faiblesse, ni sa sagesse dans la folie de la mangeoire et de la croix.

Dieu est venu parmi nous : « Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie. (…) Le Verbe était la lumière véritable, qui éclaire tout homme; il venait dans le monde. Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli. » (Jn 1, 4-5 9-11)

‘Et tel est le jugement : la lumière est venue dans le monde et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs oeuvres étaient mauvaises. Quiconque, en effet, commet le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière, de peur que ses oeuvres ne soient démontrées coupables, mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, afin que soit manifesté que ses oeuvres sont faites en Dieu. » (Jn 3, 19-21)

Méfiez-vous des hommes, ils préfèrent de par la loi du péché en eux les ténèbres à la lumière. Il n’y a que la pénitence et le repentir qui permet de crier avec Saint Paul : ‘Quel homme malheureux je suis! Qui me délivrera de ce corps qui appartient à la mort? (Ro 7, 24)

La lumière de la vie brille dans la grotte de Bethléem et voilà les armées d’Hérode qui partent à sa poursuite pour le tuer. La mort veut tuer la vie pour demeurer en vie et continuer à s’engraisser de tous les vivants esclaves de ses chaines. Celui qui est la vie descend en ce monde et il se couche dans une mangeoire. La mort voudrait bien le dévorer immédiatement, mais elle se bute à la puissance de l’Esprit qui guide la petite famille à l’écart chaque fois qu’elle en approche. Il n’y a pas d’armées célestes qui se précipitent pour secourir la source de la vie éternelle. Il n’y a pas une épée qui se tire d’un fourreau pour frapper. Il n’y a pas de peur. Jésus qui est la vie se livre librement à la mort afin d’y descendre et de la vaincre sans aucune violence, sinon à son égard par les vivants qu’il vient sauver. Le règne de Dieu qui s’établit n’est pas affaire de puissance semblable aux puissants de ce monde, il est affaire d’humilité et de douceur. Il n’est pas affaire de grandeur écrasante, mais de petitesse dans la crèche, d’humiliation sur la croix. ‘Le règne de Dieu n’est pas affaire de nourriture ou de boisson, il est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint.’ (Ro 14,17)

Méfiez-vous des hommes, ils n’entendent rien à la justice, à la paix, à la joie dans l’Esprit Saint. « Ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues. »  Ils ne pourront supporter vos absences à leurs jeux, à leurs banquets, à leurs temps des fêtes. Ils s’énerveront à vous voir rechercher les réalités d’en haut et à ne pas mettre tout votre cœur dans la quête des réalités d’en bas. Ils tourneront le regard en vous voyant au pied de la crèche ou de la croix. Ils refuseront de prendre le temps de comprendre ou même de s’interroger pour ne pas briser la tranquillité de leur petite vie.

« Nous le savons : l’homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix avec lui pour que cet être de péché soit réduit à l’impuissance, et qu’ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché. » (Ro 6, 6) N’est-ce pas l’Esprit qui nous enseigne cela pour nous garder à l’ombre de la croix afin que nous puissions vivre de la vie de celui qui meurt et ressuscite pour nous?

« Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d’en haut, où le Christ demeure assis à la droite de Dieu; affectionnez-vous aux choses d’en haut, et non à celles de la terre : car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu. Quand le Christ, votre vie, apparaîtra, alors vous apparaîtrez, vous aussi, avec lui dans la gloire. » (Col 3, 1-4)

C’est insupportable à entendre pour celui qui ne veut pas croire à cet enfant de l’étable, à ce jeune homme sur la croix!  C’est insoutenable pour les grands de ce monde que le plus grand au ciel et sur la terre se fasse si petit pour sauver les pauvres, du moins ceux qui reconnaissent qu’ils le sont, riches et pauvres.

‘Ah! dit-il, je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. » Jetant alors de grands cris, ils se bouchèrent les oreilles et, comme un seul homme se précipitèrent sur lui, le poussèrent hors de la ville et se mirent à le lapider. » (Act 7, 56-58) En lançant des pierres à Étienne, ils entendirent quelque chose d’encore plus inacceptable, des mots qui les brûlaient au cœur et les remplissaient de rage : « Puis il fléchit les genoux et dit, dans un grand cri, ‘Seigneur, ne leur impute pas ce péché.’ Et en disant cela, il s’endormit. » (Act 7, 60)

Encore aujourd’hui se fait entendre l’insupportable amour dans ce monde individualiste, l’insoutenable gratuité dans ce monde de consommation, l’injustifiable oubli de soi pour s’établir dans l’Esprit dans ce monde ancré dans son corps mortel. L’Esprit du Père parle encore aujourd’hui et trop de gens encore ramassent des pierres pour le faire taire.

‘Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, je me déclarerai moi aussi pour lui devant mon Père qui est aux cieux’ (Mt 10, 32).

Normand Décary-Charpentier

Évangile :

Jésus disait à ses disciples : « Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues. Vous serez traînés devant des gouverneurs et des rois à cause de moi : il y aura là un témoignage pour eux et pour les païens. “Quand on vous livrera, ne vous tourmentez pas pour savoir ce que vous direz ni comment vous le direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là. Car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous. ‘Le frère livrera son frère à la mort, et le père, son enfant; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mettre à mort. Vous serez détestés de tous à cause de mon nom; mais celui qui aura persévéré jusqu’au bout, celui-là sera sauvé.’

Commentaires :

‘Méfiez-vous des hommes! Méfiez-vous du vieil homme qui est en chacun de nous! L’homme voudrait faire le bien qui mène à la vie, il n’y parvient pas. La mort est en lui et l’homme lui appartient. ‘Moi qui voudrais faire le bien, je constate donc en moi cette loi : ce qui est à ma portée, c’est le mal. (…) Quel homme malheureux je suis! Qui me délivrera de ce corps qui appartient à la mort? (Ro 7, 21.24) Méfiez-vous des hommes, de l’homme qui dit en nous : ‘Mangeons et buvons, car demain nous mourrons. » (Is 22,13) ‘Si les morts ne ressuscitent pas, mangeons et buvons,? car demain nous mourrons! ’ (1 Co 15, 32) Il faut se méfier de ce penchant pour l’ivresse de la mort qui mène à toutes sortes d’abus pendant notre brève existence. Il faut se méfier de ce penchant pour les ténèbres qui rend notre cœur avide et indifférent aux autres. Ce vieil homme ne peut reconnaître celui qui vient vaincre son mal, celui qui est la vie éternelle. Il est si inquiet du lendemain, si préoccupé de manquer de nourritures, de vêtements, de biens pour assurer son avenir, de plaisirs qu’il ne peut reconnaître la richesse de Dieu dans sa pauvreté parmi nous, ni sa puissance dans sa faiblesse, ni sa sagesse dans la folie de la mangeoire et de la croix.

Dieu est venu parmi nous : « Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie. (…) Le Verbe était la lumière véritable, qui éclaire tout homme; il venait dans le monde. Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli. » (Jn 1, 4-5 9-11)

‘Et tel est le jugement : la lumière est venue dans le monde et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs oeuvres étaient mauvaises. Quiconque, en effet, commet le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière, de peur que ses oeuvres ne soient démontrées coupables, mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, afin que soit manifesté que ses oeuvres sont faites en Dieu. » (Jn 3, 19-21)

Méfiez-vous des hommes, ils préfèrent de par la loi du péché en eux les ténèbres à la lumière. Il n’y a que la pénitence et le repentir qui permet de crier avec Saint Paul : ‘Quel homme malheureux je suis! Qui me délivrera de ce corps qui appartient à la mort? (Ro 7, 24)

La lumière de la vie brille dans la grotte de Bethléem et voilà les armées d’Hérode qui partent à sa poursuite pour le tuer. La mort veut tuer la vie pour demeurer en vie et continuer à s’engraisser de tous les vivants esclaves de ses chaines. Celui qui est la vie descend en ce monde et il se couche dans une mangeoire. La mort voudrait bien le dévorer immédiatement, mais elle se bute à la puissance de l’Esprit qui guide la petite famille à l’écart chaque fois qu’elle en approche. Il n’y a pas d’armées célestes qui se précipitent pour secourir la source de la vie éternelle. Il n’y a pas une épée qui se tire d’un fourreau pour frapper. Il n’y a pas de peur. Jésus qui est la vie se livre librement à la mort afin d’y descendre et de la vaincre sans aucune violence, sinon à son égard par les vivants qu’il vient sauver. Le règne de Dieu qui s’établit n’est pas affaire de puissance semblable aux puissants de ce monde, il est affaire d’humilité et de douceur. Il n’est pas affaire de grandeur écrasante, mais de petitesse dans la crèche, d’humiliation sur la croix. ‘Le règne de Dieu n’est pas affaire de nourriture ou de boisson, il est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint.’ (Ro 14,17)

Méfiez-vous des hommes, ils n’entendent rien à la justice, à la paix, à la joie dans l’Esprit Saint. « Ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues. »  Ils ne pourront supporter vos absences à leurs jeux, à leurs banquets, à leurs temps des fêtes. Ils s’énerveront à vous voir rechercher les réalités d’en haut et à ne pas mettre tout votre cœur dans la quête des réalités d’en bas. Ils tourneront le regard en vous voyant au pied de la crèche ou de la croix. Ils refuseront de prendre le temps de comprendre ou même de s’interroger pour ne pas briser la tranquillité de leur petite vie.

« Nous le savons : l’homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix avec lui pour que cet être de péché soit réduit à l’impuissance, et qu’ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché. » (Ro 6, 6) N’est-ce pas l’Esprit qui nous enseigne cela pour nous garder à l’ombre de la croix afin que nous puissions vivre de la vie de celui qui meurt et ressuscite pour nous?

« Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d’en haut, où le Christ demeure assis à la droite de Dieu; affectionnez-vous aux choses d’en haut, et non à celles de la terre : car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu. Quand le Christ, votre vie, apparaîtra, alors vous apparaîtrez, vous aussi, avec lui dans la gloire. » (Col 3, 1-4)

C’est insupportable à entendre pour celui qui ne veut pas croire à cet enfant de l’étable, à ce jeune homme sur la croix?   C’est insoutenable pour les grands de ce monde que le plus grand au ciel et sur la terre se fasse si petit pour sauver les pauvres, du moins ceux qui reconnaissent qu’ils le sont, riches et pauvres.

‘Ah! dit-il, je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. » Jetant alors de grands cris, ils se bouchèrent les oreilles et, comme un seul homme se précipitèrent sur lui, le poussèrent hors de la ville et se mirent à le lapider. » (Act 7, 56-58) En lançant des pierres à Étienne, ils entendirent quelque chose d’encore plus inacceptable, des mots qui les brûlaient au cœur et les remplissaient de rage : « Puis il fléchit les genoux et dit, dans un grand cri, ‘Seigneur, ne leur impute pas ce péché.’ Et en disant cela, il s’endormit. » (Act 7, 60)

Encore aujourd’hui se fait entendre l’insupportable amour dans ce monde individualiste, l’insoutenable gratuité dans ce monde de consommation, l’injustifiable oubli de soi pour s’établir dans l’Esprit dans ce monde ancré dans son corps mortel. L’Esprit du Père parle encore aujourd’hui et trop de gens encore ramassent des pierres pour le faire taire.

« Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, je me déclarerai moi aussi pour lui devant mon Père qui est aux cieux»  (Mt 10, 32).

Normand Décary-Charpentier