26 juillet, Jn 16,12-15 : Le poisson n’a pas la force de porter la parole du pêcheur!

 In Méditer les écritures

Évangile :

J’aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous n’avez pas la force de les porter.
 Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : il redira tout ce qu’il aura entendu; et ce qui va venir, il vous le fera connaître.
 Il me glorifiera, car il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.
 Tout ce qui appartient au Père est à moi; voilà pourquoi je vous ai dit : Il reprend ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.

Commentaires :

Il était impossible de parler de bactéries, microbes, virus, ou d’énergie électrique à une personne du 12e siècle sans susciter chez elle l’incompréhension. L’incapacité de comprendre ces choses n’empêchait pas les microbes, les ondes, l’énergie électrique d’exister à ce moment comme maintenant. La vérité est la même pour tous les siècles bien que nous l’ignorions. S’il y a des vérités matérielles qui étaient de tous les temps et que nous avons appris à entendre avec le temps, combien bien plus les vérités surnaturelles exigent-elles, elles aussi, du temps pour que nous parvenions à les porter?

N’était-ce pas en 325, au concile de Nicée, que le dogme de la Trinité fut proclamé dans la confession de foi? N’est-ce pas en 381, au premier concile de Constantinople, que nous entendons la proclamation du  Saint-Esprit consubstantiel au Père et en 431, au concile d’Éphèse, où l’Église proclame « Marie, mère de Dieu »? N’est-ce pas en 451que l’Église proclame la double nature de Jésus en une seule personne? Plus près de nous, en 1854, l’Église annonce la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception et en 1950, le pape proclame le dogme de l’Assomption : Marie, mère de Jésus de Nazareth, est montée au ciel avec son corps. Il faut du temps à l’Esprit Saint pour nous faire comprendre en hauteur, en largeur, en profondeur la parole de Dieu émise par son Fils Jésus.

Lorsque Jésus est parmi les apôtres, ils ne comprennent pas lorsqu’il leur dit que le Fils de l’homme doit souffrir, être rejeté des anciens, tué et ressuscité le troisième après sa mort. Le mot de résurrection, ils ne comprenaient pas ce qu’il voulait dire : « En descendant de la montagne, Jésus leur défendit de raconter à personne ce qu’ils avaient vu, avant que le Fils de l’homme ne soit ressuscité d’entre les morts. Et ils restèrent fermement attachés à cette consigne, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : “ressusciter d’entre les morts.” (Mc 9, 9-10) Les autorités religieuses, les maîtres en Israël ne comprenaient pas plus : “Veut-il donc se suicider, puisqu’il dit : ‘Là où moi je m’en vais, vous ne pouvez pas y aller’?” Il leur répondit : “Vous, vous êtes d’en bas; moi, je suis d’en haut. Vous êtes de ce monde; moi, je ne suis pas de ce monde.” (Jn 8, 22-23) La vérité d’en haut est immuable, irréversible, elle est la vérité et la vérité est la même pour les siècles. Nos vérités, y compris celles de la science, sont réversibles, car comment pouvons-nous juger du comportement de la matière en ne pouvant observer celle-ci que sur notre planète, un grain de sable dans l’océan d’étoiles?

“Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui.” (…) Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, s’écrièrent : “Ce qu’il dit là est intolérable, on ne peut pas continuer à l’écouter!” Jésus connaissait par lui-même ces récriminations des disciples. Il leur dit : “Cela vous heurte? Et quand verrez-vous le Fils de l’homme monter là où il était auparavant?… C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie.” (Jn 6, 56.60-63)

N’est-ce pas l’Esprit qu’il faut pour comprendre les paroles de Jésus qui sont esprit et vie? “Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière.”

Une fourmi n’entend rien au monde du poisson, pas plus qu’à l’esprit de l’homme et à ses sentiments. Comment l’esprit humain pourrait-il entendre les paroles de l’esprit sans l’Esprit de Dieu? Nous pouvons croire quelquefois en regardant le ciel que personne ne peut nous voir sans que nous le percevions nous-mêmes, comme si nous étions au dernier stade de la conscience. Le poisson aussi n’a pas idée d’être regardé sans voir qui le regarde, et pourtant, nous sommes bien au-dessus de sa conscience et nous le regardons sans qu’il nous voie.

Ainsi Dieu nous regarde, et nous ignorons son regard sur nous : mais le Seigneur dit à Samuel : “Ne considère pas son apparence ni sa haute taille, car je l’ai écarté. Dieu ne regarde pas comme les hommes, car les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le coeur.” (1 Samuel 16, 7) Il regarde notre cœur et il nous voit sans que nous sachions qu’il nous regarde. Il cherche : “Dieu du haut des  cieux, regarde les fils de l’homme, pour voir, s’il y a quelqu’un qui soit intelligent, qui cherche Dieu.” (Ps 53, 2-3)

Dieu nous regarde et il nous aime : “Voyant les foules, il eut pitié d’elles parce qu’elles étaient fatiguées et abattues comme des brebis sans berger”. Il dit alors à ses disciples : “La moisson est abondante, et les ouvriers sont peu nombreux.” (Mt 9, 36-37) Il veut nous repêcher de ces eaux profondes où nous nous enfonçons pour nous conduire à la maison de son Père sur les rivages éternels. Il prend le temps de former des pêcheurs pour sortir les pécheurs des eaux de la mort en nous faisant passer par les eaux du baptême qui nous transforme, de poisson qui n’entend rien à la parole, en homme nouveau qui se donne en nourriture pour les autres afin que nous retrouvions l’unité dans l’amour par le Fils.

Il y a tellement d’amour à donner et pour l’instant, nous ne pouvons le porter sans mourir, il n’y a que lui pour nous sortir de l’emprise de cette eau du mal et de la mort et nous garder en vie pour que nous donnions la vie :

“Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur.” Jésus dit à Simon : “Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras.” (Lc 5, 8. 10)

Que l’Esprit nous fasse connaître le Fils afin que nous lui devenions semblables et que nous courions avec lui sur les routes pour annoncer cette bonne nouvelle de la vie.

NDC