26 juin, Mt 7, 6. 12-14 : Le sens du sacré.

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Évangile :
Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus sur la montagne, il leur disait : « Ce qui est sacré, ne le donnez pas aux chiens; vos perles ne les jetez pas aux cochons, pour éviter qu’ils les piétinent puis se retournent pour vous déchirer.
“Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi, voilà ce que dit toute l’Écriture : la Loi et les Prophètes. Entrez par la porte étroite. Elle est grande, la porte, il est large, le chemin qui conduit à la perdition; et ils sont nombreux, ceux qui s’y engagent. Mais elle est étroite, la porte, il est resserré, le chemin qui conduit à la vie; et ils sont peu nombreux, ceux qui le trouvent.”
Commentaires :
Ce qui est sacré, ne le donnez pas aux chiens. Que peut faire un chien de ce qui ne se mange pas? Que peut faire un porc d’une perle? Il ne fera que la piétiner en restant sur sa faim. Le porc risque fort comme le chien de se retourner contre celui qui prétendait assouvir son appétit avec ce qui ne se mange pas.
Ce qui est sacré ne se mange pas, ne se marchande pas. “Si tu es le Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain.” Jésus répondit : “Il est écrit : Ce n’est pas seulement de pain que l’homme doit vivre, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.” (Mt 4, 3-4) Le sacré nourrit l’âme, l’esprit, le cœur, il donne la paix, la joie, l’amour. Le sacré n’a pas de prix, sa valeur est inestimable, il rapporte de manière éternelle.
Le chien tout comme le porc n’y voient aucune valeur pour calmer sa faim dans l’immédiat. Cette quête anxieuse de nourriture terrestre garde ces pauvres bêtes le nez collé au sol à la recherche du moindre aliment comestible. Ils pourraient bien croiser une montagne de diamants et passer outre. Un seul diamant pouvait pourtant leur assurer la subsistance jusqu’à la fin de leurs jours. À ne regarder que le sol pour se repaître de biens qui passent, bien des trésors nous échappent.
« Malheureux, vous qui êtes repus maintenant : vous aurez faim! » (Lc 6, 25) Le jour du sacré, le jour de notre dignité finit toujours par se manifester et ce jour-là, c’est la faim de la parole qui donne sens à notre vie dont nous avons faim. La conduite du repu se retourne contre lui-même et le dévore. ‘Personne n’acquiert la vertu dans la maladie,’ dit l’auteur de l’Imitation de Jésus-Christ.
Comment acquérir la sagesse du sacré, de notre dignité, de notre valeur? Comment prendre conscience que nous valons plus que notre corps, que notre vie intérieure est précieuse et qu’en elle se dévoile le sens de notre vie? Comment ne pas remettre à demain cette quête l’amour sans prix? Comment ne pas donner le sacré en nous à nos instincts, nos perles à notre cupidité?
Jésus nous donne la règle d’or pour demeurer présent à ce qui n’est pas du pain pour le ventre, mais une nourriture de vie éternelle. ‘Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi, voilà ce que dit toute l’Écriture : la Loi et les Prophètes.’ De voir dans le visage de l’autre notre propre visage nous conduit à agir pour lui comme nous le ferions pour nous, ainsi notre œil s’apprivoise au sens du sacré, à cette dignité gravée en nous par le Père. Ne sommes-nous pas créés à l’image de Dieu et invités à retrouver l’unité avec lui et tous les autres par son Fils? Jésus ne vient pas sauver une tradition, mais des personnes, car chacune a une valeur inestimable. ‘Le sabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat;’ (Mc 2:27) Jésus l’affirme fortement à ce pharisien qui s’oppose à une guérison un jour de sabbat : ‘Il y a six jours pour travailler; venez donc vous faire guérir ces jours-là, et non pas le jour du sabbat.’ Le Seigneur lui répliqua : ‘Esprits faux que vous êtes! N’est-il pas vrai que le jour du sabbat chacun de vous détache de la mangeoire son boeuf ou son âne pour le mener boire? Et cette femme, une fille d’Abraham, que Satan avait liée il y a dix-huit ans, n’est-il pas vrai que le jour du sabbat il fallait la délivrer de ce lien? ’ (Lc 13, 13-16)
La porte est étroite pour accéder au regard sur l’autre comme un autre nous-mêmes. La porte de la recherche de notre intérêt individuel est large, si large que ceux qui sont en charge du sacré peuvent l’emprunter : ‘‘Malheur à vous, guides aveugles, qui dites : ‘Si l’on jure par le sanctuaire, cela ne compte pas; mais si l’on jure par l’or du sanctuaire, on est tenu.’ Insensés et aveugles! quel est donc le plus digne, l’or ou le sanctuaire qui a rendu cet or sacré? ’ (Mt 23, 16-17) Nos esprits se faussent sans un regard vrai sur l’autre. Nous perdons l’esprit pour quelques sous, quelques avantages : ‘ supposons qu’un homme déclare à son père ou à sa mère : Les ressources qui m’auraient permis de t’aider sont corbane, c’est-à-dire offrande sacrée. » Vous l’autorisez à ne plus rien faire pour son père ou sa mère, et vous annulez la parole de Dieu par la tradition que vous transmettez. » (Mc 7, 11-13)
La porte de l’amour est étroite et rares sont ceux qui la trouvent à trop rechercher que leurs avantages.
‘Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger.’ (Mt 11, 28-30)
Il faut répondre à cette invitation de Jésus et laisser le joug de notre quête de bonheur sans tous les autres pour prendre sur nous, son joug qui mène à l’unité. Il donne sens au sacré en se consacrant pour nous :
‘Pour eux je me consacre moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, consacrés dans la vérité. Je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi, afin que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. » (Jean 17:19 -21)
NDC