26 mai, Jn 16, 20-23a : Ce jour-là, nous connaitrons ce qu’est la joie!

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Évangile :

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : vous allez pleurer et vous lamenter, tandis que le monde se réjouira. Vous serez dans la peine, mais votre peine se changera en joie. La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. Mais, quand l’enfant est né, elle ne se souvient plus de son angoisse, dans la joie qu’elle éprouve du fait qu’un être humain est né dans le monde.

“Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera. En ce jour-là, vous n’aurez plus à m’interroger.”

Commentaires :

Qui plus que Jésus, celui qui de son cœur transpercé après sa mort et toujours vivant de la vie du Père, peut nous parler de la douleur de l’enfantement et de la joie qui suit à voir se lever la multitude d’enfants de Dieu sur qui la mort n’aura plus d’emprise et en qui brillera la lumière de la vie dans leurs yeux souriants? Qui mieux que Jésus peut nous dire ce que sont la peine et la joie?

Qui plus que l’Éternel peut connaitre ce qu’est la souffrance en descendant dans la mort? Il est la vie et rien en lui ne donne prise à la mort et pourtant, il acceptera de mourir pour nous donner naissance dans sa mort en s’abandonnant au Père et à l’Esprit. “Y a-t-il plus grand amour que de mourir pour ceux qu’on aime.” (Jn 15,13) Y a-t-il plus grand amour que de prendre sur soi toutes les dettes d’un inconnu qui nous ignore et de se livrer en rançon à son ravisseur pour lui rendre une vie nouvelle, où s’effaceront toutes les traces et les marques de sa captivité? Jésus a avancé vers le baptême, de cette mort où il verse son sang jusqu’à la dernière goutte (Mc 10,38 — Lc 12, 50) pour “accomplir toute justice,” (Mt 3, 15), cette justice qui n’est pas celle des pharisiens, cette justice qui est celle de l’amour puisque le juge prend sur lui la condamnation pour libérer le condamné.

“Il a pris nos péchés sur lui et les a portés dans son corps… oui, c’est par ses blessures que vous avez été guéris.” (1 Pi 2, 24)

Y a-t-il plus grand amour que de mourir par amour en remettant sa vie à l’amour dont nous sommes aimés pour revenir à la vie et donner sa vie? “Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez en mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez en mon amour, comme moi j’ai gardé les commandements de mon Père et je demeure en son amour. » (Jn 15, 9-10) Demeurez dans cet amour pour être enfantés à la vie de la grâce et devenir des hommes de foi qui meurent avec Jésus pour être enfantés à la vie de Dieu.

Amen, je vous le dis : vous allez pleurer et vous lamenter en voyant le glaive transpercer le cœur de Jésus dans sa mort. Vous allez résister et geindre, vous sortirez le glaive pour changer l’histoire à votre manière : ‘Alors Simon-Pierre, qui portait un glaive, le tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l’oreille droite. Ce serviteur avait nom Malchus. Jésus dit à Pierre : ‘Rentre le glaive dans le fourreau. La coupe que m’a donnée le Père, ne la boirai-je pas? ’ (Jn 18, 10-11) L’amour ne fuit pas devant l’ennemi, il tend l’autre joue à celui qui le frappe, il prie pour celui qui le persécute, il prend sur lui sa faute, il accouche dans la douleur son ennemi. La coupe que le Père lui donne à boire, elle n’est remplie que d’amour, de lumière de vie, du feu de l’Esprit. ‘Puis, prenant du pain, il rendit grâces, le rompit et le leur donna, en disant : ‘Ceci est mon corps, donné pour vous ; faites cela en mémoire de moi.’ Il fit de même pour la coupe après le repas, disant : ‘Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, versé pour vous.’ (Lc 22, 19-20)

‘Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire? » Mt 20, 22) Cette coupe et son contenu n’ont rien à voir avec ce qu’il y a à boire en ce monde. ‘Vous savez que les chefs des nations dominent sur elles en maîtres et que les grands leur font sentir leur pouvoir. Il n’en doit pas être ainsi parmi vous : au contraire, celui qui voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur, et celui qui voudra être le premier d’entre vous, sera votre esclave. C’est ainsi que le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude. » (Mt 20, 25-28) Vous allez pleurer et vous lamenter à vouloir être grands en vous faisant petits, en voulant enrichir les autres de la vie qui est en vous en vous faisant pauvres, en voulant être forts en vous faisant faibles. Le monde lui, se réjouira et se moquera de la joue que vous lui tendez. Pourtant, votre peine se changera en joie, une joie que rien ne pourra vous ravir. Une joie que le monde ne peut pas connaître, car là où règne la mort, les rires se taisent toujours au jour de deuil, les vêtements de luxe se couvrent toujours d’un linceul.

Qui mieux que Pierre qui a tant pleuré peut témoigner de cette joie qui vient après les pleurs, de cette joie qui voit la vie avoir le dernier mot sur la mort, l’amour sur la haine, l’unité sur la division, la vie de Dieu sur la vie mortelle. Qui mieux que Pierre peut parler de cet amour qui enfante à la vie nouvelle?

‘Car c’est une grâce que de supporter, par égard pour Dieu, des peines que l’on souffre injustement. Quelle gloire, en effet, aurez-vous à supporter les coups si vous avez commis une faute? Mais si, faisant le bien, vous supportez la souffrance, c’est une grâce auprès de Dieu. Or, c’est à cela que vous avez été appelés, car le Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un modèle afin que vous suiviez ses traces, lui qui n’a pas commis de faute — et il ne s’est pas trouvé de fourberie dans sa bouche; lui qui insulté ne rendait pas l’insulte, souffrant ne menaçait pas, mais s’en remettait à Celui qui juge avec justice; lui qui, sur le bois, a porté lui-même nos fautes dans son corps, afin que, morts à nos fautes, nous vivions pour la justice; lui dont la meurtrissure vous a guéris. Car vous étiez égarés comme des brebis, mais à présent vous êtes retournés vers le pasteur et le gardien de vos âmes. » (1 Pi 2, 19-25)

‘Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera. En ce jour-là, vous n’aurez plus à m’interroger.’

Ce jour-là, vous demeurerez dans l’amour du Fils pour que l’amour du Père et du Fils dans l’Esprit Saint demeure en vous et que vous aimiez à tous les instants comme vous êtes aimés de toute éternité et pour l’éternité.

NDC