27 avril, Jn 10,1-10 : La porte de la vie est ouverte et personne ne pourra la fermer.

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Évangile :

« Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans la bergerie sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit.

Celui qui entre par la porte, c’est lui le pasteur, le berger des brebis.
Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir.
Quand il a conduit dehors toutes ses brebis, il marche à leur tête, et elles le suivent, car elles connaissent sa voix.
Jamais elles ne suivront un inconnu, elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne reconnaissent pas la voix des inconnus. »
Jésus employa cette parabole en s’adressant aux pharisiens, mais ils ne comprirent pas ce qu’il voulait leur dire.
C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : je suis la porte des brebis.
Ceux qui sont intervenus avant moi sont tous des voleurs et des bandits; mais les brebis ne les ont pas écoutés.
Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé; il pourra aller et venir, et il trouvera un pâturage.
Le voleur ne vient que pour voler, égorger et détruire. Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu’ils l’aient en abondance.

Commentaires :

Jésus s’adresse aux pharisiens dans cette parabole, à ceux-là mêmes qui ragent de l’entendre parler ouvertement, qui s’alarment de l’influence de ses enseignements sur le peuple, surtout chez les plus ignorants. Toute cette animosité à l’endroit de Jésus tient de la jalousie, de cette douleur dont souffrait Caïn à voir les offrandes d’Abel plaire à Dieu. Ils souffraient à la vue de tous les signes qu’il faisait, ils se tordaient de douleur de voir plusieurs des leurs croire en lui. “Rabbi, nous le savons, tu viens de la part de Dieu comme un Maître : personne ne peut faire les signes que tu fais, si Dieu n’est pas avec lui.” (Jn 3, 2) Tous ces signes indiscutables, ces signes qui ouvrent l’entrée de la vie là où il y a la mort, qui ramènent la santé, là où il y a la maladie, la vérité où il y a le mensonge, le bien où il y a le mal, la paix où se trouve le tourment, l’unité là où il y a la division! L’aveugle de naissance retrouve la vue, le boiteux danse, le paralysé porte son grabat, le mort marche et se détache de son linceul, le pauvre relève les yeux, le prisonnier retrouve sa liberté. C’est la fête, la table des noces de l’Époux de l’humanité se dresse et les pharisiens complotent pour sa destruction. Ils sont impatients de le tuer et ils ne s’en cachent pas entre eux. Ce Jésus, en plus de trouver la faveur de Dieu et du peuple, freine leur ambition à la gloire, à la richesse, aux honneurs. Il n’y a que sa mort qui apportera soulagement à cette douleur qui les ronge, à cette jalousie qu’ils refusent d’admettre. “Que faisons-nous? disaient-ils, cet homme fait beaucoup de signes. Si nous le laissons ainsi tous croiront en lui, et les Romains viendront et ils supprimeront notre Lieu Saint et notre nation.” Mais l’un d’entre eux, Caïphe, étant grand prêtre cette année-là, leur dit : “Vous n’y entendez rien. Vous ne songez même pas qu’il est de votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple et que la nation ne périsse pas tout entière.” (Jn 11, 47-50) À ces mots de Caïphe, il y a un grand soulagement “dans leur intérieur rempli de rapine et d’intempérance (…) d’ossements de morts et de toute pourriture” (Mt 23,). Ils ont nommé une justification pour vouloir la mort du Juste avec bonne conscience.

Pilate distinguera bien cette jalousie sous le couvert de la justice qu’ils lui réclameront d’exécuter à leur place lorsqu’ils mèneront Jésus à son palais pour le juger. Sa femme elle-même présagera qu’une injustice démentielle sera commise à l’égard de ce Jésus. “Il savait bien que c’était par jalousie qu’on l’avait livré. Or, tandis qu’il siégeait au tribunal, sa femme lui fit dire : ‘Ne te mêle point de l’affaire de ce juste; car aujourd’hui j’ai été très affectée dans un songe à cause de lui.’ (Mt 27, 18-19)

Dans l’obscurité de ce monde où la vérité n’est qu’accessoire au service des fins de ce monde, Pilate et sa femme voient une lueur de vérité poindre, toutefois ils préfèrent s’en tenir loin pour ne pas avoir à l’assumer devant les puissants de ce monde. ‘Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie.’ (Jn 1, 4-5) Ils préféraient demeurer dans l’indifférence et continuer à servir ce qui avait quelques avantages pour leurs ambitions.

Pilate et sa femme voyaient la Porte, les pharisiens aussi voyaient cette Porte par les signes que Jésus accomplissait. Ils préféraient la garder close et l’enfouir sous terre pour mieux garder son emprise sur le peuple et le mener selon leur intérêt. ‘Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, qui fermez aux hommes le Royaume des Cieux! Vous n’entrez certes pas vous-mêmes, et vous ne laissez même pas entrer ceux qui le voudraient! Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, qui parcourez mers et continents pour gagner un prosélyte, et, quand vous l’avez gagné, vous le rendez digne de la géhenne deux fois plus que vous! » (Mt 23, 14-15) Ils croient avec assurance qu’en le jetant dans la mort, la puissance de Dieu qu’il y a en lui n’agira plus et qu’ainsi encore une fois, ils auront été justifiés de l’y précipiter pour montrer que ce Jésus n’était pas celui qui était attendu de la part de Dieu. Les pharisiens anticipent sa mort et se régalent déjà du moment où ils pourront bien se moquer de lui et se vider de leur jalousie. ‘Les passants l’injuriaient en hochant la tête et disant : ‘Toi qui détruis le Sanctuaire et en trois jours le rebâtis, sauve-toi toi-même, si tu es fils de Dieu, et descends de la croix.’

Pareillement, les grands prêtres se gaussaient et disaient avec les scribes et les anciens : ‘Il en a sauvé d’autres et il ne peut se sauver lui-même! Il est roi d’Israël : qu’il descende maintenant de la croix et nous croirons en lui! Il a compté sur Dieu; que Dieu le délivre maintenant, s’il s’intéresse à lui! Il a bien dit : Je suis fils de Dieu! ’ (Mt 27, 39-43)

Ils ne verront pas en ce Jésus crucifié, la Porte de la vie éternelle qui s’ouvre sur le monde, ils ne verront pas le fleuve d’eau vive couler de son cœur transpercé. Ils verront une parole qu’ils font taire, ils verront mourir quelqu’un qui les menaçait. Ils n’entendent pas Jésus qui dit : ‘Père, pardonne-leur : ils ne savent ce qu’ils font.’ Puis, se partageant ses vêtements, ils tirèrent au sort. » (Lc 23, 34) Ils ne verront pas l’Écriture s’accomplir sous leurs yeux, ils ne verront que le feu de la jalousie s’éteindre en eux. Ils verront la lumière des apparences revenir les rendre éclatants aux yeux des autres.

‘Ainsi s’accomplit pour eux la prophétie d’Isaïe qui disait : Vous aurez beau entendre, vous ne comprendrez pas; vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. C’est que l’esprit de ce peuple s’est épaissi : ils se sont bouché les oreilles, ils ont fermé les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur esprit ne comprenne, qu’ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse. Quant à vous, heureux vos yeux parce qu’ils voient; heureuses vos oreilles parce qu’elles entendent. En vérité je vous le dis, beaucoup de prophètes et de justes ont souhaité voir ce que vous voyez et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l’ont pas entendu! ’ (Mt 13, 14-17)

Heureux ceux qui voient dans le crucifié la Porte et qui grimpe avec lui sur la croix pour vivre et trépasser avec lui, pour ressusciter avec lui par la puissance du Père dans l’Esprit Saint. Malheureux celui qui se ferme à la miséricorde de Dieu qui vient mourir ainsi pour nous afin de prendre sur lui nos croix et nous mener dans le cœur du Père.

‘L’un des malfaiteurs suspendus à la croix l’injuriait : ‘N’es-tu pas le Christ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi.’ Mais l’autre, le reprenant, déclara : ‘Tu n’as même pas crainte de Dieu, alors que tu subis la même peine! Pour nous, c’est justice, nous payons nos actes; mais lui n’a rien fait de mal.’ Et il disait : ‘Jésus, souviens-toi de moi, lorsque tu viendras avec ton royaume.’ Et il lui dit : ‘En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis.’ (Lc 23, 39-43)

‘Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu’ils l’aient en abondance.’

Les pharisiens croyaient bien en avoir fini avec ce Jésus et voilà qu’à nouveau les signes de sa présence se manifestent à Jérusalem : ‘Chefs du peuple et anciens, nous sommes interrogés aujourd’hui pour avoir fait du bien à un infirme, et l’on nous demande comment cet homme a été sauvé. 
Sachez-le donc, vous tous, ainsi que tout le peuple d’lsraël : c’est grâce au nom de Jésus le Nazaréen, crucifié par vous, ressuscité par Dieu, c’est grâce à lui que cet homme se trouve là devant vous, guéri. 
Ce Jésus, il est la pierre que vous aviez rejetée, vous les bâtisseurs, et il est devenu la pierre d’angle. 
En dehors de lui, il n’y a pas de salut. Et son Nom, donné aux hommes, est le seul qui puisse nous sauver.’ (Act 4, 8-12)

La douleur revient encore plus forte dans le ventre des pharisiens. La jalousie et la rage sa compagne se font un nid et le sang coulera encore pour éteindre cette lumière de vie et ils n’y pourront rien. Elle brille encore et sa voix se fait encore entendre sur la place et les signes sont toujours aussi nombreux et il en sera ainsi jusqu’à son retour dans la gloire. La porte est ouverte.

 

NDC