27 mai, Jn 16, 23b-28 : Qui donc peut être notre médiateur auprès de Dieu, sinon Dieu fait homme?

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Évangile :

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : si vous demandez quelque chose à mon Père en invoquant mon nom, il vous le donnera. Jusqu’ici vous n’avez rien demandé en invoquant mon nom; demandez, et vous recevrez : ainsi vous serez comblés de joie.

“J’ai employé des paraboles pour vous parler de tout cela. L’heure vient où je vous annoncerai ouvertement tout ce qui concerne le Père. En ce jour-là, vous demanderez en invoquant mon nom; or, je ne vous dis pas que c’est moi qui prierai le Père pour vous, car le Père lui-même vous aime, parce que vraiment vous m’aimez, et vous croyez que je suis venu d’auprès de Dieu. Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde, maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père.”

Commentaires :

Jésus dit :’ Si vous demandez quelque chose à mon Père en invoquant mon nom, il vous le donnera’. N’est-ce pas le secret de la prière de demander au Père au nom de Jésus? N’est-ce pas Jésus qui nous fait lever debout : “Lève-toi et marche.” (Mc 2, 11) N’est-ce pas lui qui a le pouvoir de pardonner nos péchés parce qu’il les prend sur lui? “Pourquoi cet homme parle-t-il ainsi? Il blasphème. Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul?” (Mc 2, 7) C’est juste, Dieu seul peut rendre justice à nos fautes irréversibles. Quel Hitler de ce monde peut rendre à tous les enfants leurs parents assassinés? Il n’y a que Dieu qui peut rendre la vie et faire du monde ancien, un monde nouveau, le monde de l’amour véritable, là où il n’y aura plus de pleurs et de souffrances. Il n’y a que Dieu qui peut sortir de l’étreinte de la mort tous ceux qui meurent de faim et de soif aujourd’hui et leur rendre leur droit à une vie pleine de dignité et de joie.

Nous avons beau faire la paix à la suite de nos guerres meurtrières, les morts demeurent dans leurs tombeaux, les larmes ne sèchent pas, les enfants restent orphelins. “Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul?” Qui peut donc réparer l’irréparable, renverser l’irréversible, sinon Dieu seul? “Eh bien! Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre, je te l’ordonne, dit-il au paralysé : Lève-toi, prends ton brancard et rentre chez toi.” (Mc 2, 10-11)

Qui donc peut rendre la vie, sinon Dieu seul?

“Tous pleuraient et se lamentaient sur elle. Alors Jésus dit :  Ne pleurez pas; elle n’est pas morte, mais elle dort. Et ils se moquaient de lui, en voyant qu’elle venait de mourir.” (Lc 8, 52-53)

Qui donc peut rendre la vie à un mort depuis quatre jours, sinon Dieu seul? Jésus dit : “Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui! (…)  Quand Jésus arriva, il trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. (…) ‘Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra; et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela’? (…) Après cela, il cria d’une voix forte : ‘Lazare, viens dehors! ’ Et le mort sortit, les pieds et les mains attachés, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : ‘Déliez-le, et laissez-le aller.’ (Jn 11, 14-15. 17.25-26. 43-44)

Qui donc peut pardonner les péchés, qui donc peut sortir des mers profondes tous les marins ensevelis, sinon Dieu seul? Qui donc peut rendre à Marthe et à Marie, leur frère Lazare, sinon Dieu seul?

Qui donc peut descendre dans la mort et tuer la mort par sa lumière dans ses ténèbres, sinon Dieu seul? Qui donc peut s’offrir librement à mourir pour la multitude afin de les racheter à l’emprise du mal et de la mort, sinon Dieu seul?

‘Si nous continuons à le laisser agir, tout le monde va croire en lui, et les Romains viendront détruire notre Lieu saint et notre nation.’ Alors, l’un d’entre eux, Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là, leur dit : ‘Vous n’y comprenez rien; vous ne voyez pas quel est votre intérêt : il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que l’ensemble de la nation ne périsse pas. Ce qu’il disait là ne venait pas de lui-même; mais, comme il était grand prêtre cette année-là, il fut prophète en révélant que Jésus allait mourir pour la nation. Or, ce n’était pas seulement pour la nation, c’était afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés.’ (Jn 11, 48-52)

Le grand prêtre cette année-là ignorait qu’il ouvrait le sanctuaire au seul grand prêtre que nous avions besoin pour retrouver la vie: « En Jésus, le Fils de Dieu, nous avons le grand prêtre par excellence, celui qui a pénétré au-delà des cieux; (…) En effet, le grand prêtre que nous avons n’est pas incapable, lui, de partager nos faiblesses; en toutes choses, il a connu l’épreuve comme nous, et il n’a pas péché. Avançons-nous donc avec pleine assurance vers le Dieu tout-puissant qui fait grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours. » (He 4, 14-17)

Jésus nous a pris sur lui, tous sans exception. Qui donc peut prendre sur lui toute l’humanité, sinon Dieu seul?

‘Il lui fallait donc devenir en tout semblable à ses frères, pour être, dans leurs relations avec Dieu, un grand prêtre miséricordieux et digne de confiance, capable d’enlever les péchés du peuple. (He 2, 17)

Crois-tu cela?

‘Amen, amen, je vous le dis : si vous demandez quelque chose à mon Père en invoquant mon nom, il vous le donnera.’

Jésus vient du Père et retourne au Père après avoir pris notre condition humaine et ainsi être notre médiateur auprès du Père qui peut nous aimer de l’amour dont il nous a toujours aimés. N’est-ce pas à cause de cet amour pour nous qu’il est venu mourir pour nous comme homme afin de nous justifier avec Dieu? ‘Le Père lui-même vous aime, parce que vraiment vous m’aimez, et vous croyez que je suis venu d’auprès de Dieu. Crois-tu cela? Dieu a donné, par la foi, l’accès au monde et fait de nous des justes par la foi; nous sommes ainsi en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a fait don de la grâce dans lequel nous sommes établis.’ (Rm 5, 1-2)

Tout ce que nous attendons de bien en ce monde ne peut venir que de Dieu, car qui parmi nous peut renverser l’irréversible mal fait aux uns et aux autres, qui peut réparer l’irréparable, tous ces morts, ces martyrs, sinon Dieu seul. Et qui connaît Dieu, sinon celui qui vient de Dieu? Il ne vient pas chercher la gloire humaine, celui qui vient de Dieu, mais la gloire de Dieu et la gloire de Dieu, c’est l’homme vivant, l’homme debout, l’homme rempli de joie de la tête aux pieds, du fond de son âme jusqu’à ses milliards de neurones. ‘Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous donniez beaucoup de fruits.’ (Jn 15, 8) Un arbre qui donne du fruit à jamais, n’est-ce pas un arbre vivant qui glorifie son jardinier et nourrit ceux qui cueillent ses fruits?

‘Nous sommes créés à nouveau, transformés, spiritualisés, glorifiés dans la nature divine. Par le Christ, nous recevons, comme par un canal, la vraie présence de Dieu, au dedans de nous et au-dehors; nous sommes imprégnés de sainteté et d’immortalité.
Et c’est là notre justification : notre montée par le Christ jusqu’à Dieu ou la descente de Dieu par le Christ jusqu’à nous, nous pouvons le dire d’une façon ou de l’autre… Nous sommes en lui, il est en nous; le Christ est ‘l’unique Médiateur’ (1 Tm 2,5), ‘la Voie, la Vérité et la Vie’ (Jn 14,6), joignant la terre avec le ciel. Et c’est là notre vraie justification — pas seulement le pardon ou la faveur, pas seulement une sanctification intérieure –… mais l’habitation en nous de notre Seigneur glorifié. Tel est le grand don de Dieu. » (Cardinal John Henry Newman [1801-1890], prêtre, fondateur de communauté religieuse, théologien, Lectures on Justification, n° 9,9)

 

NDC