27 sept, Mc 9, 38-43, 45,47-48 : La lumière n’éteint pas la mèche fumante.

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Évangile :

Jean, l’un des Douze, disait à Jésus : « Maitre, nous avons vu quelqu’un chasser des esprits mauvais en ton nom; nous avons voulu l’en empêcher, car il n’est pas de ceux qui nous suivent. »

Jésus répondit : « Ne l’empêchez pas, car celui qui fait un miracle en mon nom ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi; celui qui n’est contre nous est pour nous. Et celui qui vous donnera un verre d’eau au nom de votre appartenance au Christ, amen, je vous le dis, il ne restera sans récompense.

“Celui qui entrainera la chute d’un seul de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’on le jette à la mer. Et si ta main t’entraine au péché, coupe-la. Il vaut mieux entrer manchot dans la vie éternelle que d’être jeté avec tes deux mains dans la géhenne, là où le feu ne s’éteint pas. Si ton pied t’entraine au péché, coupe-le. Il vaut mieux entrer estropié dans la vie éternelle que d’être jeté avec tes deux pieds dans la géhenne.

‘Si ton œil t’entraine au péché, arrache-le. Il vaut mieux entrer borgne dans le royaume de Dieu que d’être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas.’

Commentaires :

Connaissons-nous vraiment le nom de Jésus, sa valeur et sa puissance pour nous et pour les autres? Jean en saisit mal le sens pour vouloir ainsi empêcher ceux qui ne sont pas à la suite de Jésus de se servir de ce nom.

Jean paraît vouloir s’approprier le nom de Jésus comme pour s’assurer d’avoir la meilleure place près de lui. Il souhaiterait en avoir l’exclusivité. La mère de Jean et de Jacques n’a pas hésité à demander à Jésus, devant tous les autres disciples, une place à sa gauche et à sa droite dans son Royaume pour ses deux fils. (Mt 20, 20sv) Jésus lui enseignera ainsi qu’à tous les autres, à distinguer entre les rois de ce monde et le Roi qui vient de Dieu : ‘Vous savez que les chefs des nations dominent sur elles en maîtres et que les grands leur font sentir leur pouvoir. Il n’en doit pas être ainsi parmi vous : au contraire, celui qui voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur, et celui qui voudra être le premier d’entre vous, sera votre esclave. C’est ainsi que le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude.’ (Mt 20, 25-28)

Jésus vient donner sa vie pour la multitude et non pour se former un royaume sur cette terre. Il ne cherche aucune gloire venant des hommes, il vient pour les sauver. Il ne vient pas rassembler une armée pour renverser les rois établis et prendre le pouvoir. Il vient pour servir et donner sa vie en rançon aux forces qui nous tiennent en esclavage afin d’ouvrir les portes de toutes les prisons, de tous les tombeaux, de toutes les souffrances. Jésus ne veut plus voir une larme couler, il ne veut plus entendre le cri éploré d’une mère à qui la mort a volé son enfant. Il ne veut plus voir de visage éteint où le feu de la vie s’est retiré.

Jésus n’est pas là pour établir le règne de Dieu à la manière des puissants de ce monde. Ses bras, ils seront cloués sur la croix, son cœur sera transpercé par la lance, son dos déchiré par le fouet, sa tête couverte d’une couronne d’épines, son visage défiguré par les coups, c’est ainsi qu’il vaincra les armes guerrières de la haine. C’est ainsi qu’il vaincra cet ennemi qui n’épargne ni le juste, ni l’injuste, ni la victime, ni l’assassin, ni le riche, ni le pauvre, ni le sage, ni le sot, ni le roi, ni l’esclave. Il descendra dans la mort pour y faire mourir la mort et rendre la vie à tous les mortels par le don de sa vie.

Être son disciple n’est pas un privilège, mais une responsabilité, celle de répandre cette vie, cette lumière de vie, cette humilité, cette douceur. Jésus n’appartient à personne, il est tout à tous et ceux qui l’accueilleront recevront le pouvoir de devenir enfants de Dieu.

Dieu est le Père de toutes les créatures depuis les origines du monde et pas une ne lui est indifférente. Pour ceux qui ont le bonheur de renaître de sa vie et d’en éprouver la valeur inestimable par la richesse de sa grâce, il y a devoir de répandre autour d’eux cette vie, ce feu, cet amour et de s’unir à tous ceux qui travaillent en son nom pour soigner autour d’eux ce qui est mal et mort.

Est-ce acceptable de garder pour soi un médicament qui nous a apporté la guérison pendant qu’autour de nous se meurt une multitude souffrant de ce dont nous avons été soignés? Est-ce que l’on privera un malade de la santé parce qu’il ne fait pas partie du groupe de celui qui apporte la guérison?

N’est-ce pas le but d’un médicament de soigner, sans distinction de race, de langue, d’âge, d’appartenance à un groupe ou pas? Le médicament s’attaque non au malade, mais à la maladie afin de réintroduire le malade dans la joie de la vie. Y a-t-il un malade qui parlera en mal de celui qui lui a rendu la santé et la joie de vivre?

Pourtant aujourd’hui en ce monde où tout se paye pour assurer de bonne place aux uns et aux autres sur les autres, certaines compagnies pharmaceutiques qui produisent des médicaments pouvant soigner de nombreux maux, interdisent de les remettre à ceux qui ne peuvent en payer le coût. N’est-ce pas là une horreur que de marchander pour s’assurer quelques privilèges? Le plus malade n’est pas celui qui se meurt, mais celui qui ferme la main pour ne pas porter secours à son prochain. Le plus paralysé n’est pas celui qui est dans la chaise roulante, c’est souvent celui dont le cœur est comme pierre.

Jean voulait bien garder le Messie pour lui, mais Jésus est venu pour la multitude. Il n’est pas venu pour juger le monde, mais le sauver en entier. Il laisse toujours la porte ouverte. Le bon larron en sera le premier témoin.

‘Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. Qui croit en lui n’est pas jugé; qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au Nom du Fils unique de Dieu.’ (Jn 3, 16-18)

Jésus veille avec soin sur le moindre balbutiement de foi qui prend racine en quiconque. Ce n’est pas pour lui qu’il vient ainsi se livrer, c’est pour nous tous. La richesse de son don dépasse infiniment la somme exigée pour notre rançon. Alors, ne faut-il pas veiller à préserver la foi de quelqu’un lorsqu’il la manifeste. Il s’agit de la vie éternelle de cette personne, il faut éviter de ne pas éteindre ce feu que Jésus allume par nos maladresses.

Il vaut mieux, devant le plus petit qui exprime sa foi en celui qui se livre pour lui donner la vie éternelle, verser en son cœur une parole bienveillante qui lui apportera réconfort pour continuer son chemin, que de le frapper d’un regard qui le force à se taire.

N’est-ce pas par rayonnement qu’il faut crier son appartenance au Christ? Briller de la lumière de sa présence vivante, une lumière qui sans bruit fait grandir la foi, l’espérance et la charité de tous ceux qui s’en approchent. ‘Voici mon Serviteur que j’ai choisi, mon Bien-aimé qui a toute ma faveur. Je placerai sur lui mon Esprit et il annoncera le Droit aux nations. Il ne fera point de querelles ni de cris et nul n’entendra sa voix sur les grands chemins. Le roseau froissé, il ne le brisera pas, et la mèche fumante, il ne l’éteindra pas, jusqu’à ce qu’il ait mené le Droit au triomphe : en son nom les nations mettront leur espérance.’ (Mt 12, 18-21)

Il faut veiller ardemment par la prière à être bienveillant et à se surveiller pour demeurer en présence de celui qui est la lumière de vie afin de briller de la lumière qui lance ses rayons sans rien faire chuter de ce qu’elle touche. Il faut mourir à soi pour le laisser vivre en nous afin qu’il nous fasse vivre de sa vie et que nous soyons contagieux de cette vie dans ce monde où la mort règne en maître.

‘Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera.’ (Mt 10, 39) ‘Que servira-t-il donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il ruine sa propre vie? ’ (Mt 16, 26)

‘Si ton œil t’entraine au péché, arrache-le. Il vaut mieux entrer borgne dans le royaume de Dieu que d’être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas.’

‘Allez donc! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde.’ (Mt 28, 19-20)

 

NDC