28 août, Mt 24, 42-51 : Veillez à demeurer bienveillant pour sa venue!

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Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Veillez, car vous ne connaissez le jour où votre Seigneur viendra. Vous le savez bien : si le maitre de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra.
“Quel est donc le serviteur fidèle et sensé à qui le maitre de maison a confié la charge de son personnel pour lui donner la nourriture en temps voulu? Heureux ce serviteur que son maitre, en arrivant, trouvera à son travail! Amen! Je vous le déclare : il lui confiera la charge de tous ses biens.
‘Mais si ce mauvais serviteur se dit : , et s’il se met à frapper ses compagnons, s’il mange et boit avec les ivrognes, son maitre viendra le jour où il ne l’attend pas et à l’heure qu’il n’a pas prévue : il se séparera de lui et le mettra parmi les hypocrites; là il y aura des pleurs et des grincements de dents.’
Commentaires :
Jésus parlait à ses disciples de sa venue pour les préparer à son départ après la Pâque et son retour à la Parousie. ‘Veillez, car vous ne connaissez le jour où votre Seigneur viendra.’
Personne ne connaissait le jour de sa venue dans le sein de la jeune fille de Bethléem! Les prophètes l’annonçaient, ils ignoraient le moment? Qui pouvait penser que Celui par qui tout a été fait verrait le jour en notre monde dans une étable? Qui s’imaginait que son lit serait une mangeoire? Les bergers veillaient dans la montagne et ils sont venus pour l’adorer à l’invitation des anges. Les mages veillaient à regarder le ciel pour voir son étoile et ils sont venus l’adorer en esprit et en vérité. Hérode le Grand ne s’attendait pas à sa naissance au moment où il reconstruisait le temple de Jérusalem. Jésus venait lui voler son prestige de roi-bâtisseur en venant à ce moment.
‘Le Verbe était la lumière véritable, qui éclaire tout homme; il venait dans le monde. Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli. » (Jn 1, 9-11) Les scribes et les pharisiens se sentaient menacés par ce fils de charpentier qui redonnait vie aux morts, chassait les esprits mauvais, guérissait les malades. Jésus venait comme un voleur dans le temple transformé en ‘caverne de voleurs’ par leurs trafics. Il venait le reprendre pour rendre à Dieu ce qui était à Dieu. Le temple n’est pas un lieu de trafic, mais une maison de prières. Les autorités religieuses veillaient à leurs intérêts plutôt qu’à la vie spirituelle du peuple.
‘Si nous avions vécu à l’époque de nos pères, nous n’aurions pas été leurs complices pour verser le sang des prophètes. (…) Maintenant, Dieu abandonne votre Temple entre vos mains, et il restera désert. En effet, je vous le déclare : vous ne me verrez plus jusqu’au jour où vous direz : ‘Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.’’ (Mt 23, 30. 38-39)
‘La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle; c’est là l’oeuvre de Yahvé, ce fut merveille à nos yeux. Voici le jour que fit Yahvé, pour nous allégresse et joie.’ (Ps 118, 22-24) Les bâtisseurs ont condamné comme un voleur celui qui venait au nom du Seigneur. Il venait leur voler ce qui les conduisait à la mort et au mal, il venait les enrichir de sa pauvreté, les fortifier de sa faiblesse. Les bâtisseurs construisaient un temple fait de main d’homme, ils ne pouvaient reconnaître le temple fait par les mains de Dieu. Comment reconnaître l’humilité de l’enfant de la crèche, du fils de charpentier, sur les poutres croisées où vous le laisser se faire suspendre injustement? Comment reconnaître le dessein d’amour de Dieu avec des projets de grandeur aux yeux des hommes? ‘Revêtez-vous tous d’humilité dans vos rapports mutuels, car Dieu résiste aux orgueilleux, mais c’est aux humbles qu’il donne sa grâce. (1 Pi 5, 5)
Veillez à demeurer comme de petits enfants pour reconnaître celui qui vient à l’heure que nous ne connaissons pas. ‘En vérité je vous le dis : quiconque n’accueille pas le Royaume de Dieu en petit enfant, n’y entrera pas.’ (Mc 10, 15) Quiconque ne devient comme un petit enfant s’inquiète, se tourmente, prétend savoir ce qu’il ignore pour évacuer sa crainte! L’enfant peut dormir, car son Père veille. ‘Dieu, je n’ai pas le coeur fier, ni le regard hautain. Je n’ai pas pris un chemin de grandeurs ni de prodiges qui me dépassent. Non, je tiens mon âme en paix et silence; comme un petit enfant contre sa mère, comme un petit enfant, telle est mon âme en moi.’ (Ps 131, 1-2)
Comment garder son âme en paix et dans le silence, sinon en gardant bien éveillée notre foi afin de demeurer bienveillant envers les autres comme le Seigneur Jésus l’a été pour nous! ‘Car nous aussi, nous étions naguère des insensés, des rebelles, des égarés, esclaves d’une foule de convoitises et de plaisirs, vivant dans la malice et l’envie, odieux et nous haïssant les uns les autres. Mais le jour où apparurent la bonté de Dieu notre Sauveur et son amour pour les hommes, il ne s’est pas occupé des oeuvres de justice que nous avions pu accomplir, mais, poussé par sa seule miséricorde, il nous a sauvés par le bain de la régénération et de la rénovation en l’Esprit Saint. Et cet Esprit, il l’a répandu sur nous à profusion, par Jésus Christ notre Sauveur, afin que, justifiés par la grâce du Christ, nous obtenions en espérance l’héritage de la vie éternelle.’ (Tt 3, 3-7)
Veillez à vous surveiller, à demeurer bienveillants comme le Seigneur l’a été pour nous afin que le voleur nous vole ce qui nous retient de le suivre. Jésus est mort entre deux voleurs, et le bon voleur, en reconnaissant que Jésus était injustement condamné comme un voleur, a laissé Jésus entrer en lui. ‘Aujourd’hui même tu seras avec moi dans le Paradis.’ (Lc 23, 43)
Une petite histoire des moines du désert raconte qu’un jour un voleur s’est introduit dans la cellule d’un moine et lui a volé la bible qu’il transcrivait à la main depuis de longues années. Le moine avait achevé son travail depuis peu. De nombreuses enluminures ornaient son travail. Le voleur se rend chez un marchand pour en obtenir la valeur. Le marchand devant ce travail demande à consulter un expert avant de lui donner un prix dans quelques jours. Une semaine passe, le voleur revient pour connaître le prix. Le marchand s’empresse de lui dire la grande valeur de la bible. Le voleur demande de connaître l’expert pour le remercier de son travail. Il apprend que c’est le moine à qui il a volé la bible qui a été demandé comme évaluateur et que celui-ci n’a en rien dénoncé le voleur. Le moine venait de voler l’âme du voleur pour Dieu par sa bienveillance et sa douceur. Le voleur se repentit devant tant de charité et il devint disciple de ce saint moine.
‘Agissez en tout sans murmures ni contestations, afin de vous rendre irréprochables et purs, enfants de Dieu sans tache au sein d’une génération dévoyée et pervertie, d’un monde où vous brillez comme des foyers de lumière, en lui présentant la Parole de vie.’ (Phil 2, 13-16)
Veillez à vous surveiller à demeurer bienveillants envers les autres. Veillez à garder le feu de la charité bien brûlant en vous par la foi en celui qui s’est livré pour nous afin de nous ouvrir les portes du Royaume du Père.
À saint Dominique Savio qui jouait au ballon, quelqu’un demandait ce qu’il ferait si c’était la fin du monde. Dominique répond : « Je continuerais à jouer au ballon. » C’est le cœur qui veille et dans le cœur, il y a un trésor que personne ne peut voler : ‘Ne vous amassez point de trésors sur la terre, où la mite et le ver consument, où les voleurs percent et cambriolent. Mais amassez-vous des trésors dans le ciel : là, point de mite ni de ver qui consument, point de voleurs qui perforent et cambriolent. Car où est ton trésor, là sera aussi ton coeur.’ (Mt 6, 19-21)
NDC