28 janv, Mc 3, 31-35 : À la parole de Jésus : Qui est ma mère? Marie est dans la joie.

Home / Méditer les écritures / 28 janv, Mc 3, 31-35 : À la parole de Jésus : Qui est ma mère? Marie est dans la joie.

Évangile :

Comme Jésus était dans une maison, sa mère et ses frères arrivent. Restant au-dehors, ils le font demander. Beaucoup de gens étaient assis autour de lui; et on lui dit : « Ta mère et tes frères sont là dehors, qui te cherchent. »

Mais il leur répond : « Qui est ma mère? Qui sont mes frères? » Et parcourant du regard ceux qui étaient assis en cercle autour de lui, il dit : « Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, ma mère. »

Commentaires :

« Ta mère et tes frères sont là dehors, qui te cherchent. »  À ces mots, Jésus entre dans une profonde émotion. Il aime sa mère et ses frères, il aime tout autant ceux qui sont devant lui et qui l’écoutent. Jésus est né d’une femme, il le sait et il honore cette femme. N’est-ce pas un commandement de Dieu que d’honorer son père et sa mère? Jésus observe sa parole, lui qui est le « Verbe fait chair. »  « Dieu a envoyé son Fils, fait d’une femme ». (Gal 4,4) Il est bien né d’une femme pour prendre chair, mais il « ne fut engendré ni du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu. » (Jn 1,13) Il est dans la chair par la volonté de Dieu. « Dieu est esprit » (Jn 4, 24) et c’est l’Esprit de Dieu qui l’a engendré. « Engendré, non pas créé, de même nature que le Père » disons-nous dans le « Credo ». Jésus est né d’en haut, il est Dieu, né de Dieu. Qui est ma mère? Qui sont mes frères? « En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naitre d’eau et d’Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne t’étonne pas, si je t’ai dit : Il vous fait naitre d’en haut. » (Jn 3, 5-7) Il nous faut naître d’en haut pour entrer dans la famille du Père, dans le Royaume de la vie éternelle. Sa mère comme ses frères doivent renaitre comme tous les autres pour être sa mère et ses frères.

Le temps s’arrête dans la maison à la question de Jésus. Ceux qui s’empressaient de faire de la place pour laisser passer Jésus pour se rendre vers sa famille se tournent vers lui pour mieux entendre ce qu’il dira. C’est bien sa mère et ses frères qui sont là dehors et qui le demandent. La famille parait s’agrandir tout à coup, une proximité nouvelle se glisse entre chacun, une communion inconnue se tisse entre ceux qui l’écoutent. « Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli. Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom… » (Jn 1, 11-12) Il est chez lui dans cette maison. Comme il a été engendré dans la chair par l’Esprit, il vient engendrer dans l’esprit par sa parole à la vie éternelle.

Sa maman se souvient bien lorsqu’elle le cherchait à Jérusalem à ses douze ans, elle se souvient, il était au temple au milieu des docteurs qui l’écoutaient. Trois jours d’angoisse à le chercher, à s’inquiéter. Le temps n’avait jamais été si lourd et si long que pendant ces trois jours. Elle se souvient de ce que Jésus lui avait dit, car elle gardait bien en son cœur toutes ces choses : « Pourquoi donc me cherchiez-vous? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père? » (Lc 2, 49) Elle se souvient qu’ils ne comprirent pas ce que Jésus disait. Maintenant, elle saisit mieux la volonté du Père dans ces propos de son Fils qui demande qui est ma mère, qui sont mes frères. N’est-ce pas elle qui à Cana, l’invite à se manifester? N’est-ce pas elle qui l’invite à cette noce pour faire entrer dans le chemin qui ouvre à la vie éternelle tous ceux qui croiront en lui? « La mère de Jésus lui dit : “Ils n’ont pas de vin.” Jésus lui dit : “Que me veux-tu, femme? Mon heure n’est pas encore arrivée.” Sa mère dit aux servants : “Tout ce qu’il vous dira, faites-le.” (Jn 2, 3-4) Marie ne dit pas de faire ce qu’elle dit, mais de tout faire ce qu’il dira. Il est la parole de vie, il est celui qui dans la chair va renouveler votre chair. Il a “pouvoir sur toute chair” (Jn 17, 2), il a le pouvoir de faire de chacun un enfant de Dieu (Jn 1, 12) “Tout ce qu’il vous dira, faites-le. C’est l’esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien.” (Jn 6, 63) Il n’y a plus de maman et de papa sans Jésus qui s’incarne et vient redonner vie à la chair par l’Esprit. La chair comme la fleur se fane et se dessèche et retourne à la poussière. Qui est ma mère, qui sont mes frères? “Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, ma mère.” Celui qui demeure en vie par la vie que je lui apporte, voici celui qui est ma mère, mon frère. Jésus vient changer notre vie mortelle en vie éternelle comme il change l’eau en vin aux noces de Cana. Il vient prendre sur lui toutes nos fautes, tout ce qui rend corruptibles pour nous donner sa vie de ressuscité. Marie cherchera-t-elle Jésus lorsqu’il sera trois jours dans la mort, où restera-t-elle dans l’adoration de Dieu qui est esprit dans la certitude qu’il reviendra de la mort pour engendrer à nouveau tous ceux qui gisent dans la mort? Elle attendra paisiblement. Elle ne se précipitera pas au tombeau. “Ne craignez point, vous : je sais bien que vous cherchez Jésus, le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité comme il l’avait dit. Venez voir le lieu où il gisait, et vite allez dire à ses disciples : Il est ressuscité d’entre les morts, et voilà qu’il vous précède en Galilée; c’est là que vous le verrez. Voilà, je vous l’ai dit.”  Quittant vite le tombeau, tout émues et pleines de joie, elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. » (Mt 28, 5-8)

Marie est dans la joie lorsqu’elle entend ce que Jésus dit, elle sait que l’heure de la régénération du monde approche. Elle est heureuse de savoir que le pauvre trouvera du pain, que l’humble sera élevé, que l’opprimé aura justice. Marie est heureuse que cette chair qui est la sienne soit nourriture de vie éternelle pour tous ceux qui s’avanceront à la table du festin des noces de la grande famille de Dieu.

« Tout ce que me donne le Père viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai pas dehors; car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. Or c’est la volonté de celui qui m’a envoyé que je ne perde rien de tout ce qu’il m’a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour. Oui, telle est la volonté de mon Père, que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. » (Jn 6. 37-40)

« Je suis le pain de vie. Vos pères, dans le désert, ont mangé la manne et sont morts; ce pain est celui qui descend du ciel pour qu’on le mange et ne meure pas. Je suis le pain vivant, descendu du ciel. Qui mangera ce pain vivra à jamais. Et même, le pain que je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde. » (Jn 6, 48-51)