28 janv, Mc 4, 21-25, La mesure de la lumière

 In Méditer les écritures

Évangile :

Jésus disait encore à ses disciples cette parabole : « Est-ce que la lampe vient pour être mise sous le boisseau ou sous le lit? N’est-ce pas pour être mise sur le lampadaire? Car rien n’est caché, sinon pour être manifesté; rien n’a été gardé secret, sinon pour venir au grand jour. Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende! »

Il leur disait encore : « Faites attention à ce que vous entendez ! La mesure dont vous vous servez servira aussi pour vous, et vous aurez encore plus. Car celui qui a recevra encore; mais celui qui n’a rien se fera enlever ce qu’il a. »

Commentaires :

« Jean était la lampe qui brule et qui éclaire, et vous avez accepté de vous réjouir un moment à sa lumière, » (Jn 5,35) dit Jésus. Jean pour sa part dira en reconnaissant Jésus comme la Lumière qui vient : «  Lui, il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue. Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tout. Celui qui est de la terre est terrestre, et il parle de façon terrestre. (Jn 3,30-31). Il faut bien distinguer la lumière qui vient d’en bas et la lumière qui vient d’en haut. Nous pourrions comparer une ampoule de quelques watts avec le soleil pour en avoir une idée et c’est bien ce que Jean Baptiste reconnait. Notre cerveau d’ailleurs fournit de l’énergie pour allumer une lumière de quelques watts.

Alors lorsque « la lampe vient », il vaut mieux lui donner la place qui lui revient pour éclairer notre propre conscience tout comme Jean Baptiste sait bien le faire. « L’oeil est la lampe du corps.Si ton œil est en bon état, tout ton corps sera éclairé; » (Mt 6:22) Il faut le feu que Jésus apporte pour l’allumer et l’Esprit dans lequel il nous baptise pour lui donner l’huile qui maintiendra une vive flamme à l’œil.

Il ne faut pas croire que l’œil se réduit à la vue, c’est tout le corps qui voit comme c’est tout le corps qui est éclairé par œil en bon état. Le touriste sexuel qui se rend dans les pays pauvres pour abuser les enfants n’est pas aveugle! Il a une lumière dans son œil qui provient de son corps brulant d’un feu qu’il entretient pour ainsi se déplacer vers un autre pays : « mais si ton oeil est mauvais, ton corps tout entier sera plongé dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, quelles ténèbres y aura-t-il ! » (Mt 6:23)

Il y a une lumière qui est ténèbres et une lumière qui est lumière. La lumière qui est ténèbres ne veut pas être sur le lampadaire, tout comme le touriste sexuel fait son voyage en cachette et garde caché son secret à son retour.

Croyez-vous que celui dont la lumière est ténèbres voudra reconnaitre celui qui apporte la lumière qui est lumière? « Quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient point à la lumière, » (Jn 3:21)

Il y a un risque à mettre la lumière sur le lampadaire et les disciples ne voudront pas le prendre même suite à la résurrection de Jésus. Ils se cacheront au Cénacle et ce n’est que l’effusion de l’Esprit qui les poussera à l’extérieur et prêts à tout risquer pour sortir la lampe de sous le lit!

«  Soudain, il vint du ciel un bruit pareil à celui d’un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie. Ils virent apparaitre comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d’eux. Alors ils furent tous remplis de l’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit. » (Ac 2, 3-4)

Fini la peur, voilà le temps de la joie que rien ne peut ravir, car elle est pour tous, une joie de communion où personne ne se sert de l’autre pour son plaisir.

La joie de la lumière qui est ténèbres se vit en égoïste et dans le secret. Elle détourne les yeux devant le vrai, le beau, le bien, l’unité. Tout comme le touriste sexuel qui s’envole loin pour ne pas être vu et tout garder dans le secret, s’imaginant que sa mémoire ne viendra pas crier dans son esprit les regards d’enfants sans yeux.

Si la lumière de la lumière fait tout perdre, c’est pour mieux tout gagner en amour véritable. La mesure dont vous vous servez servira aussi pour vous et vous en aurez encore plus. À vouloir se servir des autres pour tout gagner, nous perdrons toutes relations qui mènent à l’unité avec tous.

« Ce Jésus, il est la pierre que vous aviez rejetée, vous les bâtisseurs, et il est devenu la pierre d’angle. » (Ac 4,11) Il est la lumière que nous devons mettre sur le lampadaire pour demeurer dans l’amour qui mène à l’unité.

NDC