28 mars, Lc 11,14-23 : Est-ce pour nous faire du mal que Jésus vient mourir pour nous?

 In Méditer les écritures

Évangile :

Jésus expulsait un démon qui rendait un homme muet. Lorsque le démon fut sorti, le muet se mit à parler, et la foule fut dans l’admiration. Mais certains se mirent à dire : « C’est par Béelzéboul, le chef des démons, qu’il expulse les démons. » D’autres, pour le mettre à l’épreuve, lui réclamaient un signe venant du ciel.

Jésus, connaissant leurs intentions, leur dit : « Tout royaume divisé devient un désert, ses maisons s’écroulent les unes sur les autres. Si Satan lui aussi est divisé, comment son royaume tiendra-t-il? Vous dites que c’est par Béelzéboul que j’expulse les démons. Et si c’est par Béelzéboul que moi, je les expulse, vos disciples, par qui les expulsent-ils? C’est pourquoi ils seront eux-mêmes vos juges. Mais si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le règne de Dieu est survenu pour vous.

Quand l’homme fort et bien armé garde son palais, tout ce qui lui appartient est en sécurité. Mais si un plus fort intervient et triomphe de lui, il lui enlève l’équipement de combat qui lui donnait confiance, et il distribue tout ce qu’il lui a pris.

« Celui qui n’est pas avec moi est contre moi; celui qui n’est pas avec moi disperse. »

Commentaires :

Jésus « était dans le monde, et le monde fut par lui,et le monde ne l’a pas reconnu.» (Jn 1, 10) «Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut.» (Jn 1, 3) Il venait dans le monde pour rendre témoignage à la vérité et la vérité c’est de connaître que celui par qui tout subsiste est amour et qu’il aime chacune de ses créatures. Tous ont pour origine l’amour du Père et c’est dans l’amour que nous pourrons garder en nous celui qui est la vie. « Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli.» (Jn 1, 11)

Jésus expulsait un démon qui rendait un homme muet. Il rendait à un homme son intégrité, celle d’être une créature du Père qui est bon : «Nul n’est bon que Dieu seul.» (Lc 18, 19) Jésus « rendait à Dieu, ce qui est à Dieu » (Mc 12, 17) afin que cet homme retrouve son unité avec Dieu et les autres. La parole de celui qui est unifié avec Dieu et les autres ne peut demeurer silencieuse tellement la joie jaillit de son être. Pour la faire taire, cette louange qui monte du cœur des enfants en voyant ce qui est vrai, elle doit être trompée par le mensonge : «Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur!Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux!» (…) Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : «Maître, réprimande tes disciples.» Mais il répondit : «Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront.» (Lc 19,39-40) Les pierres mêmes reconnaissent celui qui les fait subsister et sans qui elles ne seraient plus. « Que ma langue se colle à mon palais, si je perds ton souvenir, si je ne mets Jérusalem au plus haut de ma joie! » (Ps 137, 6) 

Jésus fait quitter de force celui qui fait de l’une de ses créatures, une maison muette, une maison incapable de crier avec les pierres sa joie devant celui qui vient au nom de Dieu. 

Le menteur chassé du temple de cet homme ne tarda pas à tromper quelques membres de la foule où la plupart étaient dans l’admiration devant ce qui venait de se passer. Pendant que les «Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur!» fusaient les : « C’est par Béelzéboul, le chef des démons, qu’il expulse les démons. » Et d’autres qui n’étaient « ni chauds, ni froids » (Ap 3, 16) réclamaient un signe pour prendre position et ne pas risquer les foudres des détracteurs du miracle, ni de ceux qui étaient dans l’admiration. Pourtant n’y avait-il pas un signe dans cet homme qui retrouvait la parole? Les signes ne peuvent être perçus sans une prière constante et assidue, sans l’écoute de ceux qui ont parlé au nom de Dieu. «Du moment qu’ils n’écoutent pas Moïse et les Prophètes, même si quelqu’un ressuscite d’entre les morts, ils ne seront pas convaincus.»(Lc 16, 31) 

Il est facile au menteur de faire croire ses mensonges à celui qui n’a d’autres soucis que sa satisfaction, son intérêt égoïste, son plaisir immédiat. « Veillez donc et priez en tout temps, afin d’avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme.» (Lc 21, 36)

L’embarras ne manque pas dans la foule. La tiédeur des uns se mêle à l’incompréhensible rage des autres qui prétendent que le bien fait à cet homme provient du maître du mensonge voulant les tromper, tandis que plusieurs demeurent dans l’admiration devant Jésus et l’on entend : «C’est vraiment lui le prophète!» D’autres disaient : «C’est le Christ!» (Jn 7, 40-41) 

Que de perplexités et de doutes devant autant d’évidences, que de bêtises pour calmer sa crainte d’avoir à changer. Sans soif de lumière, point de lumière, sans écoute de l’Écriture, point de signes pour convaincre, sans prière, toute maison devient un lieu de trafic. « N’est-il pas écrit : Ma maison sera appelée une maison de prière pour toutes les nations? Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands!» (Mc 11,17) 

Jésus connaît bien le but secret de ceux qui prétendent qu’il agit par Béelzéboul, le Seigneur des mouches, le maître de ce démon qui rendait muet cet homme. Il serait aussi insensé de dire que celui qui ferait sortir un prisonnier de sa geôle est au service du juge qui l’a enfermé. Ils ne savent plus quoi dire pour contrer l’admiration que la foule lui porte de plus en plus. Ils deviennent muets de rage lorsqu’ils entendent certains dirent que c’est le Christ, le Messie, celui qui vient au nom du Seigneur. Ils ne veulent rien entendre comme ces racistes d’aujourd’hui qui malgré toutes les preuves scientifiques démontrant la fausseté de leur idéologie ne veulent rien entendre. Le premier transplanté blanc a eu beau recevoir un cœur d’un homme africain, ils demeurent figés dans leurs ténèbres.  

« Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes. Et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie.» (Jn 1, 4-5) La lumière de la vie a beau briller en plein jour, ceux qui préfèrent les ténèbres n’y voient rien et rien ne pourrait les faire voir, sinon de reconnaître qu’ils ne voient rien. 

Jésus ne renonce en rien de les enseigner, ces hommes, car s’il les oubliait un instant, ils cesseraient d’exister. Nous n’avons qu’un seul Père, un seul Dieu et Dieu, personne ne l’a vu, ni eux ni leurs pères. Le seul qui peut parler de Dieu parmi nous, c’est celui qui vient de Dieu. « Nul n’a jamais vu Dieu; le Fils unique, qui est tourné vers le sein du Père, lui, l’a fait connaître.» (Jn 1, 18) Le seul qui peut nous tourner vers la lumière de la vie dans les ténèbres de ce monde, c’est celui qui vient d’auprès du Père. Personne n’est assez fort en ce monde pour déloger le père du mensonge de son emprise. Toutes les sciences du monde ne parviendront jamais à extraire le mal, ce manque en nous qui nous empêche de trouver des solutions de justice pour tous, du plus petit au plus grand, du premier au dernier. Toutes les sciences n’arriveront pas à ramener à la vie les innocents qui sont morts aux mains de criminels, n’y à empêcher le temps de mettre fin à toutes les civilisations. La difficulté est divine et la réponse ne peut venir que de Dieu. Lui seul peut rendre à chacun sa liberté, son intégrité, ses amours, lui seul peut le conduire vers les délices éternels et l’éloigner à jamais de tout ce qui divise et mène à la mort. 

 « Et si c’est par Béelzéboul que moi, je les expulse, vos disciples, par qui les expulsent-ils?»  Que faites-vous pour ceux qui souffrent dans le monde, pour les muets, les aveugles, les prisonniers injustement condamnés, les gens assassinés, les proches de ces personnes? Que faites-vous et que pouvez-vous faire pour essuyer une seule de ces larmes et ramener la joie dans ces cœurs blessés à jamais? Vous trouvez refuge sous votre loi de Dieu dites-vous et vous ne voyez pas que cette loi vous la transformez en préceptes humains à votre service, méprisant les malades, indifférents aux affligés. Croyez-vous être plus habiles que votre Adam pour déjouer celui qui veut vous tromper et vous entraîner dans la mort, là où il règne? Qui peut vaincre la mort, sinon celui qui peut y descendre et en sortir vivant par la puissance du Dieu unique? Qui peut rendre la joie à vos cœurs toujours en butte à la maladie, à l’injustice, aux accidents, à la méchanceté, à la mort? Qui peut rendre justice à tous depuis les origines du monde jusqu’à la fin de ce monde? Qui peut rendre à cet enfant mort dans une guerre injuste, la vie dont il a droit et l’amour pour lequel il est créé? Qui ouvrira son tombeau lorsqu’il se refermera?

« Celui qui n’est pas avec moi est contre moi; celui qui n’est pas avec moi disperse. »

« Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai. Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes. Oui, mon joug est aisé et mon fardeau léger.» (Mt 11, 28-30)

«Je suis la résurrection. Qui croit en moi, même s’il meurt, vivra; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Le crois-tu?» Elle lui dit : «Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui vient dans le NDC