29 mai, Jn 16, 29-33 : De la détresse à l ‘allégresse

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Évangile :

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il parlait à ses disciples. Ceux-ci lui disent alors : « Voici que tu parles ouvertement, sans employer de paraboles. Maintenant nous savons que tu sais toutes choses, et qu’il n’y a pas besoin de t’interroger : voilà pourquoi nous croyons que tu es venu de Dieu. »

Jésus leur répondit : « C’est maintenant que vous croyez! L’heure vient- et même elle est venue- où vous serez dispersés chacun de son côté, et vous me laisserez seul; pourtant je ne suis pas seul, puisque le Père est avec moi. Je vous ai dit tout cela pour que vous trouviez en moi la paix. Dans le monde, vous trouverez la détresse, mais ayez confiance : moi, je suis vainqueur du monde. »

Commentaires :

Jésus enseigne les disciples au sujet de son départ et de son retour, l’heure est au départ de Jésus et leur affirme avec douceur et patience qu’ils seront dans la peine et immédiatement après ce mot terrible, il leur annonce qu’il les reverra et qu’à ce moment vos cœurs se réjouiront, d’une joie que personne ne pourra vous enlever.

« En ce jour-là, vous n’aurez plus à m’interroger.» ( Jn 16, 23) Ils n’auront plus à l’interroger puisque par son offrande au Père pour eux, ils recevront l’Esprit Saint. Pierre a bien parlé par l’Esprit lorsqu’il a proclamé que Jésus était le Messie. « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui déclara : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux.» ( Mt 16, 16-17) Le Père dévoilait l’identité de son Fils unique dans des esprits qui n’étaient pas encore justifiés par l’offrande de son Fils et l’Esprit Saint du Père et du Fils qui est personne distincte et de même nature que le Père et le Fils ne pouvait descendre sur les esprits pour les conduire. Malgré que le Père passe par Pierre pour dévoiler l’identité de son Fils qui vient les sauver, Pierre n’est pas encore libre de laisser passer l’Esprit. Quelques versets plus loin de sa déclaration de foi, Pierre s’objecte au projet de Jésus qui vient mourir pour nous:  « A partir de ce moment, Jésus le Christ commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des chefs des prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches : « Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas. » Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan, tu es un obstacle sur ma route ; tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » ( Mt 16, 21-23) Les pensées de Pierre font encore obstacle au dessein d’amour de Dieu.

Si Pierre savait qu’après le départ de Jésus dans la mort affreuse qu’il leur annonce, il reviendra dans la gloire du ressuscité pour leur donner l’onction de l’Esprit Saint, il se prosternerait jusqu’à la fin de ses jours, incapable de se lever sous ce poids d’amour. Lorsqu’il recevra l’Esprit, Pierre sortira de sa peur et ne craindra plus ceux qui tuent le corps, il n’en aura que pour l’annonce de cet amour dont il est aimé. « Et lorsqu’on vous emmènera pour vous livrer, ne vous tourmentez pas d’avance pour savoir ce que vous direz, mais ce qui vous sera donné à cette heure-là, dites-le. Car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est le Saint-Esprit.» ( Mc 13, 11)

«J’ai employé des paraboles pour vous parler de tout cela. L’heure vient où, sans employer de paraboles, je vous annoncerai ouvertement tout ce qui concerne le Père.» ( Jn 16, 19) Si vous saviez l’amour du Père, du Fils et de l’Esprit Saint pour chacun de vous, si vous saviez, vous demanderiez toujours ce qui est le meilleur pour vous et pour tous. Mais qui cherchez-vous en me cherchant, qui suivez-vous en me suivant? « « En vérité, en vérité, je vous le dis, vous me cherchez, non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et avez été rassasiés. » (Jean 6:26)

Les disciples sont convaincus de tout comprendre ce que Jésus leur enseigne et ils affirment leur foi en lui : « Maintenant nous savons que tu sais toutes choses, et qu’il n’y a pas besoin de t’interroger : voilà pourquoi nous croyons que tu es venu de Dieu. »

Ils auront un choc immense en entendant la réponse de Jésus. Ils viennent de lui dire qu’il sait toutes choses et voilà que celui qui sait tout et qui vient de Dieu leur répond : « C’est maintenant que vous croyez! L’heure vient- et même elle est venue- où vous serez dispersés chacun de son côté, et vous me laisserez seul…»

Il n’y a rien d’un reproche dans ce que Jésus leur annonce. Sa voix reste douce, son regard accueillant à chacun. Il n’y a aucune menace comme cela devrait être le cas dans une situation humaine de cette teneur. Au contraire, il poursuit en disant que le Père lui demeure avec lui, il n’est pas seul et que la raison de leur annoncer cette dispersion consiste à les assurer de son amour : « Je vous ai dit tout cela pour que vous trouviez en moi la paix. » Jésus devrait être en colère d’être ainsi abandonné par ceux qui viennent de lui affirmer qu’il vient de Dieu. Il n’en est rien, il connaît bien la nature humaine, il connaît bien cette rupture en eux avec le Père, cette division entre eux, cette mort implacable qui ne donne aucun repos à chacun, il les connaît et il les aime malgré tous les affronts. « Dieu est riche en miséricorde ; à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions des morts à cause de nos fautes, il nous a fait revivre avec le Christ : c’est bien par grâce que vous êtes sauvés. Avec lui, il nous a ressuscités ; avec lui, il nous a fait régner aux cieux, dans le Christ Jésus.» (Ep 2, 4-6a)

Les disciples ne peuvent se faire une idée de la paix qui les attend, de cette joie qui réjouit le cœur dont parle Jésus, une joie que rien ne peut nous enlever.

Dans le monde, nous cherchons le bonheur, il ne peut que nous donner la détresse, car le jour de la dispersion de nos amours, de nos biens, de nos rêves, a toujours le dernier mot. C’est bien à nos tristesses, à nos détresses, à nos isolements, à notre chute dans le vide que Jésus vient mettre fin. « Ayez confiance : moi, je suis vainqueur du monde. »

Cette confiance en Jésus, en sa victoire sur tout ce qui nous divise, sur la mort, elle est pour tout de suite, maintenant. Elle mène à l’allégresse, à cette paix de se savoir libre pour aimer, pour se donner, jusqu’à la fin de nos jours, sans crainte de se perdre dans l’amour.

«  Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.» ( Jn 15, 13)

NDC