3 janv, Jn 1, 29-34, Les sauterelles

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Évangile :
Comme Jean Baptiste voyait Jésus venir vers lui, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde; c’est de lui que j’ai dit : derrière moi vient un homme qui a sa place devant moi, car avant moi il était. Je ne le connaissais pas; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté au peuple d’Israël. »
Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et demeurer sur lui. Je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : Oui, j’ai vu, et je rends ce témoignage; c’est lui le Fils de Dieu. »
Commentaires :
Lorsque Jean Baptiste voit Jésus et qu’il le proclame l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, rien ne bouge autour, rien. Sinon quelques sauterelles! Le vent souffle, un homme dans la foule baille, un autre se demande bien ce que signifie « Agneau de Dieu », un voisin regarde par terre préoccupé par ses affaires. Aujourd’hui dans la foule, l’un chercherait un coin pour fumer, un autre n’entendrait pas ce qui se dit avec ses écouteurs, un autre sortirait de sa somnolence. La nature humaine est bien la même à travers les siècles. Entretenir l’inconscience est plus facile que de faire l’effort pour voir clair sur ce qui se passe autour de nous.
Pourtant ce que Jean dit voir, c’est beaucoup plus qu’une soucoupe volante avec ses petits hommes verts qui viendraient nous coloniser. Il montre un tsunami d’amour qui vient vers lui, une vague capable de se répandre sur la planète entière.
Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde!
Voyez-vous ce que je vois? Un déluge vient, il est temps de tout quitter pour bâtir une arche avec sa croix pour ne pas sombrer dans cette pluie d’amour.
Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde!
Voici le séisme capable de fendre la terre pour en faire sortir tous les morts et les ramener à la vie.
Rien ne bouge dans le désert sinon quelques sauterelles, le départ de l’un, l’arrivée d’un autre.
Jean insiste pour éveiller quelques consciences à bien accueillir Jésus qui vient. « C’est de lui que j’ai dit qu’il a sa place devant moi. C’est pour lui que je baptise dans l’eau afin que vous le reconnaissiez lui et le baptême qu’il donne par l’offrande de lui-même. »
Encore du silence et pas trop d’étonnements à ces paroles. Jean insiste.
Comme je vois l’Agneau de Dieu en le voyant venir vers nous, j’ai vu l’Esprit! Qui peut voir l’Esprit sinon celui à qui l’Esprit se donne à voir. J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe, cette colombe qui annonce à Noé la fin du déluge revient annoncer le début du déluge d’amour qui donne la vie. Cette colombe toute blanche est demeurée sur lui comme si l’Esprit et lui ne faisait qu’un dans le Père. Je l’ai vu!
Jean insiste! Voici la preuve que c’est bien lui, cet homme Jésus qui est l’Agneau de Dieu.
Pensez-vous qu’un homme passe sa vie dans le désert par plaisir ou convoitise? Jean Baptiste est là parce qu’il a été envoyé là pour une raison bien précise. Pensez-vous que je plonge les gens dans l’eau pour un intérêt particulier? Je prépare les cœurs pour le vrai baptême de l’Esprit et voilà ce que l’Esprit m’a signifié pour reconnaître celui que j’annonçais : « L’homme sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, c’est celui-là qui baptise dans l’Esprit-Saint. » Eh bien! Cet homme que vous voyez, cet homme qui a l’air d’un homme comme les autres hommes, cet homme, le fils du charpentier, cet homme qui n’est pas rabbin en ce monde, ni un roi, cet homme, je vous le dis, c’est lui le Fils de Dieu.
Le désert retrouve son silence, le vent souffle, les regards se tournent vers Jésus. Les gens ne savent trop quoi faire avec ce témoignage de Jean. La vie continue, chacun retourne chez soi.
Il faut faire le silence en nous pour être attentifs à l’amour de l’Esprit qui vient nous sauver de tous les déluges de nos vies. Qui peut voir l’Agneau de Dieu dans le pain eucharistique?

NDC.