3 juin, Mc 14,12-16.22-26 : De la mangeoire, à la croix et au pain.

Home / Méditer les écritures / 3 juin, Mc 14,12-16.22-26 : De la mangeoire, à la croix et au pain.

Évangile :
Le premier jour de la fête des pains sans levain, où l’on immolait l’agneau pascal, les disciples de Jésus lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour ton repas pascal? »
Il envoie deux disciples : « Allez à la ville; vous y rencontrerez un homme portant une cruche d’eau. Suivez-le.
Et là où il entrera, dites au propriétaire : “Le maitre te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples?”
Il vous montrera, à l’étage, une grande pièce toute prête pour un repas. Faites-y pour nous les préparatifs. »
Les disciples partirent, allèrent en ville; tout se passa comme Jésus le leur avait dit; et ils préparèrent la Pâque.
Pendant le repas, Jésus prit du pain, prononça la bénédiction, le rompit, et le leur donna, en disant : « Prenez, ceci est mon corps. »
Puis, prenant une coupe et rendant grâce, il la leur donna, et ils en burent tous.
Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, répandu pour la multitude.
Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’à ce jour où je boirai un vin nouveau dans le royaume de Dieu. »
Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.
Commentaires :
« Où veux-tu que nous allions préparer un lieu pour la naissance du Fils de Dieu, engendré par l’Esprit dans le sein de la Vierge Marie pour sauver la multitude? » Ce sera dans une crèche que le plus grand du Royaume des cieux prendra visage humain, avec des yeux, des mains, des pieds, un cœur, un corps tout entier, pour venir à nous. Le plus grand dans le Royaume des cieux se fait le plus petit sachant que le plus petit en ce Royaume est plus grand que le plus grand des enfants de la terre. « En vérité je vous le dis, parmi les enfants des femmes, il n’en a pas surgi de plus grand que Jean le Baptiste; et cependant le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui. » (Mt 11, 11) Alors, comment nous imaginer que le plus grand dans le Royaume des cieux est plus grand que le plus grand sur cette terre et comment le plus grand se fait-il petit pour se donner à nous et nous faire grands dans son Royaume?
« Soyez sans crainte, car voici que je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur, dans la ville de David. Et ceci vous servira de signe : vous trouverez un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une crèche. » (Lc 2, 13) Le Sauveur a vu le jour dans une crèche et il est couché dans une mangeoire d’animaux. Vous pouvez cesser vos holocaustes de béliers et de taureaux, cesser de lever la main sur l’agneau, le Seigneur lui-même vient s’offrir en sacrifice. Celui qui a tout pouvoir au ciel et sur la terre se couche dans une mangeoire et dit en silence : Prenez, ceci est mon corps. » « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, répandu pour la multitude. » Et chaque berger venu contempler le plus grand dans les cieux et sur la terre dans cette humilité s’exclamait en regardant Marie : « Bénie es-tu entre les femmes, et béni le fruit de ton sein! Et comment m’est-il donné que vienne à moi la mère de mon Seigneur? » (Lc 1, 42-43)
Le Soleil des soleils s’est fait un nid dans ce qu’il y a de plus petit sur cette terre et comme il est difficile pour nous qui sommes enlisés dans les soleils de ce monde de passer outre les apparences de la crèche pour y voir « l’Astre d’en haut qui vient illuminer ceux qui demeurent dans les ténèbres et l’ombre de la mort, afin de guider nos pas dans le chemin de la paix. » (Lc 1, 79) Mais comment sortir les enfants que nous sommes des ténèbres et de l’ombre de la mort sans que vienne à nous la lumière de la vie pour nous faire renaître? « Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne t’étonne pas, si je t’ai dit : Il vous fait naître d’en haut. » « Comment cela peut-il se faire? » (Jn 3, 6-7.9)
En ce monde, les puissants sont indifférents au malheur des petits. Ils taxent le peuple, ils lui font payer des impôts, ils montrent leur puissance pour les garder sous leur emprise.
« Il n’en doit pas être ainsi parmi vous : au contraire, celui qui voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur, et celui qui voudra être le premier d’entre vous, sera votre esclave. C’est ainsi que le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude. » (Mt 20, 26-28) Qui parmi les hommes pourra se faire plus petit sur cette terre que le Seigneur de l’univers, qui est le plus grand au ciel et sur terre et qui vient se livrer pour nous faire renaître à la vie éternelle? « Nul n’est monté au ciel, hormis celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l’homme, afin que quiconque croit ait par lui la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. » (Jn 3, 13, 16)
Que le Fils de Dieu se fasse chair, c’était déjà ce qu’aucun cœur de créature n’avait pensé demander à Dieu pour le sauver, tellement un tel amour de miséricorde n’avait place sur terre. Qu’il naisse dans une crèche comme palais, qu’il se couche dans une mangeoire, s’enferme dans des langes, comme il se laissera couvrir d’un linceul, élever sur la croix, descendre dans la mort, qui pouvait en attendre autant, nous qui dès la naissance sommes condamnés à mourir?
Dieu se fait si petit, tout en gardant sa grandeur pour nous la donner, que nous ne parvenons pas à le voir sans qu’il nous fasse la grâce de l’entrevoir en se faisant petit. « Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes. Et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie. » (…) Le Verbe était la lumière véritable, qui éclaire tout homme; il venait dans le monde. Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli. » (Jn 1, 4-5.9-11)
Comment l’accueillir, le reconnaître, le saisir sinon en se faisant petits comme il se fait petit, sachant que nous ne serons jamais aussi petits que lui puisse se faire petit afin de nous faire grandir?
« Qui donc se fera petit comme ce petit enfant-là, celui-là est le plus grand dans le Royaume des Cieux. » (Mt 18, 4) Il faut se faire petit enfant de ce Père dont Jésus nous dévoile l’amour sans limites pour nous. « Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, lui qui ne fut engendré ni du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu. » (Jn 1, 12-13)
Il se fera encore plus petit pour demeurer avec nous jusqu’à la fin du monde. Par la puissance de l’Esprit qui lui a fait voir le jour parmi nous dans le sein de la Vierge Marie, il viendra à nous dans toute son humanité et sa divinité sous les apparences du pain et du vin afin de nous nourrir de sa vie et demeurer parmi nous en ce monde qui passe.
« Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour ton repas pascal? »
« Pendant le repas, Jésus prit du pain, prononça la bénédiction, le rompit, et le leur donna, en disant : “Prenez, ceci est mon corps.”
Puis, prenant une coupe et rendant grâce, il la leur donna, et ils en burent tous.
Et il leur dit : “Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, répandu pour la multitude.”
“Je suis la résurrection. Qui croit en moi, même s’il meurt, vivra; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Le crois-tu?” (Jn 11, 25-26)
NDC