30 sept, Lc 9, 46-50 : Le plus petit d’entre vous est le plus grand!

 In Méditer les écritures


Évangile :

Une discussion s’éleva entre les disciples pour savoir qui était le plus grand parmi eux. Mais Jésus, connaissant la discussion qui occupait leur pensée, prit un enfant, le plaça à côté de lui et leur dit : « Celui qui accueille en mon nom cet enfant, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille accueille aussi celui qui m’a envoyé. Et celui d’entre vous qui est le plus petit, c’est celui-là qui est le plus grand. »

Jean, l’un des Douze, dit à Jésus : « Maitre, nous avons vu quelqu’un chasser les esprits mauvais en ton nom, et nous avons voulu l’en empêcher, car il n’est pas avec nous pour te suivre. » Jésus lui répondit : « Ne l’empêchez pas : celui qui n’est pas contre vous est pour vous. »

Commentaires :

L’émerveillement des disciples devant la grandeur de Dieu qui se manifeste en Jésus enivre leurs esprits. Des idées de grandeur s’insinuent dans leur cœur. Jésus leur dit : « Vous, mettez-vous bien dans les oreilles les paroles que voici : le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. »  Le Fils de l’homme est venu pour servir et non se servir. Le Fils de l’homme est venu se faire le plus petit. « Lui, de condition divine, ne retient pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’anéantit lui-même, prenant condition d’esclave, et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur une croix! » (Ph 2, 6-8) « Le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. »  

Les disciples ne comprenaient pas que Jésus pouvait être livré aux mains des hommes. Ils voyaient plutôt l’étonnement que ses œuvres suscitaient dans la foule, l’admiration que cette grandeur leur attirait auprès de la foule. Comment la situation pourrait-elle s’inverser brusquement? Pourquoi cette admiration devant ses oeuvres se changerait-elle en aversion à son endroit? Les disciples craignaient toutefois de lui parler, car ils savaient bien que Jésus ne parle pas pour ne rien dire : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. » (Mt 24, 35)

Malgré l’inquiétude que l’affirmation de Jésus avait suscitée dans leurs esprits, les idées de grandeur prenaient le dessus. Ils discutaient entre eux pour savoir qui était le plus grand parmi eux. La division, l’intrigue, l’hypocrisie se faufilaient dans la discussion, la paix s’éloignait de leur cœur, la joie de leurs lèvres. Ce n’était plus la gloire de Dieu qui était recherchée, mais une recherche de gloire individuelle, une vaine gloire qui sépare et divise. 

Jésus réagit promptement à cet esprit de rivalité qui divise, qui isole chacun dans son coin, qui rend vulnérable à devenir l’esclave des puissances de la mort, à se mettre à l’écoute du père du mensonge et de son monde sans amour.   N’est-ce pas ce fossoyeur qui disait à Jésus en lui montrant « tous les royaumes du monde avec leur gloire : “Tout cela, je te le donnerai, si, te prosternant, tu me rends hommage.” (Mt 4, 8-9) Le menteur disait la vérité sur la valeur de la gloire de ce monde en demandant en échange pour toutes les richesses, une prosternation, un hommage pour son monde d’apparences. L’hommage ne revient qu’à celui qui est à notre origine, à celui qui est à l’origine de tout l’univers. C’est lui notre Papa, un Père qui nous veut libres et plein de joie et de paix, un Père qui nous veut unis avec lui et en lui et par lui. “Que servira-t-il donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il ruine sa propre vie? Ou que pourra donner l’homme en échange de sa propre vie?” (Mt 16, 26) Une personne vaut plus que le monde entier, que l’univers entier et la place de chaque personne est avec tous dans le même esprit, l’Esprit de Dieu. 

 Jésus réagit promptement à la discussion pour savoir qui était le plus grand. Il prend un enfant, le place à côté de lui et leur dit : “Celui qui accueille en mon nom cet enfant, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille accueille aussi celui qui m’a envoyé. Et celui d’entre vous qui est le plus petit, c’est celui-là qui est le plus grand.” C’est littéralement un tsunami qui traverse l’esprit des disciples, une vague de vérité si immense qu’ils voient leur petitesse devant la grandeur de l’amour de Dieu dont ils n’ont pas idée. Pourtant cette vague leur fait ressentir l’importance de chacun dans l’ensemble de l’univers. Ils pressentent que sans les autres, tous les autres, ils ne peuvent être grands et que ce n’est qu’en se faisant petit que tout le monde peut prendre sa place et que tout le corps en est grandi. 

L’enfant à côté de Jésus devient tout à coup aussi grand que chacun d’entre eux. Cet enfant qu’ils ne voyaient pas avant que Jésus le place à son côté, ils le voient tout à coup et ils l’aiment comme ils s’aiment eux-mêmes. Qu’importe la fonction avec Jésus, l’essentiel est de demeurer vivant dans l’amour et la vérité par l’Esprit qui nous unit. 

“Aussi je vous en conjure par tout ce qu’il peut y avoir d’appel pressant dans le Christ, de persuasion dans l’Amour, de communion dans l’Esprit, de tendresse compatissante, mettez le comble à ma joie par l’accord de vos sentiments : ayez le même amour, une seule âme, un seul sentiment; n’accordez rien à l’esprit de parti, rien à la vaine gloire, mais que chacun par l’humilité estime les autres supérieurs à soi; ne recherchez pas chacun vos propres intérêts, mais plutôt que chacun songe à ceux des autres.” (Ph 2, 1-4)

Les autres ne sont pas seulement ceux de notre race, de notre clan, de notre famille, de notre religion, ce sont tous les autres. “Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et leur apprenant tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde.” (Mt 28, 19-20)

NDC