31 janv, Mc 4, 26-34 : Le règne de Dieu : sa venue est comme semence.

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Évangile :

Parlant; la foule en paraboles, Jésus disait : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette le grain dans son champ : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Et dès que le grain le permet, on y met la faucille, car c’est le temps de la moisson. »

Jésus disait encore : « À quoi pouvons-nous comparer le règne de Dieu? Par quelle parabole allons-nous le représenter? Il est comme une graine de moutarde; quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences du monde. Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. »

Par de nombreuses paraboles semblables, Jésus leur annonçait la Parole, dans la mesure où ils étaient capables de la comprendre. Il ne leur disait rien sans employer de paraboles, mais en particulier il expliquait tout à ses disciples.

Commentaires :

« Notre Père, que ton règne vienne » enseignait Jésus à ses disciples qui lui demandaient de leur apprendre à prier. Mais qu’en est-il du règne de Dieu, à quel moment viendra-t-il? Ils voudraient bien une date pour savoir quand l’armée de Dieu entrera à Jérusalem pour établir son règne et qu’ils recevront le poste digne de leurs efforts à le suivre.

L’esprit du monde est enfermé dans la dimension temporelle, il voudrait bien la clé pour sortir de l’espace et du temps et s’introduire dans la réalité de l’Esprit de Dieu. C’est pourquoi il veut une date, un jour, une année. La patience sera moins lourde en sachant à quel instant la porte close sur l’Éternel s’ouvrira et fera entrevoir le moment de l’établissement de son règne. Les disciples veulent connaitre ce jour pour mieux patienter. « Maître, quand donc cela aura-t-il lieu, et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver? » (Jn 21, 7)

« La femme, sur le point d’accoucher, s’attriste parce que son heure est venue; mais lorsqu’elle a donné le jour à l’enfant, elle ne se souvient plus des douleurs, dans la joie qu’un homme soit venu au monde. » (Jn 16, 20) Elle sait et malgré tout, elle craint ce moment, mais lorsque l’enfant apparaît avec ses cris, son visage, les douleurs disparaissent pour laisser place à la joie.

Toutefois pour le temps de la grossesse du règne de Dieu dans le sein de la multitude, et du moment de l’accouchement de cette Église où chacun sera partie du corps du Christ, qui peut saisir la grandeur de ce jour et la joie de ce moment : « Puis je vis un ciel nouveau, une terre nouvelle — car le premier ciel et la première terre ont disparu, et de mer, il n’y en a plus. Je vis la Cité sainte, Jérusalem nouvelle, qui descendait du ciel, de chez Dieu; elle s’est faite belle, comme une jeune mariée parée pour son époux. J’entendis alors une voix clamer, du trône : “Voici la demeure de Dieu avec les hommes. Il aura sa demeure avec eux; ils seront son peuple, et lui, Dieu-avec-eux, sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux : de mort, il n’y en aura plus; de pleur, de cri et de peine, il n’y en aura plus, car l’ancien monde s’en est allé.” (Ap 21, 1-4)

La joie est tellement grande que nous ne parvenons pas à croire qu’elle puisse être possible. Le papa à l’accouchement, qui voit pour la première fois le visage de l’enfant qui vient de naître, arrive mal à croire à ce à quoi il vient d’assister. C’est un réel moment d’illumination et lorsque ses yeux rencontrent le visage de l’enfant si patiemment attendu, quel étonnement !

“Soyez sur vos gardes, veillez, car vous ne savez pas quand ce sera le moment.” (Mc 24, 33) Mais soyez sûrs que ce moment sera sans déception, sans attente de plus ou de moins, la joie sera plénitude, le temporel s’évanouira dans l’éternel, l’espace dans l’infini. “Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. Quant à la date de ce jour, et à l’heure, personne ne les connaît, ni les anges des cieux, ni le Fils, personne que le Père, seul.” (Mt 24, 35-36)

Qu’en est-il du règne de Dieu avant sa venue, avant le grand moment de son établissement? Que le scribe dépose sa plume, le guerrier son arme, l’artisan son ciselet, le pêcheur son filet pour fixer son regard sur l’ouvrier qui représente ce qu’il en est du règne de Dieu.

Jésus disait : il en est du règne de Dieu comme d’un semeur qui jette le grain dans son champ, d’un semeur qui jette une semence de vie dans un champ tout prêt à la recevoir. Quelle joie que ce temps de la semence, car ce vide se remplira de petites pousses! Tous les jours, le semeur viendra. Le lendemain, son champ sera aussi vide à la surface, mais il sait, le semeur, que sous la terre, la mort et la vie se rencontrent pour ouvrir un monde nouveau. Chaque semence accepte de mourir pour porter fruit et, de sa coquille ouverte, sortent des racines qui s’agrippent à la terre dans l’obscurité, comme si elles savaient pourquoi elles cherchaient à s’enfoncer profondément.

Quelques jours plus tard, le semeur revient et déjà, il aperçoit la tête de jeunes pousses qui boivent leurs premières gouttes de rosée. Il le sait bien, le semeur, que tout ce qui se passe dans ce champ, qui se couvrira d’un édredon de blé, n’est attribuable qu’au travail de la nature qu’il contemple. Comment pourrait-il greffer à chaque semence ses petites racines, broder ses feuilles, assurer ce travail tous les jours? Comment pourrait-il d’une petite semence en faire jaillir plus de 100 à sa maturité pour en donner tout autant?

“À quoi pouvons-nous comparer le règne de Dieu?” dit Jésus. Pour montrer à quel point le règne de Dieu agit, bien qu’il ne soit pas dans le monde de l’apparence, ni du palpable, il emprunte l’exemple de la plus petite semence qui produira un grand arbre, un arbre dont personne ne peut avoir idée encore, cet arbre de la croix, cet arbre de vie du jardin de l’origine, cet arbre qui donne du fruit douze mois par année, cet arbre aux fruits qui se multiplient et sur lequel la mort n’a pas de prise.

Jésus montre que la puissance de l’action de l’Esprit sur la terre agit dans les profondeurs et s’enracine profondément dans l’humanité et l’obscurité pour mieux faire apparaitre des pousses qui deviendront de grands arbres de foi.

Le Père, comme un semeur avec son grand sac de semences incorruptibles à l’épaule, va et vient dans le grand champ de l’histoire de l’humanité. Son sac est bien rempli de paroles de vie qui sont des promesses de grandes récoltes de joie. Abraham sommeille sous terre, Moïse, David et tous les prophètes et le jour vient où le semeur lance la Germe incorruptible, la Semence de vie éternelle. “Abraham, votre père, exulta à la pensée qu’il verrait mon Jour. Il l’a vu et fut dans la joie.” (Jn 8, 56)

“Dieu est esprit” (Jn 4, 24) et les paroles qu’il sème sont esprit et elles sont vie. Son sac est rempli de l’Esprit Saint, il est rempli de ces mots qui sortiront de la bouche de Jésus pour nous donner des paroles de vie qui nous donneront vie. Un glaive de vérité que cette parole de Jésus : “En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu’un garde ma parole, il ne verra jamais la mort.” (Jn 8, 51)

“Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. Jean lui rend témoignage et il clame : ‘C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi, le voilà passé devant moi, parce qu’avant moi il était.’ Oui, de sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce pour grâce. Car la Loi fut donnée par Moïse; la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. Nul n’a jamais vu Dieu; le Fils unique, qui est tourné vers le sein du Père, lui, l’a fait connaître.” (Jn 1, 14-18)

NDC