31 oct, Mt 13, 31-35 : Les paraboles proclament des choses cachées depuis les origines.

 In Méditer les écritures


Évangile :
Il leur proposa une autre parabole : « Le Royaume des cieux est comparable à une graine de moutarde qu’un homme a semée dans son champ. C’est la plus petite de toutes les semences, mais, quand elle a poussé, elle dépasse les autres plantes potagères et devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel font leurs nids dans ses branches. »  Il leur dit une autre parabole : « Le Royaume des cieux est comparable à du levain qu’une femme enfouit dans trois grandes mesures de farine, jusqu’à ce que toute la pâte ait levé. » Tout cela, Jésus le dit à la foule en paraboles, et il ne leur disait rien sans employer de paraboles, accomplissant ainsi la parole du prophète : C’est en paraboles que je parlerai, je proclamerai des choses cachées depuis les origines.

Commentaires :
Jésus aurait bien voulu crier sans se lasser sa condition divine et qu’il était là, dans notre nature humaine, pour nous recréer par sa mort et sa résurrection. Pourtant, sous son aspect d’homme comme les autres hommes, quels sont ceux qui parvenaient à donner foi à sa parole sinon ceux qui prenaient le temps de sortir de leurs préjugés et d’aller le rencontrer, voir ses œuvres, entendre sa parole? « Philippe rencontre Nathanaël et lui dit : “Celui dont Moïse a écrit dans la Loi, ainsi que les prophètes, nous l’avons trouvé : Jésus, le fils de Joseph, de Nazareth.” Nathanaël lui dit : “De Nazareth, peut-il sortir quelque chose de bon?” Philippe lui dit : “Viens et vois.” (Jn 1, 45-46) 

Nathanaël a eu le courage de sortir de la perception de ce qui était apparent chez Jésus et il est allé à sa rencontre. Quelle bénédiction fut cette rencontre pour Nathanaël! Il a vu que Jésus percevait en lui ce qui n’était pas visible, ce que personne n’avait jamais vu en lui et reconnu de sa ferveur. Nathanaël étudiait fort pour comprendre la parole de Dieu, il priait tout autant avec cœur et ardeur, soucieux de se mettre à la suite de celui qui viendrait au nom de Dieu.

Quelle joie en entendant Jésus reconnaitre ce qu’il vivait avec autant d’ardeur pour vivre dans la vérité! Il se sentait bien seul dans sa quête de plaire à Dieu et souvent le doute l’envahissait sur le chemin ardu qu’il prenait. Il avait souvent la tentation de s’en remettre aux prescriptions toutes humaines des pharisiens et d’en tirer quelques gloires humaines avec eux, mais Nathanaël n’y parvenait pas. Il s’en va vers Jésus avec son ami Philippe avec quelques réticences au cœur. Pourtant en chercheur de vérité, il passe outre ses préjugés et n’hésite pas à marcher d’un pas ferme vers Jésus pour l’entendre avant de le juger définitivement et simplement sur son origine modeste de fils de Joseph le charpentier de Nazareth. 

Nathanaël n’a pas idée de ce qui se passera ce jour-là pour lui dans cette rencontre. Il marche derrière Philippe sans trop de conviction. Voici ce que l’apôtre Jean raconte de ce moment. Il devait être tout près de Jésus comme toujours. Il dit : “Jésus vit Nathanaël venir vers lui et il dit de lui : ‘Voici vraiment un Israélite sans détour.’ Nathanaël lui dit : ‘D’où me connais-tu? ’ Jésus lui répondit : ‘Avant que Philippe t’appelât, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu.’ Nathanaël reprit : ‘Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d’Israël.’ Jésus lui répondit : ‘Parce que je t’ai dit : ‘Je t’ai vu sous le figuier’, tu crois! Tu verras mieux encore.’ Et il lui dit : ‘En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme.’ (Jn 1, 47-50) 

Jésus brule de faire connaitre son identité divine cachée dans son origine modeste dans le monde visible. Il brule de ce désir afin d’ouvrir le ciel sur la terre à ces chercheurs de vérité comme Nathanaël et à les faire monter avec lui sur l’échelle de la croix. La vérité est amour, découvrira Nathanaël, c’est pourquoi elle se fait si petite dans le monde visible, elle de qui le monde visible tire son origine. 

‘Le Verbe était la lumière véritable, qui éclaire tout homme; il venait dans le monde. Il était dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli.’ (Jn 1, 9-11) 

Jésus voudrait crier qui il est dans notre univers visible pour y être reconnu afin que nous venions vers lui et constations que la vérité nous cherche plus que nous la cherchons pour nous conduire là où nous ne parvenons pas à nous rendre. 

Nathanaël a cru immédiatement avec la toute petite semence de vérité que Jésus a déposée en lui en le voyant sous le figuier. Jésus n’a pas ouvert le ciel pour le faire voir, une simple parole, quelques mots ont suffi pour que Nathanaël voie l’invisible sans le voir dans le visible et le reconnaisse comme Fils de Dieu. 

Nathanaël a reçu la semence de la parole de Jésus et il l’a accueillie dans son cœur et cette semence, la plus petite, si petite qu’elle est invisible dans le monde visible, cette semence grandira et dépassera tous les arbres de sagesse, de science que Nathanaël tentait d’acquérir par son effort. L’arbre de la foi grandira tout en restant petit dans le monde visible et malgré cela, les anges du ciel y viendront pour faire entendre la gloire de Dieu par qui tout le monde visible existe et qu’aujourd’hui, il est là parmi nous pour le sauver.  

‘La foi c’est posséder ce qu’on espère, c’est la preuve des réalités qu’on ne voit pas. C’est parce qu’ils ont eu cette foi que les hommes des temps passés ont été approuvés par Dieu. Par la foi, nous comprenons que l’univers a été harmonieusement organisé par la parole de Dieu, et qu’ainsi le monde visible tire son origine de l’invisible (Hé 11.1-3).

Jésus propose une deuxième parabole après l’autre pour nous dire ce qu’il ne peut que nous crier autrement qu’en mourant pour nous sur la croix, en descendant au tombeau pour en sortir vivant par la puissance de l’Esprit et la volonté du dessein d’amour du Père. Regardez le levain que la femme dépose dans la farine pour faire lever la pâte. Le levain est moins visible que toute la farine et pourtant c’est bien lui qui fera lever toute la pâte. Ainsi la foi en celui qui vient de la part de Dieu fait lever dans l’amour toutes nos actions et les transforme en bon pain pour nourrir les autres comme Jésus qui s’est fait pain pour nous nourrir en obéissant à la volonté de son Père dans l’unité de l’Esprit. 

Quel savant, quel philosophe pouvait par sa pensée accéder à ce dessein d’amour dans le cœur de Dieu pour l’humanité? C’est par la foi que la raison trouve pied pour voir sans voir la réalité du mystère de son amour dans son Fils crucifié et lui demander la grâce de prendre notre croix avec lui. ‘Selon qu’il est écrit, nous annonçons ce que l’oeil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas monté au coeur de l’homme, tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment. » (1 Co 2,9)

Il se fait bien petit, le Tout-Puissant, et il n’en demeure pas moins le Tout Puissant dans son Pain qui est le levain de tous et de tout afin qu’avec lui et par lui nous soyons Pain les uns pour les autres dans le cœur de Dieu par la puissance de l’Esprit et les mérites de Jésus-Christ. 

Ce mystère de la foi qui fait voir l’invisible dans le visible, nous devons le garder bien précieusement dans une conscience pure pour en voir la richesse et le vivre dans la joie de l’Esprit afin de le répandre. 

‘Oui, c’est incontestablement un grand mystère que celui de la piété : Il a été manifesté dans la chair, justifié dans l’Esprit, vu des anges, proclamé chez les païens, cru dans le monde, enlevé dans la gloire.’ (1Tim 3, 16)

NDC