4 août, Mt 14, 1-12 : Mieux vaut ne pas trop se poser de questions et profiter de la vie!

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Évangile :
En ce temps-là, Hérode, prince de Galilée, apprit la renommée de Jésus et dit à ses serviteurs : « Cet homme, c’est Jean le Baptiste, il est ressuscité d’entre les morts, et voilà pourquoi il a le pouvoir de faire des miracles. » Car Hérode avait fait arrêter Jean, l’avait fait enchainer et mettre en prison, à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe. En effet, Jean lui avait dit : « Tu n’as pas le droit de vivre avec elle. »
Lorsqu’arriva l’anniversaire d’Hérode, la fille d’Hérodiade dansa devant tout le monde, et elle plut à Hérode. Aussi s’engagea-t-il par serment à lui donner tout ce qu’elle demanderait. Poussée par sa mère, elle dit : « Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean le Baptiste. » Le roi fut contrarié, mais à cause de son serment et des convives, il commanda de la lui donner. Il envoya décapiter Jean dans la prison. La tête de celui-ci fut apportée sur un plat et donnée à la jeune fille, qui l’apporta à sa mère.
Les disciples de Jean arrivèrent pour prendre son corps, l’ensevelirent et allèrent informer Jésus.
Commentaires :
En ce temps-là, Hérode Antipas, prince de Galilée et de Pérée, apprend la renommée de l’un de ses sujets, un fils de charpentier de Nazareth. Hérode supporte mal la rivalité dans son Royaume, tout comme son père, Hérode le Grand lorsqu’il apprend des mages la naissance d’un roi sur son territoire : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître? Nous avons vu, en effet, son astre à son lever et sommes venus lui rendre hommage. » « L’ayant appris, le roi Hérode s’émut, et tout Jérusalem avec lui. » (Lc 2, 2-3)
Hérode le Grand tentera bien d’éliminer l’idée qu’un roi autre que lui pouvait naître dans son royaume. L’émotion suscitée par cette nouvelle dans tout Jérusalem l’inquiétait grandement. Il rassemble donc les grands prêtres et les scribes du peuple, convaincu que ceux-ci vont affirmer par les Écritures que son Royaume n’est pas le lieu où devait naître le Christ. Pourtant l’Écriture donnera raison aux mages : « À Bethléem de Judée, lui dirent-ils; ainsi, en effet, est-il écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es nullement le moindre des clans de Juda; car de toi sortira un chef qui sera pasteur de mon peuple Israël. » (Lc 2, 5-6) Malgré cette confirmation par ses propres scribes de la justesse de la quête des mages, Hérode n’est pas du tout dans la joie de cette naissance. Pourtant Hérode devrait être dans l’allégresse en apprenant que celui qu’annoncent tous les prophètes depuis des milliers d’années a vu le jour. Il devrait avec Syméon s’écrier : « Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s’en aller en paix; car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples, lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. » (Lc 2, 30-32)
Il n’en sera pas ainsi pour Hérode le Grand! Il refusera que quelqu’un vienne mettre de l’ombre sur son éclat, qu’importe s’il vient du ciel, qu’un astre indique l’endroit de sa naissance. En renard qu’il est, il tentera d’utiliser les mages pour servir son ambition de tuer ce roi qui se permet d’investir son royaume.
Hérode Antipas, ivre de son pouvoir tout comme son père, jaloux du moindre racoin de son royaume, reçoit avec contrariété la nouvelle de la renommée de Jésus. Il ne rassemblera pas les chefs de prêtres et les scribes du royaume pour se faire expliquer la renommée de cet homme du nom de Jésus selon les Écritures. Il parlera en homme imbu de lui-même, à qui personne n’ose s’objecter de peur d’être victime d’une colère soudaine. Jean Baptiste lui tenait tête avec raison. Il lui disait qu’il n’avait pas le droit de prendre la femme de son frère. La réponse d’Hérode à l’appel au repentir de Jean fut de le faire emprisonner. Hérodiade, sa femme illégitime obtiendra la tête de Jean Baptiste pour une promesse du roi à sa fille à la suite d’une danse qui lui avait plu.
Hérode Antipas affirmera sans détour en apprenant la renommée de Jésus : « Cet homme, c’est Jean le Baptiste, il est ressuscité d’entre les morts, et voilà pourquoi il a le pouvoir de faire des miracles. »
Tout comme les gens ivres qui pensent que tout ce qu’ils disent est vérité indiscutable, ainsi Hérode ressuscite celui qu’il a fait tuer pour soulager sa conscience de son crime et ne pas s’interroger sur la réelle identité de Jésus de crainte d’avoir à changer assurément. Mieux vaut ne pas trop se poser de questions et continuer sa petite vie.
Il en viendra comme son père Hérode le Grand à ressentir la lumière de l’Astre d’en haut et la chaleur du feu de l’amour de Jésus. Il verra bien que l’intensité du feu des œuvres de Jésus dépasse de loin la lumière de la lampe qu’était Jean Baptiste au désert. Pourtant, il ne se détournera pas moins de son comportement homicide, il refusera de changer pour demeurer dans son monde de spectacles pour le distraire de la lourdeur du temps.
« Pars et va-t’en d’ici; car Hérode veut te tuer, » disent des pharisiens à Jésus. Il leur dit : « Allez dire à ce renard : Voici que je chasse des démons et accomplis des guérisons aujourd’hui et demain, et le troisième jour je suis consommé! Mais aujourd’hui, demain et le jour suivant, je dois poursuivre ma route, car il ne convient pas qu’un prophète périsse hors de Jérusalem. » (Lc 13, 31-33)
Oseront-ils allez dire à Hérode ce que Jésus demande de répondre à son désir homicide? Non, car la peur de la mort aux mains d’Hérode les rendra muets. Pourtant Hérode, le renard homicide, tombera un jour dans la fosse qu’il creuse pour les autres, et il sera le sujet de la mort qu’il sert en croyant s’en servir pour assurer son pouvoir. Il tombera dans cette prison sombre et il verra la lumière du ressuscité venir lui offrir de le libérer et de le suivre. Hérode pourra-t-il succomber à la lumière de la vie et de son amour, lui qui pendant sa vie a préféré les ténèbres à la lumière?
« Et tel est le jugement : la lumière est venue dans le monde et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs oeuvres étaient mauvaises. Quiconque, en effet, commet le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière, de peur que ses oeuvres ne soient démontrées coupables, mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, afin que soit manifesté que ses oeuvres sont faites en Dieu. » (Jn 3, 19-21)
« En effet, c’est en Adam que meurent tous les hommes; c’est dans le Christ que tous revivront, mais chacun à son rang : en premier, le Christ; et ensuite, ceux qui seront au Christ lorsqu’il reviendra. Alors, tout sera achevé, quand le Christ remettra son pouvoir royal à Dieu le Père, après avoir détruit toutes les puissances du mal. C’est lui en effet qui doit régner jusqu’au jour où il aura mis sous ses pieds tous ses ennemis. Et le dernier ennemi qu’il détruira, c’est la mort, car il a tout mis sous ses pieds. » (1 Cor 15, 22-27)
NDC