4 Juin, Mc 12, 35-37 : Jésus est le Seigneur de David et non son fils.

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Évangile :

Quand Jésus enseignait dans le Temple, il déclarait : « Comment les scribes peuvent-ils dire que le Messie est le fils de David? David lui-même a dit sous l’inspiration de l’Esprit Saint : Le Seigneur dit à mon Seigneur : < Siège à ma droite jusqu’à ce que j’aie mis tes ennemis sous tes pieds! > David lui-même le nomme Seigneur. D’où vient qu’il est également son fils? »

Et la foule, qui était nombreuse, l’écoutait avec plaisir.

Commentaires :

Jésus enseigne dans le Temple tel un agneau au milieu des loups. Les autorités du Temple ne cessent de former des meutes pour le saisir. Ils s’approchent, éloges à la bouche pour le faire parler et mieux tendre leur piège mortel. Les loups salivent de lui sauter à la gorge. Leurs bouches s’impatientent de montrer la puissance de leurs crocs et leurs yeux brillent des lumières de la nuit. « Maître, nous savons que tu es véridique et que tu ne te préoccupes pas de qui que ce soit; car tu ne regardes pas au rang des personnes, mais tu enseignes en toute vérité la voie de Dieu. » (12,14) Les crocs ne tardent pas à se montrer et les grognements à se faire entendre : « Est-il permis ou non de payer l’impôt à César? Devons-nous payer, oui ou non? » (12,14) « Par quelle autorité fais-tu cela? ou qui t’a donné cette autorité pour le faire? » (Mc 11, 28) 

Dans le Temple, ces grands fauves au service de l’autorité sont chez eux. À leur vue, la frayeur circule dans la foule rassemblée au Temple. Un chemin se trace devant eux et ils vont où bon leur semble. Jésus est la proie qu’ils cherchent, ils voudraient le terrasser comme il a renversé les tables des marchands, ils voudraient éteindre cette lumière qui les démasque au grand jour, troupeau de brigands avides du bien des pèlerins du Temple.

Malgré toutes les menaces qui l’entourent, Jésus poursuit son enseignement et cette fois, il leur donnera matière pour alimenter le feu de leur rage à son égard. Jésus déclare que le Messie n’est pas le fils de David comme le disent les scribes, et il appuiera cette affirmation sur les propos mêmes de David qui nomme le Messie son Seigneur : « Le Seigneur dit à mon Seigneur : < Siège à ma droite jusqu’à ce que j’aie mis tes ennemis sous tes pieds! > » 

Jésus n’enseigne pas cette vérité pour susciter la colère de la meute et faire trembler le Temple des hurlements des autorités. « Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups; montrez-vous donc prudents comme les serpents et candides comme les colombes. » (Mt 10, 16) Jésus est prudent, sa nourriture est de faire la volonté du Père et quelle intelligence lui faut-il pour se rendre docile à la douceur de l’amour devant tant de violence et d’orgueil! Pourtant, lorsque l’heure est venue selon la volonté du Père, Jésus va de l’avant. À douze ans déjà, il se rendra au Temple et se manifestera selon la volonté du Père : « Et il advint, au bout de trois jours, qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant; et tous ceux qui l’entendaient étaient stupéfaits de son intelligence et de ses réponses. » (Lc 2, 46-47) Il rappellera à cette mère, sa mère qu’il nous donnera comme il s’est donné : « Ne saviez-vous pas que je dois être aux affaires de mon Père? Mais eux ne comprirent pas la parole qu’il venait de leur dire. » (Lc 2, 49) Comment comprendre autant d’amour? Même le cœur immaculé de Marie est dépassé par autant d’abaissements de la part de Dieu pour nous tirer de l’emprise du mal et de la mort. « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. » (Jn 3, 16) 

Jésus n’est pas là pour provoquer les scribes, mais pour témoigner de la vérité afin que nous puissions accueillir la foi qu’il vient nous donner par ses œuvres et que par cette foi en lui, nous accédions à la vie éternelle en devenant enfants de Dieu, par lui qui se livre pour nous. 

Il faut bien entendre ce que nous avons à entendre pour être sauvés de notre condition de mortels avec tout son cortège de division, de violence, de souffrance, d’injustice. Jésus était avant que David soit, comme il était avant qu’Abraham soit et cette vérité est bien choquante pour nos esprits limités par les frontières de la mort et de la chair corruptible et fragile. « En vérité, en vérité, Je vous le dis, avant qu’Abraham fût, Je suis. Ils prirent donc des pierres, pour les jeter sur Lui. »  (Jn 8,59-60) 

C’est choquant de penser que Dieu nous porte déjà dans son cœur avant même que nous ayons vu le jour et qu’il prépare tout pour nous conduire dans la plénitude de la joie et de la vie. « Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de renaître, ne peut voir le règne de Dieu. » Nicodème lui répliqua : « Comment est-il possible de naître quand on est déjà vieux? Est-ce qu’on peut rentrer dans le sein de sa mère pour naître une seconde fois? » Jésus répondit : « Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. » (Jn 3, 3-5) 

Il est choquant d’entendre ce jeune homme enseigner qu’il était avant David et pourtant, quel plaisir de savoir qu’il en est ainsi, que le Royaume de Dieu est proche! Nous qui croyons que la mort ne peut mourir, nous qui croyons que le mal sera toujours là, que la souffrance ne peut disparaître, ni l’injustice, car nous le voyons. Pourtant, le Fils de Dieu engendré par l’Esprit dans le sein de Marie est parmi nous, pour prendre sur lui tout ce qui nous garde le ventre dans la poussière. Il prend sur lui toutes nos morts, toutes nos blessures en montant sur le trône de la croix et en sortant victorieux du tombeau. < Siège à ma droite jusqu’à ce que j’aie mis tes ennemis sous tes pieds! > 

« Car il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il ait placé tous ses ennemis sous ses pieds. 1Co 15:26 — Le dernier ennemi détruit, c’est la Mort. » (1Co 15, 26-27)

NDC