4 mai, Jn 10, 11-18 : Le berger et le dragon.

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Évangile

Jésus disait aux Juifs : « Je suis le bon pasteur (le vrai berger). Le vrai berger donne sa vie pour ses brebis. Le berger mercenaire, lui, n’est pas le pasteur, car les brebis ne lui appartiennent pas : s’il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s’enfuit; le loup s’en empare et les disperse. Ce berger n’est qu’un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui.

“Moi, je suis le bon pasteur; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père; et je donne ma vie pour mes brebis. J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix; il y aura un seul troupeau et un seul pasteur.

« Le Père m’aime parce que je donne ma vie, pour la reprendre ensuite. Personne n’a pu me l’enlever; je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, et le pouvoir de la reprendre : voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. »

Commentaires :

Jésus disait : ‘Je suis le bon pasteur (le vrai berger)’. Si nous savions à quel point nous avons besoin d’un berger et à plus forte raison du vrai, nous serions heureux d’entendre Jésus nous dire que c’est lui le vrai. Nous serions heureux de son courage à l’affirmer malgré la présence de ceux qui se prétendent les pasteurs du peuple. Nous avons besoin d’un berger comme le poisson a besoin de l’eau, comme l’oiseau de l’air pour voler et nous pour respirer. Nous avons besoin d’un berger pour veiller sans cesse sur nous, car le combat à mener pour demeurer vivant n’est pas à notre portée. Nous sortons toujours morts dans cette vie. Notre corps est marqué de toutes sortes de blessures autant au-dehors qu’au dedans. Plus nous vieillissons, plus ces blessures ressortent pour nous affliger. Ce bras fracturé dans les jeunes années se remet à chanter sa douleur d’avoir perdu son intégrité. Ce cœur brisé par nos maladresses revient nous hanter, cette amitié rompue, cette cicatrice. Sans pasteur, sans le vrai berger, nous mourrons dans nos misères : ‘Je dis que vous mourrez dans vos péchés. En effet, si vous ne croyez pas que je suis, vous mourrez dans vos péchés.’ (Jn 8, 24) Jésus ne menace pas en affirmant cela, il nous demande de le croire pour nous conduire vers les pâturages de la vie éternelle. Jésus serait comparable à quelqu’un qui offrirait une source inépuisable d’eau vive à des gens mourant de soif dans un désert et ces gens hésiteraient ou refuseraient de le croire. ‘Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à Moi et que boive celui qui croit en Moi. Comme dit l’Écriture, ‘De son sein, couleront des fleuves d’eau vive.’ Il désignait ainsi l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en Lui. (Jn 7,37)

Le vrai berger doit les supplier de le croire pour les sauver : ‘Si je n’accomplis pas les œuvres de mon Père, continuez à ne pas me croire. Mais si je les accomplis, quand bien même vous refuseriez de me croire, croyez les œuvres. Ainsi vous reconnaîtrez, et de plus en plus, que le Père est en moi, et moi dans le Père.’ Les Juifs cherchaient de nouveau à l’arrêter, mais il leur échappa. » (Jn 10, 37-39)  

Pour mener le combat contre le mal et la mort, nous ne sommes pas à la hauteur. L’un et l’autre entreront dans la bergerie et prendront la brebis de leur choix pour la voler à elle-même ou la dévorer. Ne faut-il pas un berger plus fort que les prédateurs pour empêcher ce carnage? ‘Comment peut-on entrer dans la maison de l’homme fort et piller ses biens, sans avoir d’abord ligoté cet homme fort? Alors seulement on pillera sa maison. Celui qui n’est pas avec moi est contre moi; celui qui ne rassemble pas avec moi disperse. » (Mt 12, 29-30) Le bon berger vaincra par l’amour ce dragon aux nombreuses têtes : ‘un énorme dragon, rouge feu, avec sept têtes et dix cornes, et sur chaque tête un diadème. Sa queue balayait le tiers des étoiles du ciel, et les précipita sur la terre. Le Dragon se tenait devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer l’enfant dès sa naissance. Or, la Femme mit au monde un fils, un enfant mâle, celui qui sera le berger de toutes les nations, les menant avec un sceptre de fer. L’enfant fut enlevé auprès de Dieu et de son Trône… » (Ap 12, 3-5) Il mènera le dragon avec un sceptre de fer et pour sauver les brebis, il se fera agneau pour entrer dans sa gueule et en ressortir vivant pour libérer tous ceux qui gisent dans l’ombre de ses entrailles.

Je suis le bon berger et le vrai berger donne sa vie pour ses brebis. Qui peut faire un tel exploit, qui peut combattre le mal sans donner la mort, qui peut combattre la mort en donnant la vie. 

Qui en ce monde est libre de toutes les vapeurs du dragon et prétendre conduire les brebis dans la sécurité du Royaume du Père? Qui est libre de tout péché, sinon celui qui vient du Père et qui était auprès du Père avant le commencement du monde.

Le vrai pasteur, c’est le Père qui l’envoie :

‘Tu es mon fils; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. Demande, et je te donne en héritage les nations, pour domaine la terre tout entière. Tu les détruiras de ton sceptre de fer, tu les briseras comme un vase de potier.’ Maintenant, rois, comprenez, reprenez-vous, juges de la terre. Servez le Seigneur avec crainte, rendez-lui votre hommage en tremblant. Qu’il s’irrite et vous êtes perdus : soudain, sa colère éclatera. Heureux qui trouve en lui son refuge! » (Ps 2, 7-12)

N.D.C.