4 oct, Lc 9, 57-62 : Jésus ne prend aucun repos pour nous procurer le repos!

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Évangile :

En cours de route, un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras. » Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. »

Il dit à un autre : « Suis-moi. » L’homme répondit : « Permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. » Mais Jésus répliqua : « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, va annoncer le règne de Dieu. »

Un autre encore lui dit : « Je te suivrai, Seigneur; mais laisse-moi d’abord faire mes adieux aux gens de ma maison. » Jésus lui répondit : « Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas fait pour le royaume de Dieu. »

Commentaires :

Un village de samaritains refuse d’accueillir Jésus. Jean et Jacques sont choqués. Ils voudraient qu’un feu descende du ciel pour les consumer. Jésus les réprimande. Les disciples par cette demande d’une telle calamité expriment une forme de refus à l’enseignement de Jésus. Les samaritains se sanctionnent eux-mêmes en rejetant le Christ. Ils se privent d’une source d’eau jaillissant en vie éternelle. Ils se ferment le ciel. Pourquoi faire descendre le feu du ciel pour les consumer? Le feu du ciel est descendu et il est venu faire de chacun des buissons ardents.   À la samaritaine au puits de Jacob, Jésus dira : « Quiconque boit de cette eau aura soif à nouveau; mais qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif; l’eau que je lui donnerai deviendra en lui source d’eau jaillissant en vie éternelle. » (Jn 4, 13-14) Il faut être insensé pour refuser un tel breuvage en ce monde. La samaritaine s’exclamera avec doute : « Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n’aie plus soif et ne vienne plus ici pour puiser. » (Jn 4, 15)

Jésus est dans l’urgence d’ouvrir en chacun des sources d’eau qui ne s’épuisent pas. Il est dans l’urgence de procurer le repos à chacun et à tous. « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. » (Mt 11, 28)

Procurer le repos à cet être qui chaque jour se rend au puits pour s’abreuver d’une eau qui n’étanche pas sa soif, qui se rend à la table pour avaler une nourriture qui ne rassasie pas. Inlassablement, l’être humain recommence ce qu’il a fait hier pour assurer sa survie, comme la terre qui tourne autour du soleil. Le voilà qui court au puits et au marché, il prépare la table, s’endort et au matin retourne au boulot. Riches ou pauvres, ils sont dans la même condition. Difficile dans cette ronde de ne pas oublier l’essentiel. Le cœur en arrive à s’attacher à l’argent, il ne fait que compter, son temps devient de l’argent et la mort se moque de lui.

Jésus est dans l’urgence de nous libérer de nos esclavages et de nous donner la vraie richesse nous permettant d’avoir tout notre temps pour nous consacrer à l’amour de Dieu et du prochain. « Le Royaume des cieux est au-dedans de vous » (Lc 17,21), « Vous le savez : ce qui vous a libérés de la vie sans but que vous meniez à la suite de vos pères, ce n’est pas l’or et l’argent, car ils seront détruits; c’est le sang précieux du Christ, l’Agneau sans défaut sans tache, le Christ, discerné avant la fondation du monde et manifesté dans les derniers temps à cause de vous. » (1 Pi 1, 18-20)

Jésus est dans l’urgence. Il court d’un village à l’autre pour annoncer la bonne nouvelle qu’il vient offrir gratuitement en se livrant aux mains des fils de l’homme. Il veut rendre à notre cœur la liberté de se consacrer uniquement à l’amour. En prenant notre chair, il assume les limites de notre corps et pour aller plus vite et plus loin et dans tous les temps, il nous appelle à nous joindre à lui pour aller partout répandre cette vie nouvelle qui instaure un monde nouveau, une civilisation de l’amour. Il nous appelle pour former son corps, lui en sera la tête et la pierre angulaire. Jésus court vers Jérusalem, le lieu de son offrande ultime, le lieu où il dressera la table du festin, le lieu où il s’élèvera pour crier son amour. Il laissera le soldat transpercer son cœur sans battement pour faire couler un fleuve d’eau vive où nous pourrons être baptisés et renaître dans sa mort pour revivre avec lui.

Il court et en chemin, un homme lui dit : « Je te suivrai partout où tu iras. » Cet homme ignore que Jésus s’en va à Jérusalem pour lui, comme pour tous les autres. Qui peut suivre celui qui descend du ciel pour nous y faire monter avec lui? Il est descendu d’auprès du Père afin de venir parmi nous pour donner sa nature divine en nourriture et nous conduire au Royaume. Qui peut comprendre l’amour de Dieu pour nous? « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête, » déclare Jésus à cet homme. Le Fils de l’homme n’a pas où reposer la tête, lui qui veut procurer le repos à toutes les créatures depuis les origines du monde, jusqu’à la fin du monde. Les créatures qui subsistent par lui peuvent trouver un nid, un terrier, mais le Fils de Dieu qui se fait Fils de l’homme ne peut trouver repos tant qu’il ne reposera pas sur la croix pour se donner en nourriture de vie éternelle.

Dans sa course, Jésus dit à un autre : « Suis-moi. » Suis-moi, toi qui erres, suis-moi, ne t’attarde pas à ramasser tes affaires, à des salutations, tu auras l’éternité pour retrouver ceux que tu aimes et les prendre dans tes bras. Suis-moi pour annoncer la bonne nouvelle à tous, il y a tellement de gens épuisés, fatigués, il faut les nourrir, les réconforter, les apaiser. « Permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. » « N’appelez personne sur la terre votre père; car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux. » (Mt 23:9) Le père de tous les pères terrestre est dans les cieux, il est à l’origine de tout et en lui seul se trouve notre repos : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. » (Jn 3,16) Suis-moi, tu n’as pas à enterrer ton père, le Père en son Fils le sortira de son tombeau et il le rendra à tes bras. Tu reverras son regard et son sourire, tu pourras encore et encore partager des jours sans fin en sa présence. Viens, suis-moi, immédiatement, il y a tellement de fils qui pleurent leur père et le Père céleste veut leur rendre. Il veut enlever toutes les larmes des visages, changer les vêtements de deuil en vêtements de joie.

Un autre encore lui dit : « Je te suivrai, Seigneur; mais laisse-moi d’abord faire mes adieux aux gens de ma maison. » Jésus lui répondit : « Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas fait pour le royaume de Dieu. » Comment avoir un cœur partagé devant un si grand trésor qui enrichit non seulement celui qui le trouve, mais tous les siens? Comment retarder de le distribuer pour que tous en reçoivent en abondance? Celui qui regarde en arrière entretient le doute, il endort sa foi, il s’éloigne du feu qui purifie le cœur et fait voir le Dieu invisible : « Bienheureux les cœurs purs, ils verront Dieu. » (Mt 5, 8) Celui qui n’avance pas sur le chemin du Royaume des cieux recule. Il faut aller de l’avant, chaque instant est à conquérir pour l’offrir à Dieu pour tous les autres qui sont encore loin de la source de vie.

NDC