5 août, Jn 6, 24-35 : Le ventre et le coeur

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Évangile :
Lorsqu’enfin la foule se rendit compte que Jésus n’était pas là, ni ses disciples non plus, elle prit les barques vers Capharnaüm à la recherche de Jésus. L’ayant trouvé sur l’autre rive, les gens lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici? »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasiés. Ne travaillez pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son empreinte. » Ils lui dirent alors : « Que faut-il faire pour travailler aux œuvres de Dieu? » Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »
Après la multiplication des pains, la foule dit à Jésus : « Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et le croire? Quelle œuvre vas-tu faire? Au désert, nos pères ont mangé la manne; comme dit l’Écriture : il leur a donné à manger le pain venu du ciel. »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel; c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel. Le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. » Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous de ce pain-là, toujours. »
Jésus leur répondit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim; celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif. »
Commentaires :
Le peuple au désert récrimine contre Moïse et son frère Aaron : « Ah! Il aurait mieux valu mourir de la main du Seigneur, au pays d’Égypte, quand nous étions assis près des marmites de viande, quand nous mangions du pain à satiété! Vous nous avez fait sortir dans ce désert pour faire mourir de faim tout ce peuple assemblé! » (Ex 16, 2-4) Comment le peuple peut-il manquer de foi en la puissance de Dieu qui lui a rempli le ventre au désert, après l’avoir libéré de l’esclavage du Pharaon? N’a-t-il pas vu toutes les calamités lancées sur l’Égypte pour lui rendre sa liberté? Les gens du peuple n’ont-ils pas vu la mer s’ouvrir devant eux lorsque Moïse a levé son modeste bâton afin d’échapper à la vengeance de Pharaon et de ses armées? Tous ces gens, les vieillards, les femmes, les hommes comme les enfants n’ont-ils pas vu la colonne de feu durant la nuit les guider vers la Terre Promise? Ils ont vu tant de merveilles et de prodiges de la part de Dieu à leur endroit, ne devaient-ils pas tressaillir de joie malgré la difficulté que représente la traversée du désert et purifier leur foi, comme l’or au creuset. Abraham, leur père à tous, n’avait-il pas été éprouvé dans sa foi? « Par la foi, Abraham, mis à l’épreuve, a offert Isaac, et c’est son fils unique qu’il offrait en sacrifice, lui qui était le dépositaire des promesses, lui à qui il avait été dit : C’est par Isaac que tu auras une postérité. Dieu, pensait-il, est capable même de ressusciter les morts; c’est pour cela qu’il recouvra son fils, et ce fut un symbole. » (Hé 11, 17-19) C’est la foi qui a justifié Abraham, non ses œuvres. « Si Abraham était devenu un homme juste par les actions qu’il avait accomplies, il aurait pu en tirer orgueil, mais Dieu juge autrement. L’Écriture dit en effet : Abraham eut foi en Dieu et de ce fait, Dieu estima qu’il était juste. » (Ro 4, 2-3)
C’est la foi que Dieu veut faire grandir dans le cœur de chacun afin que tous ces gens soient des témoins du Dieu unique et que tous les peuples viennent à la foi, les Égyptiens y compris. Ils ne sont pas meilleurs que les autres parce qu’ils sont fils d’Abraham dans la chair, c’est dans la foi qu’ils doivent être fils d’Abraham afin que comme Abraham, ils puissent reconnaître celui qui sera l’accomplissement des promesses. « C’est d’une foi sans défaillance qu’il considéra son corps déjà mort — il avait quelque cent ans — et le sein de Sara, mort également; appuyé sur la promesse de Dieu, sans hésitation ni incrédulité, mais avec une foi puissante, il rendit gloire à Dieu, certain que tout ce que Dieu a promis, il est assez puissant ensuite pour l’accomplir. » (Ro 4, 19-21)
Abraham a bien vu dans la foi ce Jésus que la foule cherche aujourd’hui sur la rive, il l’a vu avec les yeux de la foi et il s’est réjoui. Il a été rempli d’une joie inexprimable qui transfigure celui qui croit sans avoir vu. « Abraham, votre père, exulta à la pensée qu’il verrait mon Jour. Il l’a vu et fut dans la joie. » Les Juifs lui dirent alors : « Tu n’as pas cinquante ans et tu as vu Abraham! » Jésus leur dit : « En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham existât, Je Suis. » (Jn 8, 56-58)
Ce n’est pas ce Jésus que les gens cherchent, celui qui vient les sauver de la mort inévitable et de tous les soucis du pain quotidien, ils cherchent un Moïse pour les nourrir d’un pain qui passe. Ils seraient prêts à le suivre pour de la nourriture, comme le peuple au désert était disposé à retourner à l’esclavage du Pharaon pour un peu de viande et du pain.
Pour un peu de viande, il remettrait sa liberté aux mains du pharaon. La moindre épreuve ne doit pas faire reculer l’alpiniste qui vise le sommet, comme la moindre difficulté ne doit pas nous faire douter de l’amour de Dieu et de sa tendresse constante.
Pierre, l’apôtre qui a tant pleuré, sait bien qu’il ne faut pas renier sa foi pour aucune raison : « Vous en tressaillez de joie, même s’il faut que vous soyez attristés, pour un peu de temps encore, par toutes sortes d’épreuves; elles vérifieront la qualité de votre foi qui est bien plus précieuse que l’or (cet or voué pourtant à disparaître, qu’on vérifie par le feu). Tout cela doit donner à Dieu louange, gloire et honneur quand se révélera Jésus Christ, lui que vous aimez sans l’avoir vu, en qui vous croyez sans le voir encore; et vous tressaillez d’une joie inexprimable qui vous transfigure,
car vous allez obtenir votre salut qui est l’aboutissement de votre foi. » (1 Pi 1, 6-9)
Jésus enseigne à la foule sur la nourriture à rechercher dans ce désert de notre monde afin de la conduire vers cette joie inexprimable qui transfigure même au jour d’épreuve. Pour s’en nourrir, il faut croire en Lui afin qu’il puisse vivre en nos cœurs et nous transformer, nous faire passer de la mort à la vie à pied sec.
« Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasiés. Ne travaillez pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son empreinte. »
Cherchez-moi pour ce que je suis, enseigne Jésus, et non pour votre ventre.
« Que faut-il faire pour travailler aux œuvres de Dieu? » Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »
Jésus demande la foi que par ses œuvres il nous donne. Il s’agit pour nous de bien la garder et de ne pas y renoncer pendant un moment difficile. Dieu nous aime et il nous le prouve en livrant son Fils unique pour nous. Cette fois, il n’arrêtera pas sa main pour empêcher sa mort sur la croix. Il ne stoppera pas sa main comme il a arrêté la main d’Abraham qui allait offrir Isaac, l’enfant de la promesse. Le Père ira jusqu’au bout dans son offrande, tout comme le Fils afin de nous sauver. « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. », car la foi justifie, la foi purifie, la foi est la force de résister au père du mensonge qui rugit sans cesse que vous n’êtes pas aimés, la foi rend louange et honneur à Dieu.
« Le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. » Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous de ce pain-là, toujours. »
Jésus leur répondit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim; celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif. »
« On lit en effet dans l’Écriture : Voici que je pose en Sion une pierre angulaire, une pierre choisie et de grande valeur; celui qui lui donne sa foi ne connaîtra pas la honte. Ainsi donc, honneur à vous qui avez la foi, mais, pour ceux qui refusent de croire, l’Écriture dit : La pierre éliminée par les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle, une pierre sur laquelle on bute, un rocher qui fait tomber. Ces gens-là butent en refusant d’obéir à la Parole, et c’est bien ce qui devait leur arriver. » (1 Pi 2, 6-8)
NDC