5 déc, Lc 10, 21-24 : Jésus exulte de joie!

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Évangile :
Jésus exultant de joie sous l’action de l’Esprit-Saint dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bonté. Tout m’a été confié par mon Père, personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père; et personne ne connaît le Père, sinon le fils et celui à qui le Fils veut le révéler. »
Puis il se tourna vers ses disciples et leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez! Car je vous le déclare : Beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. »
Commentaires :
« Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur, il s’est penché sur son humble servante, » chante Marie à Élisabeth. Mon âme se noie dans l’action créatrice du Seigneur afin que grandisse en mon sein celui vient accomplir les desseins d’amour de Dieu pour la multitude. Mon esprit est rempli de joie d’être celle en qui Dieu se fait chair pour venir sauver la multitude. L’esprit de Marie exulte, elle manifeste à sa cousine sa très grande joie de ce qui se passe en elle pour les autres, tous les autres.
Dieu a choisi la plus petite pour faire de grandes choses, il a choisi la plus humble de ses servantes pour donner chair à son Fils, doux et humble. « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur. » (Mt 11, 29) L’humilité de celui qui vient est fondée dans son amour pour la multitude. Il ne vient pas pour confondre, détruire, violenter. Il vient pour s’offrir, se livrer en rançon, s’abandonner à l’amour de l’autre, se donner afin de ne perdre aucun de ses enfants. Qui peut résister à tant d’amour?
L’humble Seigneur s’est penché sur son humble servante, cette jeune fille qui brûlait du désir de le servir afin que tous découvrent son amour et viennent se jeter dans les bras de sa miséricorde.
« Par ma vie, dit le Seigneur, je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive » (Ez 33. 11) Dieu a bien préparé cette jeune fille afin de courir au secours de toute l’humanité et la retirer des ténèbres et de l’ombre de la mort.
« Le Seigneur ne retarde pas l’accomplissement de ce qu’il a promis, comme certains l’accusent de retard, mais il use de patience envers vous, voulant que personne ne périsse, mais que tous arrivent au repentir » (2 Pi 3, 9) Le doux et humble Seigneur qui descend parmi nous ne peut être vu que par ceux qui recherchent l’humilité, ceux qui se font petits. Désirer l’humilité, c’est vouloir que chacun trouve sa place dans le dessein d’amour et que la volonté de Dieu se fasse pour tous. Se faire petit, c’est vouloir laisser grandir celui qui est le plus grand et qui se fait le plus petit pour nous faire grandir, pour transformer notre vie mortelle en vie éternelle. « Pour moi, je vous baptise avec de l’eau, mais vient le plus fort que moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de ses sandales; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. » (Lc 3, 16) « Il faut que je diminue et que lui grandisse » (Jn 3, 30) Jean Baptiste, le plus grand parmi les enfants des hommes comme en témoigne Jésus, se fait petit pour atteindre la vraie grandeur par Jésus, le plus petit parmi nous tellement sa grandeur n’a aucune mesure. « Il était au commencement avec Dieu. Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut. Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie. » (Jn 1, 2-5) Tout fut par lui et voilà que celui par qui tout existe s’incarne dans le sein d’une jeune fille en cachant sa nature divine pour sauver la nature humaine. Qui peut être plus petit que celui qui est à l’origine de toute grandeur et qui se fait chair pour sauver la race humaine de l’emprise de la mort qui la réduit à n’être rien, à la poussière? Cette petitesse n’a rien à voir avec la médiocrité, le manque de courage d’être soi, de confiance. Cette petitesse est l’abri d’un grand amour qui vient à la rescousse des faibles que nous sommes devant le mal et la mort.
« Méprises-tu les richesses de la bonté et de la longanimité de Dieu? Ignores-tu que sa patience devrait te conduire à la pénitence? Mais toi, par ton endurcissement et l’impénitence de ton coeur, tu amasses contre toi un trésor de colère. » (Rm 2. 4) Nous pouvons aisément mépriser cette petitesse du plus grand qui se livre à nous sans arme, nous pouvons haïr cette fragilité et nous permettre de lever la main sur celui qui vient à nous sans défense.
Marie a bien compris que cette fragilité de l’enfant en elle n’a rien à voir avec la faiblesse et que ce ne peut qu’être le Tout Puissant qui puisse agir avec autant d’amour dans une si grande vulnérabilité. C’est pourquoi elle chante sa puissance malgré qu’elle a pouvoir sur sa vie : « Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
 Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, 
renvoie les riches les mains vides. » (Lc 1, 51-53)
Jésus exulte de joie sous l’action de l’Esprit-Saint, son esprit est rempli de joie sous l’action de l’Esprit, d’être aussi petit parmi les hommes. Il exulte de joie dans sa fragilité malgré sa puissance, il exulte de joie de se livrer comme homme aux forces qui retiennent l’être humain afin de se mesurer dans sa faiblesse avec ces forces et les disperser, les détrôner de leurs puissances sans force qui n’ont de force qu’envers les faibles hommes. « Lui, de condition divine, ne retient pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’anéantit lui-même, prenant condition d’esclave, et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur une croix! » (Ph 2, 6-7) Il se comporte comme un homme, lui de condition divine afin d’élever la condition humaine à sa condition. Qui peut se fait plus petit que le Dieu Tout-Puissant? Qui peut s’offrir en sacrifice pour les autres et préparer son sacrifice à travers toute l’histoire, dans la patience et la miséricorde pour le bonheur des autres?
Jésus exulte de joie de pouvoir être reconnu dans sa crèche par ceux qui ont soif de justice pour tous et non seulement pour eux, par ceux qui se font artisans de paix pour tous et non seulement pour leur petite famille. Jésus exulte de joie que puisse être reconnue sa condition divine dans sa condition d’esclave, dans son humiliation jusqu’à la croix, dans son obéissance. Les puissants, les superbes, sages ou savants ne peuvent voir dans ce crucifié qu’un perdant, dans cet enfant dans la crèche qu’une légende.
Puis il se tourne vers ses disciples qui se font petits pour le suivre et leur dit que beaucoup de petits qui l’annonçaient auraient voulu voir ce que vous voyez, aurait aimé voir le Tout-Puissant dans sa fragilité toute puissante d’amour.
Heureux êtes-vous de reconnaître l’enfant de condition divine dans sa crèche avec sa mère et son humble charpentier de père, heureux êtes-vous de reconnaître son étoile parmi tous les scintillements artificiels des fêtes et de venir l’adorer en vous faisant petits.
NDC