5 janv, Jn 1, 43-51 : Tu verras l’échelle qui mène à la vie!

 In Méditer les écritures

Évangile :
Jésus avait rencontré ses premiers disciples; le lendemain, il décida de partir pour la Galilée. Il rencontre Philippe, et lui dit : « Suis-moi. » (Philippe était de Bethsaïde, comme André et Pierre.) Philippe rencontre Nathanaël et lui dit : « Celui dont parlent la loi de Moïse et les Prophètes, nous l’avons trouvé : c’est Jésus, fils de Joseph, de Nazareth! Peut-il sortir de là quelque chose de bon? Philippe répond : « Viens et tu verras. »
Lorsque Jésus voit Nathanaël venir à lui, il déclare : « Voici un véritable fils d’Israël, un homme qui ne sait pas mentir. » Nathanaël lui demande : “Comment me connais-tu? Jésus lui répond : ‘Avant que Philippe te parle, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu.’ Nathanaël lui dit : ‘Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu! C’est toi le Roi d’Israël! ’ Jésus reprend : ‘Je te dis que je t’ai vu sous le figuier, et c’est pour cela que tu crois! Tu verras des choses plus grandes encore. »
Et il ajoute : « Amen, amen, je vous le dis : vous verrez les cieux ouverts, avec les anges de Dieu qui montent et descendent au-dessus du Fils de l’homme. »
Commentaires :
La vie peut changer en un instant. Chaque jour, au Canada, six personnes meurent sur la route. Chaque personne jette dans le deuil au moins une quarantaine de personnes. Le temps de Noël n’est pas épargné par dame la mort. Elle s’invite à la table des fêtes de la vie pour les transformer en chambre mortuaire. En 2011, 2422 décès sur la route, 180, 681 blessés au Canada. En un instant, des milliers de vies ont changé. Nous allions à la fête et nous voici dans un cortège funèbre. En France, 3959 morts sur les routes en 2011. En un instant, la vie de milliers de personnes change dans le monde. Les beaux projets s’effondrent, s’effacent dans la mémoire de l’histoire. Le sage et l’insensé peuvent ainsi être fauchés, le riche et le mendiant, l’enfant et le retraité. ‘Mon âme, tu as quantité de biens en réserve pour de nombreuses années; repose-toi, mange, bois, fais la fête. » Mais Dieu lui dit : « Insensé, cette nuit même, on va te redemander ton âme. Et ce que tu as amassé, qui l’aura? ’ Ainsi en est-il de celui qui thésaurise pour lui-même, au lieu de s’enrichir en vue de Dieu.» (Lc 12,19-21)
En un instant, la vie de chaque personne sur cette terre changera du tout au tout, tout comme l’enfant qui passe du sein maternel à la vie dans la matrice de notre planète. « Mangeons, buvons, car demain nous mourrons. » Nous pouvons bien nous convaincre de nous amuser en pensant que la vie n’a aucun sens, mais rien ne nous garantit que nous pourrons profiter de ce dont nous ne sommes pas les maîtres. «
Qui d’entre vous d’ailleurs peut, en s’en inquiétant, ajouter une seule coudée à la longueur de sa vie? » (Mt 6, 27) Il ne s’agit pas d’assombrir la beauté de la vie, au contraire, Jésus vient pour lui donner une lumière qui donne un sens à notre existence. Il est là pour nous enlever ce linceul qui nous couvre, ces vêtements de deuil que nous ne cessons pas de remettre. “Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie. » (Jn 1, 4-5) Les ténèbres saisissent mal cette lumière qui vient prendre sur elle la mort et tout ce qui y mène. Nous voudrions un super héros avec des pouvoirs capables de maintenir nos ponts, notre économie, enrayer la pollution. Jésus vient en super humble nous sortir de notre errance qui mène au cimetière pour nous conduire à la maison du Père. “Tous, comme des moutons, nous étions errants, chacun suivant son propre chemin, et le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à tous. Maltraité, il s’humiliait, il n’ouvrait pas la bouche, comme l’agneau qui se laisse mener à l’abattoir, comme devant les tondeurs une brebis muette, il n’ouvrait pas la bouche. » (Is 53, 6-7)
Nous étions errants et sans but et la mort nous menait paître dans les cimetières. “Vous le savez : ce qui vous a libérés de la vie sans but que vous meniez à la suite de vos pères, ce n’est pas l’or et l’argent, car ils seront détruits ; c’est le sang précieux du Christ, l’Agneau sans défaut et sans tache. Dieu l’avait choisi dès avant la création du monde, et il l’a manifesté à cause de vous, en ces temps qui sont les derniers. C’est par lui que vous croyez en Dieu, qui l’a ressuscité d’entre les morts et lui a donné la gloire ; ainsi vous mettez votre foi et votre espérance en Dieu. » (1 Pi 1, 18-21)
Ce Jésus, l’Agneau sans défaut et sans tache, rencontre ses premiers disciples et il décide de partir pour la Galilée. Le temps presse, ces temps sont les derniers, car l’Éternel est entré dans le temps afin que chaque instant ne soit plus aux abords de l’abîme. Il rencontre Philippe et c’est la collision : “Suis-moi.” lance Jésus. “Elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ; elle pénètre au plus profond de l’âme, jusqu’aux jointures et jusqu’aux moelles ; elle juge des intentions et des pensées du coeur. Pas une créature n’échappe à ses yeux, tout est nu devant elle, dominé par son regard ; nous aurons à lui rendre des comptes. » (He 4, 12-13) Philippe est transporté à la suite de Jésus, il n’a rien à redire, sinon qu’il est en présence du Messie. Elle est vivante la parole de Dieu et elle donne la vie à celui qui s’endormait dans la mort sans résister.
Philippe joyeux de voir le ciel, les arbres, les autres avec cette lumière de vie en lui accourt auprès de l’un de ses amis pour lui dire : “Celui dont parlent la loi de Moïse et les Prophètes, nous l’avons trouvé : c’est Jésus, fils de Joseph, de Nazareth! Nathanaël est hésitant à ce propos et lance à Philippe qu’il doute fort que quelque chose puisse sortir de bon de Nazareth, ce petit village perdu. Philippe lui répondra ce que Jésus avait répondu à Pierre et André : ‘Viens et tu verras. » En un instant, la vie de Nathanaël est bouleversée. Il se tourne et suit Philippe pour aller à la rencontre de Jésus, le Verbe fait chair. Le Verbe qui ne juge pas selon les apparences et qui voit la réalité du cœur s’exclame en voyant Nathanaël venir : ‘Voici un véritable fils d’Israël, un homme qui ne sait pas mentir.’ Nathanaël est étonné d’être reconnu sans connaître celui qui le connaît si bien. Nous pouvons être vus sans voir celui qui nous voit. Dieu qui est Esprit, personne ne le voit, sinon celui qui vient de Dieu, pourtant lui nous voit et nous connaît mieux que nous pouvons nous connaître, puisque même avant notre naissance, il nous connaissait. Ne vient-il pas mourir pour nous tous qui abordons le troisième millénaire? Nous n’étions pas nés et déjà, il s’offrait comme un agneau pour nous tous, il se laissait élever sur la croix pour nous attirer dans les filets de son amour. En un instant, la vie de Nathanaël fait une embardée. Il est frappé par cet amour qui le connaît et le cherche depuis toujours, cet amour qui l’attend pour l’étreindre et le mener au repos. Nathanaël, cet homme qui ne sait pas mentir, accueille la paix qu’il ressent à la parole, il se laisse envahir et lui donne toute son adhésion. Il ne se ment pas, il ne regarde pas en arrière, il a bien senti le glaive du Verbe le traverser de part en part et faire la lumière en lui.
« Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu! C’est toi le Roi d’Israël!’
Nathanaël croit en Jésus en raison de ce que Jésus lui fait voir sur lui-même. Nathanaël pourtant ne connaît pas Jésus, il ne sait pas que celui qui le connaît est la Lumière de la lumière, cette ‘Lumière qui est la vie des hommes » (Jn1, 4). Il ne sait pas que celui à qui il donne sa foi lui fera voir tellement plus : ‘Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, lui qui ne fut engendré ni du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu. Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. » (Jn 1, 12-14)
Nathanaël ta vie a été changée en un instant, non pour te précipiter dans la mort et le néant, mais pour t’ouvrir à une vie qui est vie en abondance, une vie sans fin qui te fera voir la plénitude en chaque instant. Tu monteras sur cette échelle qui mène au Royaume du Père et tu laisseras tes vêtements de deuil et tu te vêtiras du vêtement blanc pour la grande noce de l’Époux et de son Église : ‘Amen, amen, je vous le dis : vous verrez les cieux ouverts, avec les anges de Dieu qui montent et descendent au-dessus du Fils de l’homme.’
« Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l’homme, afin que quiconque croit ait par lui la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle. » (Jn 3, 14-15)
Vous verrez les anges entourer l’échelle de la croix. Elle ouvrira le ciel comme son cœur sera ouvert sur la croix.

NDC