5 juin, Mc 12, 13-17 : La pièce d’argent et les visages à deux faces!

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Évangile :
On envoya à Jésus des pharisiens et des hérodiens pour le prendre au piège en le faisant parler, et ceux-ci viennent lui dire : « Maître, nous le savons : tu es toujours vrai; tu ne te laisses influencer par personne, car tu enseignes le vrai chemin de Dieu. Est-il permis ou non de payer l’impôt à l’empereur? Devons-nous payer, ou non? »
Mais lui, sachant leur hypocrisie, leur dit : « Pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve? Faites-moi voir une pièce d’argent. » Ils le firent, et Jésus leur dit : « Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles? De l’empereur César », répondent-ils. Jésus leur dit : « À César, rendez ce qui est à César, et à Dieu, ce qui est à Dieu. »
Et ils étaient remplis d’étonnement à son sujet.
Commentaires :
Après les chefs des prêtres, les scribes et les anciens et la question sur la provenance de l’autorité de Jésus à enseigner au Temple, ce sont des pharisiens et des hérodiens qui lui sont envoyés pour le prendre au piège.
L’échec des premiers à prendre Jésus avise les seconds à bien aiguiser leurs langues pour le piéger de manière à le faire parler. Il a réussi à ne pas répondre à la question sur son autorité et à faire entendre une autre de ses paraboles. Cette fois, il ne pourra pas éviter de répondre à la question que nous lui avons préparée en la détournant.
La question est d’une simplicité qui ne permet pas de l’éviter. Ce qui excite les pharisiens et les hérodiens, c’est que les deux réponses possibles à cette interrogation placeront Jésus dans l’erreur et favoriseront sa condamnation. Ils sont très fiers de leur question et ils entrevoient déjà tout le prestige que ce piège inévitable leur apportera dans la communauté des notables.
Eux qui malgré la haine sans raison qu’ils portent envers Jésus ont très hâte de le rencontrer. Ils savourent déjà leur victoire. Ils entendent les éloges des chefs des prêtres sourdre à leurs oreilles. Ils se voient au Temple en train de raconter la mise en scène de ce sage traquenard que l’homme aux miracles n’a pu éviter.
Au Temple, les chefs des prêtres attendent impatiemment le retour de leurs envoyés. Ils ne voient pas comment Jésus pourrait cette fois se sortir de cette embuscade. Pendant ce temps, les envoyés arrivent près de Jésus et pour être surs de bien le disposer à leur égard pour le faire parler sans crainte, ils avaient préparé un éloge à son endroit avant de poser la question fatidique.
Le rideau s’ouvre, la troupe de pharisiens et d’hérodiens encercle Jésus et laisse s’avancer celui qui a la charge de l’éloge et de la question. Ils ne veulent pas que Jésus s’enfuie à la suite de sa réponse, car ils ont bien préparé aussi ce qu’ils lui apporteront comme objection et comme raison de l’arrêter. Ils n’en peuvent plus d’attendre que s’avance l’acteur principal pour faire entendre le fruit de leur longue réflexion : « Maitre, nous le savons : tu es toujours vrai; tu ne te laisses influencer par personne, car tu enseignes le vrai chemin de Dieu. » Jésus ne semble pas réagir comme ils s’attendaient à cette flatterie. L’interrogateur lance immédiatement sa question qui tue : « Est-il permis, ou non de payer l’impôt à l’empereur? Devons-nous payer, ou non? »
Cette fois, ce sera la bonne se disent les pharisiens et les hérodiens. Comme le joueur à la table d’un casino qui voit la roue tourner en attendant que la bille tombe à coup sûr là où il a misé, la troupe autour de Jésus est hors du temps, la roue tourne, la bille fait entendre le son de sa course sur la roue qui tourne, ils attendent que Jésus réponde.
Jésus au contraire d’eux est là pour les sauver et non les piéger, son cœur est libre de haine et il voit bien qu’ils le regardent comme un objet et non comme une personne, comme un agneau à dévorer. Jésus voit bien qu’ils ne sont pas là pour l’entendre, le comprendre, le connaitre, le reconnaitre, ils sont là pour le piéger afin de l’exclure de la communauté des vivants. Ils sont là pour l’entendre afin que jamais plus sa voix ne se fasse entendre parmi eux.
Jésus leur montre qu’il les voit avec leurs armes cachées sous leurs langues, il leur dit qu’il les voit, non pour étaler sa clairvoyance, mais pour qu’ils le voient comme personne et qu’ils ressentent une brise passer sur leur cœur de pierre.
« Pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve? » Ils se regardent entre eux pour lui signifier que ce n’est pas le cas. Souviens-toi, notre éloge! : « Maitre, nous le savons : tu es toujours vrai; tu ne te laisses influencer par personne, car tu enseignes le vrai chemin de Dieu. » C’est le chemin de Dieu que nous voulons connaitre sur cette question de l’impôt. Bien que Jésus sache leur hypocrisie, il voit leur visage à deux faces, il répondra à leur question en s’adressant à la face légitime de chacun. Il cherche bien à les regarder dans les yeux, à ne pas les laisser détourner le regard et il dit :
« Faites-moi voir une pièce d’argent. » La pièce tourne dans la main de Jésus, la bille sur la roue du casino ralentit aux yeux des joueurs. Enfin, elle va s’arrêter, ils reviennent sur terre. Jésus demande : « Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles? » C’est évident disent-ils : « De l’empereur César. » Et maintenant, répond à notre question se disent-ils en eux-mêmes : « Est-il permis, ou non, de payer l’impôt à l’empereur? » La bille s’arrête, Jésus répond comme un éclair qui frappe un jour ensoleillé : « À César, rendez ce qui est à César, et à Dieu, ce qui est à Dieu. » Ils étaient tellement convaincus d’avoir bien trafiqué la machine cette fois pour que leur numéro sorte à coup sûr. Ils sont revenus sur terre et tout le poids de leur piège raté revient sur leurs épaules. Leur étonnement au sujet de Jésus obstrue leur cœur et les empêche de voir le Verbe fait chair devant eux, la parole de Dieu, celui que l’on ne fait pas parler pour parler, mais dont chaque parole fait ce qu’il dit.
Rendez à Dieu, ce qui revient à Dieu, rendez-lui l’amour qu’il vous donne en livrant son Fils unique pour vous afin de payer la rançon qui vous retient en esclavage dans ce monde d’argent. Il paie la rançon en versant son sang afin que par sa mort vous puissiez renaitre avec lui et devenir enfants de Dieu. Les enfants sont exempts de tout impôt, n’est-ce pas?
Rendez à Dieu l’amour dont il vous aime et qui vous libère de l’emprise de tout empereur et de ses taxes et impôts! Rendez à Dieu l’adoration véritable dans l’esprit, car qui peut lui rendre quoi ce soit sinon l’amour d’adoration, lui qui nous donne tout sans cesse et qui va jusqu’à se livrer pour nous afin de nous libérer de l’emprise du mal et de la mort.
Normand Décary-Charpentier
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Évangile :

Mais lui, sachant leur hypocrisie, leur dit : « Pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve? Faites-moi voir une pièce d’argent. » Ils le firent, et Jésus leur dit : « Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles?- De l’empereur César », répondent-ils. Jésus leur dit : « À César, rendez ce qui est à César, et à Dieu, ce qui est à Dieu. »
Et ils étaient remplis d’étonnement à son sujet.
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Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), tertiaire dominicaine, docteur de l’Église, copatronne de l’Europe
Dialogues, ch. 13 (trad. Guignes, Seuil 1953, p. 70 rev.)
« De qui est cette image ? » : en se faisant homme, Dieu restaure en nous l’image de la Trinité
Éternel Amour…, je te le demande en grâce, fais miséricorde à ton peuple, au nom de la charité éternelle qui t’a poussé à créer l’homme à ton image et à ta ressemblance (Gn 1,26)… Tu n’as fait cela, Trinité éternelle, que parce que tu voulais faire participer l’homme à tout toi-même. C’est pourquoi tu lui as donné la mémoire, afin qu’il se souvienne de tes bienfaits et qu’il participe ainsi à ta puissance, Père éternel. C’est pourquoi tu lui as donné l’intelligence pour qu’il puisse comprendre ta bonté et qu’il participe ainsi à la sagesse de ton Fils unique. C’est pourquoi tu lui as donné la volonté, afin qu’il puisse aimer ce qu’il voit et connaît de ta vérité, et qu’il participe ainsi à l’amour de ton Esprit Saint. Qui t’a poussé à donner une si grande dignité à l’homme ? L’amour inépuisable avec lequel tu as regardé en toi-même ta créature…

[Mais] à cause du péché, elle a perdu cette dignité… Toi alors, poussé par ce même feu avec lequel tu nous avais créés…, tu nous as donné le Verbe, ton Fils unique… Il a accompli ta volonté, Père éternel, quand tu l’as revêtu de notre humanité, à l’image et ressemblance de notre nature. Ô abîme de charité ! Quel est le cœur qui peut se défendre de ne pas céder à ton amour en voyant le Très-Haut rejoindre la bassesse de notre humanité ? Nous sommes ton image et toi, tu es la nôtre, par cette union que tu as consommée dans l’homme en voilant ta divinité de l’argile d’Adam (Gn 2,7)… Qu’est-ce qui t’a poussé à faire cela ? L’amour ! Toi, Dieu, tu t’es fait homme, et l’homme est devenu Dieu. Par cet amour indicible, je t’en prie, fais miséricorde à tes créatures.

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Guillaume de Saint-Thierry (v. 1085-1148), moine bénédictin puis cistercien
Oraisons méditatives, 1, 1-5 ; SC 324 (trad. SC p. 41s rev.)

« Dieu dit : ‘ Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance ‘ » (Gn 1,26)
« Ô abîme de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses décrets sont insondables et incompréhensibles ses voies. Qui en effet a jamais connu la pensée du Seigneur ? Qui en a jamais été le conseiller ? » Tu as compassion, Seigneur, de qui tu veux ; tu as pitié de qui tu veux. Il ne s’agit pas donc de l’homme qui veut ou qui court, mais de toi, notre Dieu, qui fais miséricorde (Rm 11,33s; 9,15s). 

 Voici que le vase de poterie s’échappe de la main de celui qui l’a pétri…; il s’échappe de la main qui le tient et qui le porte… S’il lui arrivait de tomber de ta main, malheur à lui, parce qu’il se briserait…en mille morceaux, se réduirait à rien. Il le sait, et par ta grâce il ne tombe pas. Aie compassion, Seigneur, aie compassion : tu nous as façonnés, et nous sommes glaise (Jr 18,6; Gn 2,7). Jusqu’ici…nous restons fermes, jusqu’ici la main de ta force nous porte ; nous sommes suspendus à tes trois doigts, la foi, l’espérance et la charité, par lesquelles tu soutiens la masse de la terre, la solidité de la sainte Église. Aie compassion, tiens-nous ; que ta main ne nous laisse pas tomber. Plonge nos reins et notre cœur dans le feu de ton Esprit Saint (Ps 25,2) ; consolide ce que tu as façonné en nous, afin que nous ne nous désagrégions pas et ne soyons pas réduits à notre glaise, ou à rien du tout.

 Pour toi, par toi, nous avons été créés, et vers toi nous sommes tournés. Tu nous as façonnés et formés, nous le reconnaissons ; nous adorons et invoquons ta sagesse à disposer, ta bonté et ta miséricorde à conserver. Parfais-nous, toi qui nous as faits ; parfais-nous jusqu’à la plénitude de ton image et ressemblance, selon laquelle tu nous a formés.
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Saint Athanase (295-373), évêque d’Alexandrie, docteur de l’Église
Sur l’incarnation du Verbe, 13 (trad. cf SC 199, p.311s)
Le Christ est l’image du Dieu invisible ; par lui nous sommes rachetés et nos péchés pardonnés (Col 1,15.14)
Puisque les hommes s’étaient rendus déraisonnables et que la tromperie des démons jetait son ombre de tous côtés et cachait la connaissance du vrai Dieu, que devait faire Dieu ? Se taire devant une pareille situation ? Accepter que les hommes soient égarés ainsi et ne connaissent pas Dieu ?… Dieu ne va-t-il pas épargner à ses créatures d’être égarées loin de lui et assujetties au néant, surtout si cet égarement devient pour elles cause de ruine et de perte, alors que les êtres qui ont participé à l’image de Dieu (Gn 1,26) ne doivent pas périr ? Que fallait-il donc que Dieu fasse ? Que faire, sinon renouveler en eux son image, afin que les hommes puissent de nouveau le connaître ?

Mais comment cela se fera-t-il, sinon par la présence de l’image de Dieu elle-même (Col 1,15), notre Sauveur Jésus Christ ? Cela n’était pas réalisable par des hommes, puisqu’ils ne sont pas l’image mais ont été créés selon l’image ; ce n’était pas réalisable par des anges non plus, car même eux ne sont pas images. C’est pourquoi le Verbe de Dieu est venu lui-même, lui qui est l’image du Père, afin d’être en mesure de restaurer l’image au fond de l’être des hommes. Par ailleurs, cela ne pouvait pas se produire si la mort et la dégradation qui la suit n’étaient pas anéanties. C’est pourquoi il a pris un corps mortel, afin de pouvoir anéantir la mort et restaurer les hommes faits selon l’image de Dieu. L’image du Père, donc, son Fils très saint, est venue chez nous pour renouveler l’homme fait à sa ressemblance et pour le retrouver, alors qu’il était perdu, par la remise de ses péchés, comme il le dit lui-même : « Je suis venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Lc 19,10).
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Sainte Thérèse d’Avila (1515-1582), carmélite, docteur de l’Église
Poésies, n° 8 « Alma, buscarte has en mí » (trad. OC Seuil 1995, p. 1241)
« De qui est cette image ? »

Âme, cherche-toi en moi,
Et moi, cherche-moi en toi.

L’amour a si bien réussi,
Âme, à te reproduire en moi,
Que même le plus grand peintre
Ne saurait, avec autant d’art,
Dessiner une telle image.

Par l’amour, tu fus créée,
Belle, très belle, et c’est pourquoi
Peinte dans mes entrailles,
Si tu te perdais, mon aimée,
Tu devrais te chercher en moi.

Car je sais que tu trouveras
Au fond de mon coeur ton portrait,
Peint de façon si ressemblante
Que, te voyant, tu te réjouiras
De te voir, si bellement peinte.

Si par hasard, tu ne savais
En quel endroit me trouver, moi,
Ne t’en va pas de-ci de-là,
Mais, si tu veux me trouver,
Cherche-moi en toi.

Puisque tu es mon logis,
Tu es ma maison, ma demeure,
Aussi j’appelle à tout instant,
Si je trouve fermée,
La porte de ta pensée.

Hors de toi, ne me cherche pas,
Parce que, pour me trouver, moi,
Il suffit que tu m’appelles ;
Et à toi j’irai sans tarder,
Et moi, cherche-moi en toi.

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Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450), évêque de Ravenne, docteur de l’Église
Sermon 148, Sur le mystère de l’Incarnation (trad. bréviaire rev. ; cf Orval)
En Christ Dieu nous fait passer de son image à sa ressemblance (Gn 1,27)
Pourquoi, homme, te méprises-tu tellement, alors que tu es si précieux pour Dieu ? Pourquoi, lorsque Dieu t’honore par la naissance du Christ en notre chair, te déshonores-tu à ce point ? Pourquoi cherches-tu comment tu as été fait et ne recherches-tu pas en vue de quoi tu es fait ? Est-ce que toute cette demeure du monde que tu vois n’a pas été faite pour toi ? C’est pour toi que la lumière se répand et dissipe les ténèbres, c’est pour toi que la nuit est réglée, pour toi que le jour est mesuré ; pour toi que le ciel rayonne des splendeurs diverses du soleil, de la lune et des étoiles ; pour toi que la terre est émaillée de fleurs, d’arbres et de fruits ; pour toi que cette foule étonnante d’animaux a été créée, dans l’air, dans les champs, dans l’eau si belle, pour qu’une lugubre solitude ne gâte pas la joie du monde nouveau…
En outre, le Créateur cherche ce qu’il peut bien ajouter à ta dignité : il dépose en toi son image (Gn 1,27), afin que cette image visible rende présent sur terre le Créateur invisible, et il te confie la gérance des biens terrestres, afin qu’un aussi vaste domaine n’échappe pas au représentant du Seigneur… Et ce que Dieu a fait en toi par sa puissance, il a eu la bonté de l’assumer en lui-même ; il a voulu se manifester vraiment dans l’homme en qui, jusqu’alors, il n’était apparu qu’en image. Il a donné à l’homme d’être en réalité ce qu’il n’était auparavant que par une simple ressemblance… Le Christ naît donc pour rendre toute son intégrité à la nature déchue.
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Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), tertiaire dominicaine, docteur de l’Église, co-patronne de l’Europe
Dialogues, ch. 13 (trad. Guignes, Seuil 1953, p. 70 rev.)
« De qui est cette image ? » : en se faisant homme, Dieu restaure en nous l’image de la Trinité

Eternel Amour…, je te le demande en grâce, fais miséricorde à ton peuple, au nom de la charité éternelle qui t’a poussé à créer l’homme à ton image et à ta ressemblance (Gn 1,26)… Tu n’as fait cela, ô Trinité éternelle, que parce que tu voulais faire participer l’homme à tout toi-même. C’est pourquoi tu lui as donné la mémoire, afin qu’il se souvienne de tes bienfaits et qu’il participe ainsi à ta puissance, ô Père éternel. C’est pourquoi tu lui as donné l’intelligence pour qu’il puisse comprendre ta bonté et qu’il participe ainsi à la sagesse de ton Fils unique. C’est pourquoi tu lui as donné la volonté, afin qu’il puisse aimer ce qu’il voit et connaît de ta vérité, et qu’il participe ainsi à l’amour de ton Esprit Saint. Qui t’a poussé à donner une si grande dignité à l’homme ? L’amour inépuisable avec lequel tu as regardé en toi-même ta créature…

[Mais] à cause du péché, elle a perdu cette dignité… Toi alors, poussé par ce même feu avec lequel tu nous avais créés…, tu nous as donné le Verbe, ton Fils unique… Il a accompli ta volonté, Père éternel, quand tu l’as revêtu de notre humanité, à l’image et ressemblance de notre nature. O abîme de charité ! Quel est le coeur qui peut se défendre de ne pas céder à ton amour en voyant le Très-Haut rejoindre la bassesse de notre humanité ? Nous sommes ton image et toi, tu es la nôtre, par cette union que tu as consommée dans l’homme en voilant ta divinité de l’argile d’Adam (Gn 2,7)… Qu’est-ce qui t’a poussé à faire cela ? L’amour ! Toi, Dieu, tu t’es fait homme, et l’homme est devenu Dieu. Par cet amour indicible, je t’en prie, fais miséricorde à tes créatures.

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Saint Colomban (563-615), moine, fondateur de monastères
Instruction 11, 1-4 : PL 80, 250-252 (trad. Orval)

Moïse a écrit dans la Loi : « Dieu fit l’homme à son image et à sa ressemblance » (Gn 1,26). Considérez, je vous prie, l’importance de cette parole. Dieu, le tout-puissant, l’invisible, l’incompréhensible, l’inestimable, en façonnant l’homme avec de la glaise, l’a ennobli de l’image de sa propre grandeur. Quoi de commun entre l’homme et Dieu, entre la glaise et l’esprit ? Car « Dieu est esprit » (Jn 4,24). C’est donc une grande marque d’estime pour l’homme, que Dieu l’ait gratifié de l’image de son éternité et de la ressemblance de sa propre vie. La grandeur de l’homme, c’est sa ressemblance avec Dieu, pourvu qu’il la garde…

Tant que l’âme fait bon usage des vertus semées en elle, elle sera semblable à Dieu. Toutes les vertus que Dieu a mises en nous lors de notre création, il nous a enseigné que nous devions les lui rendre. Il nous demande d’abord d’aimer Dieu de tout notre cœur (Dt 6,5) car « lui nous a aimés le premier » (1 Jn 4,10), dès le commencement, avant même que nous ayons existé. Aimer Dieu, c’est donc renouveler en nous son image. Or, aime Dieu celui qui garde ses commandements…

A nous donc de refléter pour notre Dieu, pour notre Père, l’image inviolée de sa sainteté, car il est saint et il a dit : « Soyez saints comme je suis saint » (Lv 11,45) ; avec amour, car il est amour, et Jean a dit : « Dieu est amour » (1 Jn 4,8) ; avec tendresse et en vérité, car Dieu est bon et vrai. Ne soyons pas les peintres d’une image étrangère… Et pour que nous n’introduisions pas en nous l’image de l’orgueil, laissons le Christ peindre en nous son image.

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2 P 3, 12-15a.17-18
Frères, vous qui attendez avec tant d’impatience la venue du jour de Dieu (ce jour où les cieux embrasés seront détruits, où les éléments en feu se désagrégeront). Car ce que nous attendons, selon la promesse du Seigneur, c’est un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la justice.
Dans l’attente de ce jour, frères bien-aimés, faites donc tout pour que le Christ vous trouve nets et irréprochables, dans la paix. Et si notre Seigneur montre une telle patience, croyez bien que c’est pour votre salut. Alors, mes bien-aimés, vous voilà prévenus ; prenez-y garde : ne vous laissez pas entraîner dans les égarements d’hommes dévoyés, et ne perdez pas la position solide qui est la vôtre. Mais continuez à grandir dans la grâce et la connaissance de Jésus Christ, notre Seigneur et notre Sauveur. A lui la gloire, dès maintenant et jusqu’au jour de l’éternité. Amen.

Ps 89 (90), 3-4, 10, 14.16
Avant que naissent les montagnes,
que tu enfantes la terre et le monde,
de toujours à toujours,
toi, tu es Dieu.

Tu fais retourner l’homme à la poussière ;
tu as dit : « Retournez, fils d’Adam ! »
A tes yeux, mille ans sont comme hier,
c’est un jour qui s’en va, une heure dans la nuit.

Le nombre de nos années ? soixante-dix,
quatre-vingts pour les plus vigoureux !
Leur plus grand nombre n’est que peine et misère ;
elles s’enfuient, nous nous envolons.

Rassasie-nous de ton amour au matin,
que nous passions nos jours dans la joie et les chants.
Fais connaître ton oeuvre à tes serviteurs
et ta splendeur à leurs fils.

Homélie

« On envoya à Jésus des pharisiens et des hérodiens pour le prendre au piège ». Leur intention est clairement annoncée : ils ne viennent pas trouver Jésus pour qu’il réponde à leur question. Sur la question des impôts comme sur bien d’autres, ils ont déjà un avis arrêté. Ils n’attendent de Jésus ni de les enseigner ni de les aider à améliorer la justesse de leur position. Par leur question, ils espèrent seulement le pousser à l’erreur. Nous connaissons leur stratégie : ils posent une question fermée qui mettra nécessaire Jésus en tord. S’il répond « oui », les pharisiens se déclareront témoin d’un appel à la complicité avec l’occupant romain. S’il répond « non », les hérodiens crieront au révolutionnaire qui méprise l’autorité établie par la puissance romaine. Mais Jésus s’en sort en les plaçant devant Dieu seul, de telle manière qu’il provoque leur étonnement à tous. Saint Marc met bien en valeur de quelle manière Jésus désamorce habillement le piège.

Nous connaissons bien cette anecdote, pour l’avoir déjà entendue et méditée, et parce que la réponse de Jésus est devenue proverbiale. Mais nous devons nous poser la question : pourquoi méditer cet évangile ce soir ? En quoi cette question sur l’opportunité de payer l’impôt aux Romains nous instruit-elle ?

Pour y répondre, nous situer un peu à distance de la scène nous aidera peut-être. Nous prêterons alors mieux attention à la manière dont saint Marc souligne les enjeux de cette discussion. Il y a en effet énormément d’ironie dans cet échange.

D’abord, relevons l’hypocrisie des opposants au Seigneur. Elle est magnifiquement mise en scène et elle nous interpelle. Il y a en effet en nous des pharisiens et des hérodiens, c’est-à-dire des forces spontanément ennemies entre elles mais qui savent s’unir pour lutter contre l’homme nouveau. Il est possible de les reconnaître à leur discours. Un discours qui dit la vérité sans en avoir conscience. « Nous le savons tu dis toujours vrai » ; « tu enseignes le vrai chemin vers Dieu ». Effectivement, le Seigneur Jésus dit toujours vrai et il enseigne le vrai chemin vers Dieu ; mais ce qui est comique n’est pas que ces hommes disent la vérité sans s’en rendre compte, c’est qu’ils disent une phrase dont ils n’imaginent pas qu’elle puisse être vraie. Eux qui vivent dans le mensonge se moquent en évoquant quelqu’un qui dirait toujours vrai, convaincus que cela n’existe pas et qu’il faut être bien faible pour croire leur boniment. Méfions-nous de ces attitudes ou de ces pensées en nous qui proclament une vérité à laquelle ne correspond aucune implication existentielle : elles annoncent un complot intérieur contre l’homme nouveau.

D’ailleurs Jésus ne s’y trompe pas, il les reconnaît immédiatement. « Pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ? », répond-il pour dénoncer l’hypocrisie dont il n’est pas dupe.

Vient alors l’épisode la piécette. La question est de savoir à l’image de qui nous désirons être. Sur la monnaie romaine effet, il n’y avait pas que l’effigie de l’empereur : elle était aussi entourée de la mention : « Pontife Suprême », c’est-à-dire la plus grande puissance qui existe. Finalement, voilà le credo des opposants à Jésus.

La question nous rejoint donc des fondements de notre être spirituel. Est-ce l’image de l’homme que donne ce monde qui nous attire, celui qui se prétend radicalement autonome et puissant, ou bien désirons-nous vivre à l’image de notre Dieu, qui ne possède pas de monnaie frappée à la gloire de la puissance mais qui nous rappelle que nous sommes créés à l’image de Dieu.

Ainsi, la réponse qu’il fait est un résumé de sa mission. Il est venu rendre à César ce qui est à César, c’est-à-dire laisser le monde à son destin orgueilleux et morbide, et rendre à Dieu ce qui est à Dieu, c’est-à-dire les hommes, façonnés à son image et portant, gravée dans leur cœur, sa loi d’amour. Telle est l’effigie que nous portons depuis le jour de notre baptême.

Par la maxime qu’il donne, Jésus nous renvoie donc à notre responsabilité, à nos propres choix. Certes, les pharisiens et les hérodiens sont stupéfaits par la démonstration d’une sagesse telle qu’il n’aurait pu imaginer qu’elle existe. Mais elle aurait dû ouvrir leur cœur à la foi. C’est encore un refus de se convertir que d’interpréter la victoire du Seigneur comme une défaite de ses projets artificiels.

Seigneur, donne-nous la sagesse qui permet de discerner les complots qui ne se trament dans nos cœurs à notre insu. Donne-nous d’être assez attirés par la lumière de la grâce baptismale qui brille en nous, pour que nous choisissions radicalement de te suivre, de changer notre façon de penser et de faire le choix de ton amour, à n’importe quel prix. Alors nous connaîtrons la joie d’être sauvés, nous nous découvrirons tels que nous sommes, à l’image de Dieu.

Frère Dominique
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Tb 2, 10-23
Les épreuves de Tobie et sa patience exemplaire
Un jour, Tobie, fatigué après avoir enterré les morts, rentra chez lui, s’étendit contre le mur et s’endormit. Pendant son sommeil, des hirondelles firent tomber de leur nid de la fiente chaude sur ses yeux, et il devint aveugle.
Dieu permit cette épreuve pour que Tobie donne à la postérité un exemple de patience, comme le saint homme Job. Comme Tobie, depuis son enfance, avait toujours eu la crainte de Dieu et observé ses commandements, il n’en voulut pas à Dieu pour le malheur qui le frappait, mais il resta inébranlable dans la crainte de Dieu, lui rendant grâce tous les jours de sa vie.
De même que des rois injuriaient le bienheureux Job, les parents et les proches de Tobie se moquaient de sa conduite en disant : « Où est-elle donc, cette espérance, pour laquelle tu faisais l’aumône et enterrais les morts ? » Mais lui les reprenait : « Ne parlez pas ainsi, car nous sommes les descendants des saints, et nous attendons cette vie que Dieu donnera à ceux qui ne perdent jamais leur confiance en lui. »
Anne, sa femme, s’en allait tous les jours pour faire du tissage, et elle rapportait ce qu’elle avait pu gagner par le travail de ses mains. C’est ainsi qu’un jour elle reçut un chevreau qu’elle rapporta à la maison. Tobie entendit l’animal qui bêlait, et dit : « Prenez garde que ce ne soit le produit d’un vol ; rendez-le à ses maîtres ; car nous n’avons pas le droit de manger ce qui a été volé, ni même d’y toucher. » Furieuse, sa femme répondit : « On voit bien que ton espérance n’a servi à rien, et tes aumônes ont montré ce qu’elles valaient ! » Elle lui faisait ces reproches, et d’autres du même genre.

Ps 111 (112), 1-2, 7-8, 5a.9
Le juste est confiant : il s’appuie sur le Seigneur.
Heureux qui craint le Seigneur,
qui aime entièrement sa volonté !
Sa lignée sera puissante sur la terre ;
la race des justes est bénie.

Il ne craint pas l’annonce d’un malheur :
le coeur ferme, il s’appuie sur le Seigneur.
Son coeur est confiant, il ne craint pas :
il verra ce que valaient ses oppresseurs.

L’homme de bien a pitié, il partage ;
A pleines mains, il donne au pauvre ;
à jamais se maintiendra sa justice,
sa puissance grandira, et sa gloire !

Homélie
Les chefs des prêtres cherchent à se saisir de Jésus, mais ils craignent le peuple. Ce qu’ils n’osent faire par eux-mêmes, ils essaient de le mettre à exécution par l’intermédiaire du pouvoir séculier, pour se décharger de la responsabilité de sa mort : ils lui envoient « des pharisiens et des hérodiens pour le prendre au piège en le faisant parler ».

« Maître, nous le savons : tu es toujours vrai ; tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne fais pas de différence entre les gens, mais tu enseignes le vrai chemin de Dieu. Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur ? Devons-nous payer, oui ou non ? » Leur question flatteuse mais pleine de fourberie voudrait conduire Jésus à une impasse. Soit il affirme avec les Pharisiens craindre Dieu plus que César en disant qu’il ne faut point payer le tribut. Les Hérodiens auront alors beau jeu de l’accuser de vouloir soulever une révolte contre les Romains. Soit il accepte avec les Hérodiens que le tribut soit payé à César et alors ce sont les Pharisiens qui l’accuseront de collaborer avec l’occupant et de vouloir la servitude de ses compatriotes.

Mais Celui qui est la Source de la Sagesse ne saurait se laisser piéger : « Sachant leur hypocrisie, il leur dit : ‘Pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ? Faites-moi voir une pièce d’argent ». Et de continuer : « Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles ? »
Par cette réponse interrogative, Jésus prend les chefs des prêtres et leurs émissaires en flagrant délit de duplicité puisqu’eux-mêmes portaient sur eux la monnaie de l’impôt frappée à l’effigie de l’Empereur divinisé. On comprend qu’un juif pieux n’était pas supposé la posséder ; c’est d’ailleurs pour cette raison que des changeurs se tenaient dans la cour du Temple, car l’argent romain était considéré comme idolâtrique et ne pouvait entrer dans le Temple, lieu de la présence du Dieu d’Israël.
La preuve est donc faite que les interlocuteurs de Jésus ne se posaient guère de problèmes moraux et n’attendaient rien de cet interrogatoire, si ce n’est un motif pour l’accuser.

Mais Jésus ne s’arrête pas là. Quel enseignement veut-il donner aux Pharisiens et aux Hérodiens lorsqu’après les avoir interrogés, il leur dit : « A César, rendez ce qui est à César, et à Dieu, ce qui est à Dieu » ?
Il s’agit de rendre l’image à celui dont elle reproduit les traits. Le denier porte l’image de l’empereur mais l’homme porte en lui une autre image, celle de Dieu, car comme nous le lisons dans le livre de la Genèse : « Dieu créa l’homme à son image » (Gn 1, 27). Autrement dit, on peut très bien payer le tribut à César dans la mesure où cela ne manifeste pas que l’on se lie à son pouvoir temporel. Nous ne pouvons nous soustraire aux nécessités de cette vie terrestre mais il s’agit de nous rappeler que tout nous vient de Dieu et que c’est lui qui en dernier lieu a autorité sur toutes choses et que c’est à lui que nous appartenons. Saint Paul exprime admirablement cela par ces mots : « Tout est à vous, mais vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu » (1 Co 3, 21-23).
L’enjeu est pour nous de ne pas défigurer l’image de Dieu que nous portons par celles des réalités de ce monde qui en devenant des absolus nous feraient perdre la mémoire de notre origine et de notre finalité.

« Seigneur, puisses-tu nous accorder de savoir t’offrir chaque jour dans l’action de grâce non seulement ce que nous recevons de ta bonté mais aussi l’étonnante image de toi que nous sommes. »
Frère Elie

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Blessés dans leur orgueil par la parabole des vignerons homicides, les
Pharisiens font alliance avec leurs frères ennemis les Hérodiens pour tendre un piège au Seigneur « en le faisant parler ». Le discours faux de ces renards commence paradoxalement par annoncer la vérité : « Tu es toujours vrai ; tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne fais pas de différence entre les gens, mais tu enseignes le vrai chemin de Dieu » ; la flatterie du menteur a pour but de faire glisser jusqu’au piège le malheureux qui se laisse séduire par ses propos mal intentionnés.
La question sur laquelle débouche cette entrée en matière est
particulièrement perverse : si Jésus répond positivement, il va dans le sens des Hérodiens, collaborateurs de l’occupant, et sera dès lors accusé de traître par les Pharisiens ; s’il refuse de payer l’impôt imposé à toute personne entre 14 et 65 ans, il abonde dans le sens des Pharisiens, mais se met les Hérodiens à dos, qui auront beau jeu de le dénoncer aux Romains. Connaissant l’intention de ses interlocuteurs, Notre-Seigneur dévoile d’amblée leur hypocrisie. Coupant court aux flatteries mensongères, il prend ses opposants en flagrant délit de duplicité puisqu’ils portent sur eux la monnaie de l’impôt, portant l’effigie de l’Empereur et une légende qui s’adresse à lui comme à une divinité. On comprend qu’un juif pieux n’était pas supposé la posséder ; c’est d’ailleurs la raison pour laquelle des changeurs se tenaient dans la cour du Temple, car l’argent romain était considéré comme idolâtrique et ne pouvait entrer dans le Temple. La preuve est ainsi faite que les interlocuteurs de Jésus ne se posaient guère de problèmes moraux et n’attendaient rien de cet interrogatoire, si ce n’est un
motif d’accusation. Notre-Seigneur aurait pu les laisser là, tenant entre leurs mains la pièce à conviction de leur hypocrisie. Mais il va profiter de cette opportunité pour préciser le véritable lieu de discernement des problèmes, y compris politiques. Prenant l’initiative du dialogue, il oblige ses détracteurs à répondre eux-mêmes à leur propre question, en les renvoyant à l’effigie et la légende qui sont frappées sur la monnaie : « Rendez donc à César » ce qui est marqué de son sceau et qui par le fait même lui revient selon les conventions sociales. A en rester là, on pourrait croire que Jésus est tombé dans le piège et s’est prononcé en faveur d’un soutien financier à l’occupant. Mais cette injonction ne fait qu’introduire un second précepte, vers lequel tout converge. Resituant le débat sur son horizon véritable, le Seigneur ajoute en effet : « Rendez à Dieu ce qui est à Dieu ». De même qu’il faut rendre à César ce qui est marqué de son effigie, nous sommes invités à rendre à Dieu ce qui est marqué de son sceau, c’est-à-dire nous-mêmes, car l’être humain est la seule réalité qui soit à son image (Gen 1, 27). Le message est clair : le discernement de la question initiale concernant l’impôt dû à César – et tous les discernements analogues – ne peuvent se faire qu’à la lumière de l’orientation nouvelle que le Verbe, par son incarnation, est venu donner à toute vie humaine : « Tout est à vous, mais vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu » (1 Co 3, 21-23). Que l’Esprit
Saint nous donne la force de nous dégager des fausses séductions et de
choisir résolument d’appartenir à Dieu seul en lui remettant tout ce que nous avons et tout ce que nous sommes.

« Prenez Seigneur et recevez toute ma liberté, ma mémoire, mon intelligence, et toute ma volonté, tout ce que j’ai et possède. Vous me l’avez donné : à vous Seigneur je le rends. Tout est vôtre, disposez-en selon votre entière volonté. Donnez-moi votre amour et votre grâce : c’est assez pour moi »
(Prière d’offrande de Saint Ignace de Loyola).

Joseph-Marie +

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Normand
César est visible aisément, son royaume est de ce monde, ses armées puissantes et elles effraient ses ennemis. Le bruit de ses chars fait trembler le sol et battre les cœurs de ceux qui l’entendent venir au loin. Aujourd’hui César se nomme Saddam Hussein pour les uns, Bush pour d’autres, Poutine, Sharon ou encore Ben Laden. Personne n’est indifférent à la parole de ces César. Ils manifestent leur puissance et tentent de se surpasser pour ne pas s’en laisser imposer par les autres. Ils font la course aux armements pour se déloger de la première place et la course se fait dans l’ombre et le mensonge. Ils s’espionnent même lorsqu’ils ne sont pas en guerre, ils pactisent contre un ennemi commun. Chacun lorsqu’ils entrent en conflit se présente comme du côté de Dieu et l’ennemi du côté de Satan. Ils s’adonnent beaucoup à la religion lorsque la guerre plane pour convaincre le peuple de la justesse de son combat car c’est le peuple qui paie pour faire couler le sang. César s’enrichit des biens des autres et plus ses dépenses sont élevées, plus il en exige au peuple en lui promettant qu’il s’enrichira de ses conquêtes et leur assurera la liberté et la sécurité. La montée des nazismes à travers le monde actuellement trouve son terreau de croissance dans la sécurité. Dieu est de notre côté mais il nous demande de combattre les forces du mal, de l’aider à les dominer. Les uns parlent de croisade, les autres de guerre sainte ( jihad) tandis que d’autres disent que Dieu est indifférent à notre sort et c’est à nous à s’occuper de se défendre. César est bien visible et il le sera sur les pièces d’argent qu’il réclame et il y restera même après sa mort jusqu’à ce qu’un autre vienne se substituer à lui pour y faire incruster sa propre image. César est visible et celui qui possède ces pièces s’assure du pouvoir dans son royaume mais aussi des obligations qu’il ne peut contourner envers son chef.
Ceux qui veulent prendre Jésus au piège sur cette question le savent bien. Ils n’arrivent pas à le piéger avec les questions religieuses, ils prendront donc une question politique. D’ailleurs c’est avec une question politique qu’ils réussiront à faire condamner Jésus : « Ils se mirent alors à l’accuser, en disant: « Nous avons trouvé cet homme mettant le trouble dans notre nation, empêchant de payer les impôts à César et se disant Christ Roi. » » Mais Pilate ne partagera pas leur avis et : « leur dit: « Vous m’avez présenté cet homme comme détournant le peuple, et voici que moi je l’ai interrogé devant vous, et je n’ai trouvé en cet homme aucun motif de condamnation pour ce dont vous l’accusez. Hérode non plus d’ailleurs, puisqu’il l’a renvoyé devant nous. Vous le voyez; cet homme n’a rien fait qui mérite la mort.» (Luc 23:14-15) Jésus, pour sa part ne répondait pas à ces accusations, il savait bien ce que les Écritures disaient de la raison de leur fureur : « Je sais, vous êtes la descendance d’Abraham; mais vous cherchez à me tuer, parce que ma parole ne pénètre pas en vous. » (Jean 8:37) « Pourquoi ne reconnaissez-vous pas mon langage? C’est que vous ne pouvez pas entendre ma parole. Vous êtes du diable, votre père, et ce sont les désirs de votre père que vous voulez accomplir. Il était homicide dès le commencement et n’était pas établi dans la vérité, parce qu’il n’y a pas de vérité en lui: quand il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, parce qu’il est menteur et père du mensonge. » (Jean 8:43-44) Homicide, tuer pour assurer son pouvoir, tuer ceux qui menacent le pouvoir car il n’est pas question d’abandonner le pouvoir pour des questions de justice. Ils se disent dans la vérité en autant que leur projet atteint son objectif : « Je sais, vous êtes la descendance d’Abraham; mais vous cherchez à me tuer, parce que ma parole ne pénètre pas en vous. Je dis ce que j’ai vu chez mon Père; et vous, vous faites ce que vous avez entendu auprès de votre père. » Ils lui répondirent: « Notre père, c’est Abraham. » Jésus leur dit: « Si vous étiez enfants d’Abraham, vous feriez les oeuvres d’Abraham. » ( Jn 8, 37-39) Les œuvres d’Abraham ne sont pas des œuvres de pouvoir mais de foi en un Dieu amour dont le royaume est à venir. C’est pourquoi il n’hésite pas à lui offrir son fils Isaac parce qu’il sait qu’il peut lui rendre. La vraie réalité pour Abraham est dans les mains de Dieu et non des hommes. Jésus le dira bien à Pilate : « « D’où es-tu? » Mais Jésus ne lui donna pas de réponse. Pilate lui dit donc: « Tu ne me parles pas? Ne sais-tu pas que j’ai pouvoir de te relâcher et que j’ai pouvoir de te crucifier? » Jésus lui répondit: « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi, si cela ne t’avait été donné d’en haut; c’est pourquoi celui qui m’a livré à toi a un plus grand péché. » » ( Jn 19, 9-11) Son royaume n’est pas de ce monde mais il est à l’origine de ce monde mais ce qu’il a donné, il n’y pas son effigie pour qu’on lui rendre comme à un roi qui fait sentir sa puissance. Il veut qu’on lui rende en amour. « « Maître, quel est le plus grand commandement de la Loi? » Jésus lui dit: « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit: voilà le plus grand et le premier commandement. » (Mt 22:36-38)
« Dès lors Pilate cherchait à le relâcher. Mais les Juifs vociféraient, disant: « Si tu le relâches, tu n’es pas ami de César: quiconque se fait roi, s’oppose à César. » » (( Jn 19, 9-12) Il ne s’oppose en rien à César car son royaume n’est pas de ce monde mais il est dans le monde et le monde ne le reconnaît pas parce qu’il ne se voit pas comme sur une pièce de monnaie, il ne veut pas être vu ainsi : « et moi, une fois élevé de terre, je les attirerai tous à moi. » » (Jean 12:32) Son effigie sera sur une croix et pour lui rendre ce qu’il nous donne, il faudra prendre sa croix avec lui pour s’offrir avec lui pour les autres. « A la suite de l’épreuve endurée par son âme, il verra la lumière et sera comblé. Par sa connaissance, le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes en s’accablant lui-même de leurs fautes. » (Esaïe 53:11) «Comme une brebis il a été conduit à la boucherie; comme un agneau muet devant celui qui le tond, ainsi il n’ouvre pas la bouche. Dans son abaissement la justice lui a été déniée. Sa postérité, qui la racontera? Car sa vie est retranchée de la terre. » (Actes 8:32-33)
« « Voilà pourquoi je vous dis: Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement? » (Mt 6:25) « Qui d’entre vous d’ailleurs peut, en s’en inquiétant, ajouter une seule coudée à la longueur de sa vie? » (Matthieu 6:27) « Que servira-t-il donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il ruine sa propre vie? Ou que pourra donner l’homme en échange de sa propre vie? » (Matthieu 16:26) Rendez à César ce qui est à César pour ne pas être cause de scandaliser : « Cependant, pour ne pas les scandaliser, va à la mer, jette l’hameçon, saisis le premier poisson qui montera, et ouvre-lui la bouche: tu y trouveras un statère; prends-le et donne-le leur, pour moi et pour toi. » » (Mt 17:27) Si Dieu est amour et qu’il faut l’aimer de tout son cœur voilà ce qu’il faut lui rendre car c’est ce qu’il nous demande pour lui et entre nous : Jean 15:13 Nul n’a plus grand amour que celui-ci: déposer sa vie pour ses amis.
« Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. » (Matthieu 10:39) « Qui aime sa vie la perd; et qui hait sa vie en ce monde la conservera en vie éternelle. » (Jean 12:25) « et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie! » (Jean 5:40)
« Mais l’homme ne peut acheter son rachat ni payer à Dieu sa rançon:
il est coûteux, le rachat de son âme, et il manquera toujours pour que l’homme survive et jamais ne voie la fosse. Or, il verra mourir les sages, périr aussi le fou et l’insensé, qui laissent à d’autres leur fortune. Leurs tombeaux sont à jamais leurs maisons, et leurs demeures d’âge en âge; et ils avaient mis leur nom sur leurs terres! Ainsi vont-ils, sûrs d’eux-mêmes, et finissent-ils, contents de leur sort. Troupeau que l’on parque au cimetière, la Mort les mène paître, les hommes droits domineront sur eux. Au matin s’évanouit leur image, le shéol, voilà leur résidence. Mais Dieu rachètera mon âme des griffes du shéol et me prendra.» (Ps 49:7-15) « Qui donc vivra sans voir la mort, soustraira son âme à la griffe du shéol? » (Psaumes 89:48)
« Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, car c’est lui que le Père, Dieu, a marqué de son sceau. » » (Jean 6:27) « « Moi, je suis le pain de vie. Qui vient à moi n’aura jamais faim; qui croit en moi n’aura jamais soif. » (Jean 6:35) Voilà la nourriture marquée du sceau de Dieu car il ne l’a pas abandonné à la mort celui qui s’est fait obéissant jusqu’à la mort. Il est sorti de la mort par la puissance de l’Esprit pour être le Premier-Né d’entre les morts qui vient donner sa vie. Il se donne comme une nourriture, nous ne pouvons pas lui rendre, c’est lui en venant en nous qui paie notre dette pour nous rendre libre pour vivre de sa vie qui est amour afin que nous devenions par lui amour qui se donne pour ses amis, l’amour le plus grand, celui de l’offrande pour les autres avec celui qui s’offre pour la multitude : « C’est l’esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie. » (Jean 6:63) L’argent ne sert de rien, c’est l’esprit qui le vivifie en l’utilisant pour faire le bien. Le voleur vient pour faire croire à César plus qu’à Dieu, faire craindre César plus que Dieu et il n’y a rien à craindre de César pour celui qui craint Dieu et son amour qui est vérité, le reste n’est que mensonge. « Le voleur ne vient que pour voler, égorger et faire périr. Moi, je suis venu pour qu’on ait la vie et qu’on l’ait surabondante. » (Jean 10:10) Il nous aime et il vient nous dire que le Père nous aime mais nous n’arrivons pas à entendre cet amour lorsque nous nous laissons pénétrer par l’amour de l’argent qui est la racine de tous les maux comme le dit Paul : « Car la racine de tous les maux, c’est l’amour de l’argent. Pour s’y être livrés, certains se sont égarés loin de la foi et se sont transpercé l’âme de tourments sans nombre. » (1 Timothée 6:10) L’argent n’est pas mauvais c’est d’ y mettre tout son cœur qui est mauvais car rien de mauvais ne vient de l’extérieur mais de l’intérieur du cœur : « Il n’est rien d’extérieur à l’homme qui, pénétrant en lui, puisse le souiller, mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui souille l’homme. » (Marc 7:15) « Car c’est du dedans, du coeur des hommes, que sortent les desseins pervers: débauches, vols, meurtres, » (Marc 7:21)
Dieu se donne de tout son cœur dans son Fils et le Fils se donne tout entier et sans réserve dans le Pain, il se donne pour donner plus et nous rendre semblable à sa nature divine afin que nous n’ayons plus soif, ni faim afin que nous puissions nous consacrer entièrement à l’amour et ne plus manger en cachette pendant que l’autre se meurt de faim. Qui mange ainsi mourra, il n’y a que la nourriture du Christ qui marque du sceau de l’Esprit pour qu’avec lui nous puissions devenir nourriture. Qu’ai-je à faire de vos pièces s’ils ne servent pas à aimer?

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« Les pharisiens, eux qui aimaient l’argent, » « ricanaient » ( Lc 16, 14) au sujet de ce que Jésus disait de l’argent : « Vous ne pouvez servir à la fois Dieu et l’Argent. » ( Lc 16, 13). Ils se moquaient de cette argument de Jésus. Pour eux, au contraire Dieu récompensait ceux qui observaient sa loi en les rendant prospères. L’argent était une bénédiction de Dieu tandis que la maladie, le malheur était une malédiction pour des fautes cachées. Nous pensons toujours comme cela aujourd’hui même si nous ne le nommons pas. Nous cherchons notre sécurité en amassant de l’argent et nous sommes à l’aise disons-nous quand nous avons de l’argent. Pourtant l’argent ne procure pas de sécurité puisque ceux qui en possèdent sont toujours inquiets d’en manquer, d’en perdre, de se faire voler, de ne pas en avoir assez. La vraie sécurité est dans la connaissance qui mène à la sagesse puisque dans le besoin comme dans le manque celui qui a acquis la sagesse ne perdra pas le sens de sa valeur personnelle, il ne jugera pas la valeur des autres sur la richesse mais sur ce que la personne est. L’argent est trompeur, aussi trompeur que tout objet sans vie. Il ne peut nous donner la vie et il peut passer des mains de son propriétaire aux mains d’un voleur et le servir avec autant d’efficacité. Il ne peut donner ce qu’il n’a pas comme un automobile ou des vêtements luxueux. L’objet ne donne que du paraître et le paraître disparaît aussi vite que la jeunesse. Le temps qu’il dure est bref et celui qui le possède souffre de le voir disparaître malgré tous ses efforts de le conserver. Quelle misère que de se fonder sa vie sur un bien qui s’use. La sagesse au contraire donne la jeunesse en vieillissant, elle libère de ce qui se passe et fais goûter à ce qui n’est pas apparent mais essentiel à l’être pour reconnaître la voix de l’Être qui est en toute chose et en toute personne. « Que servira-t-il donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il ruine sa propre vie? Ou que pourra donner l’homme en échange de sa propre vie? » (Matthieu 16:26)
Les pharisiens et les hérodiens qui aiment l’argent veulent prendre Jésus au piège et pour piège, ils pensent à un piège avec l’argent. Ils sont intelligents pour tendre des pièges et atteindre leurs fins : « « Méfiez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans sont des loups rapaces. » (Matthieu 7:15) Les prophètes de l’argent vous donneront mille bonnes raisons de donner votre vie à l’argent. Avec l’argent vous obtiendrez le respect, vous pourrez obtenir tout ce que nous voulez, vous serez des gens réalistes et non des rêveurs, vous n’aurez pas besoin de personne et vous pourrez faire ce que vous voulez. On vous considérera comme des sages parce que vous avez su amasser de l’argent, on viendra vous demander conseil quand vous n’avez jamais eu d’autres intérêts que les vôtres. Les gens se laissent prendre au luxe et à la propreté et pourtant s’il y a bien des gens qui n’ont jamais fait le ménage ce sont bien les riches. Voilà que ces sages selon le monde viennent pour tendre un piège à celui qui possède toutes les richesses et qui n’a pas besoin de le faire paraître car sa richesse dure même après la mort. De quoi a-t-il besoin d’accumuler ce qui va disparaître car il sait qu’en ce monde la vraie richesse qu’il a créé c’est l’être humain, le reste trouve son sens par lui. À quoi servent les étoiles sans personne pour les regarder et dire leur beauté. Les voilà avec leur piège incontournable et ils le savent car la question qu’il pose n’a pas de bonne réponse. Devons-nous payer, ou non l’impôt à l’empereur? S’il dit oui, il trahit son peuple et s’en remet à l’autorité de l’empereur, s’il dit non il devient un contestataire de l’autorité romaine et mérite d’être arrêté. C’est pourquoi les hérodiens sont là car Hérode n’est pas plus au service des Juifs que des Romains, il est à son service mais il sait se servir des deux pour profiter et accroître son prestige chez les uns et les autres. Jésus les connaît bien et n’est pas dupe de leurs flatteries. Il voit l’essentiel et ici ce sont leurs intentions. Ils ne veulent pas savoir ce qu’il pense, ils veulent le prendre au piège. C’est ce que Jésus relève en leur posant une question : Pourquoi voulez-vous me prendre au piège? Personne ne répond. Ils sont démasqués et la meute de loups apparaît.
« Vous êtes, vous, ceux qui se présentent comme des justes aux yeux des hommes, mais Dieu connaît vos cœurs, car ce qui est prestigieux chez les hommes est une chose abominable aux yeux de Dieu. » ( Lc 16,15) Jésus répond aux loups maintenant qu’ils sont à découvert. Il va leur donner quelque chose à dévorer entre eux : Faites-moi voir l’un de vos os qui sont l’objet de tous vos combats et de votre amour. Ces os que vous enterrez pour bien les cacher et les reprendre en secret afin d’éviter de les gruger avec les autres. Ils finiront comme leurs os enfouis sous des pierres tombales prestigieuses et ils seront vite oubliés et sans visage malgré que leur nom sera tracé dans le marbre. Jésus leur demande de voir l’objet de leur amour. Il va leur faire voir ce qu’il ne voit pas. De qui est le visage sur cette pièce? Si je trouve une photo avec l’image d’un autre quelle valeur a cette photo pour moi, aucune, il a de la valeur pour celui qui dessus. Alors à qui est vraiment cette pièce, à celui qui la possède ou à celui qui la distribue pour vous posséder. Vous la possédez tant que celui qui a son image dessus lui donne une valeur. Alors c’est à lui qu’il faut le rendre et ainsi faire fonctionner son empire en souhaitant qu’il vous donne le bonheur que vous espérez. Ce qui est à Dieu, c’est votre visage aucun n’est semblable mais tous sont à son image et c’est en contemplant son visage dans l’Être comme notre image prend la valeur de sa ressemblance. Jésus ainsi leur pose la question à savoir s’il est permis de ne pas aimer son prochain et de reconnaître en lui son Créateur qui est Dieu. Voyons-nous de qui Jésus est l’image en ce qu’il dit et en ses œuvres? Alors à qui faut-il rendre celui qui se donne pour nous? Pour nous donner la vie gratuitement et nous n’avons pas besoin d’argent mais d’amour.
NDC